Locus Sonus Vitae

Sortie de résidence 2026

Cette version date du 2026/10/28 14:06.


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La résonance vocale, des cavités corporelles et architecturales.
Restitution de résidence

27 novembre 2026 à 17h ou 18h, Studio, ESAAix

Pour la restitution de leurs résidences au sein du laboratoire Locus Sonus Vitæ de l’ESAAix, les artistes Loreto Martínez Troncoso et Jérémie Nicolas se retrouvent autour d’objets communs : la résonance, la voix et le silence.

Loreto Martínez Troncoso, dont le travail s’articule autour du médium vocal, de l’écriture et de la performance, porte un intérêt particulier au silence et à sa confusion avec le cri. Pour sa résidence elle a mis la focale sur la respiration, sa nécessité vitale et sa difficulté à être simplement. Pour la faire émerger en acte, comme une occasion de lutter ensemble, elle organise plus précisément en secret la tentative collective d’un renversement : une conspiration. C’est une invitation à se mettre d’abord à l’écoute de l’air qui nous relie, et avec lequel on peut ensemble être touché·es par une même pulsation. Dans le temps et le rythme de ce contact à travers, de travers, écouté dans le cœur et dans le corps, les êtres vivants et le non humain se rencontrent.

Jérémie Nicolas élabore des liens entre l’écoute et différentes formes d’altérités radicales, à travers des installations sonores, performatives et musicales dont le nœud de recherche est également le silence. Lors de sa résidence il s’est concentré sur la disparition des repères historiques et symboliques du moi qui conditionnent l’entrée dans le moment d’extase dionysiaque, et qui sont aussi une fenêtre pouvant ouvrir sur une bouffée délirante, la psychose. Au fil d’une étude du culte en l’honneur de Dionysos, il soulève l’enjeu du mystère qui, à défaut de pouvoir être dit, se place littéralement dans le cœur, est une affaire de croyance. D’abord identifiable par l’image d’une fermeture, de la bouche, des yeux, le mustêrion apparaît ici, selon les mots de Plotin décrivant ses extases, comme le « chœur d’un tact silencieux » avec l’autre.

Comme pour poursuivre la dimension échoïque de leurs recherches, Loreto et Jérémie invitent chacun·e un·e artiste, extérieur·e à la résidence, à partager ce moment de restitution.

Loreto invite Flora Détraz pour un workshop* autour du cri et qui donnera lieu à une forme chorale de cris collectifs lors de la restitution à laquelle le public sera invité à se joindre.

Crier, c’est se connecter à ses émotions profondes, à sa propre intimité, à sa furia, sa colère, ses angoisses et aussi à sa joie. Comment cette puissance intime devient puissance collective, force de rassemblement et de résistance ? Et comment la force du collectif nourrit notre puissance intime ? À travers des techniques de respiration, de détente et d’ancrage corporel, le corps est progressivement préparé à accéder à une palette vocale large et nuancée : du souffle vers le cri, en passant par le chant. Plusieurs protocoles de cris sont proposés au groupe pour permettre d’explorer différentes sensations et qualités jusqu’à la composition d’un chœur de crier·euses en résonance avec les architectures investies.

  • Le workshop Crier aura lieu le 27 novembre de 9h à 16h / de 10h à 17h (selon l’heure de la restitution). Maximum de participant·es : 25 personnes.
    Inscription : xxxxxxxx

Jérémie travaille en collaboration avec Méryll/Dario Ampe autour d’une performance, Tact, dans laquelle les deux artistes, ponctuellement accompagnés du son du diaulos et de la lyre chelys, découvrent le jeu dépersonnalisant de leurs voix mugissantes et de leur pratique amatrice du chant. En interagissant avec un caisson phonique à ondes stationnaires, l’écoute se traduit comme une mystérieuse expérience tactile. L’activation par la voix des pics de résonances de ces ondes fait entrer le caisson en vibration et rebondir sur eux une autre forme d’intensité, à la fois dissociée et dépendante de leurs voix. Ce supplément de résonance, bien qu’inaudible, devient sensible depuis l’extérieur de la boîte dès lors que l’on pose la main sur elle. L’expérience met ainsi en œuvre le « chœur d’un tact silencieux ». En quel inconnaissable sommes-nous prêt·es à croire ? Jusqu’où pouvons-nous accueillir en nous l’altérité radicale ?

Le caisson sera en libre accès du 24 au 27, en dehors des temps de répétition des artistes, et à l’issue de la performance.

Une discussion informelle pourra être tenue à l’issue de la restitution.

Danseuse, vocaliste et chorégraphe, Flora Détraz travaille à l’intersection de la performance de la musique et de la chorégraphie. La voix est au cœur de ses recherches. Elle crée des œuvres hybrides et pluridisciplinaires qui explorent, par le dialogue entre le corps et la voix, les notions d’invisible et de transformation. Son travail interroge les conventions sociales et les représentations des corps, en particulier des corps féminins. Du souffle aux cris, du rire au chant, les corps cherchent à se libérer d’une narration rationnelle et morale pour se relier à des strates profondes, ancestrales et mythiques.

Artiste sonore et compositeur, Méryll Ampe tisse des liens entre matière et vibration. Après une formation de sculpture sur bois à l'École Boulle, il approfondit sa pratique plastique et sonore à l'École Nationale Supérieure d'Arts de Paris-Cergy, où il découvre des analogies profondes entre les deux disciplines. Dans ses configurations minimalistes en temps réel, Ampe interroge la plasticité et la physicalité du son. À partir de sources analogiques, synthétiseurs, modulaires, boîte à rythmes, il génère des matières brutes et acérées qu'il sectionne, affine et agence en compositions héritières de la musique concrète et de l'improvisation bruitiste.

https://floradetraz.com
https://www.documentsdartistes.org/artistes/martinez-troncoso
https://www.jeremienicolas.com/
https://meryllampe.com/

1. Dessin de Simone Forti, de son album Al Di Là, 2018.

dernière modification: 2026/10/28 15:01