Six Stream Echoes

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Julien Clauss

SIX STREAM ECHOES

principe : contrairement à la diffusion en ligne dans laquelle le stream est diffusé en direct (au moment de sa captation), SIX STREAM ECHOES est un processus automatisé qui diffuse 7 fois un stream avec des retards fixés. Ainsi, le stream est diffusé à t0, à t+1h, à t+24h, à t+6j, à t+30j, à t+6mois, à t+12mois. Après ce 6ème écho, la mémoire tampon du délais est vidée, cet "instant de stream" est effacé. Il n'existe plus dans la mémoire de l'ordinateur et ne sera plus jamais diffusé.

Le dispositif de diffusion consiste en une ligne de 6 haut-parleurs qui diffusent les 7 instances du même stream :

t0, t-1h, t-24h, t-6j, t-30j, t-6mois, t-12mois. En se déplaçant le long de la ligne de haut-parleurs, on entend le son d'un même lieu à des périodes différentes.

intention : créer les conditions d'une exploration "spatiotemporelle" du stream : par mon déplacement dans l'espace, je me déplace dans le temps.

commentaire : On peut voir cela une sorte de mémoire du lieu (limitée dans le temps). Comment était-ce/que s'est-il passé ici il y un mois, il y a 6 mois ? Ca peut virer relevé météorologique dans le cas d'une stream "nature" , ou historique dans le cas d'un lieu de conflit. Dans le cas d'une rue banale, on aura peut-être simplement la possibilité de se rendre compte instantanément qu'en générale il ne s'y passe rien de spécial. Ça n'est jamais plus qu'une rue dans laquelle passe des voiture avec de temps en temps une sirène de police en arrière plan. Peut être que quelque chose émergera de ce constat, forçant rapidement l'écoute à se réorienter et à chercher autre chose que des évènements.

Je doute que le dispositif fonctionne pleinement sur le mode de l'écoute spatio-temporelle (je voyage dans le temps quand je me déplace). Cette écoute intellectualisée demande à l'auditeur d'intégrer le principe de délai sur les 6 échos en plus de l'idée de direct sur t0.

La variante pour un auditeur avec un déplacement continu du point de lecture dans la mémoire tampon en fonction de sa position serait surement beaucoup plus spectaculaire.(Et aussi beaucoup plus couteuse si l'on veut une détection précise du déplacement).

lien avec folklore,exotisme et vérité (lieu, distance et direct) :

Ce dispositif propose une exploration du stream dans le temps, selon un processus automatisé. Les trois notions (espace,distance et direct) restent primordiales.

1/ lieu : le rapport à la nature de l'espace retransmis reste le même que dans le cas du direct. Par contre, pour l'auditeur évènementophile, c'est 6 fois plus de chance d'assister en direct à un meurtre. (le meurtre ou l'accident consistant vraisemblablement le paroxysme de cette écoute).

2/ distance : le dispositif focalisant l'attention sur l'évolution du stream dans le temps et proposant une écoute "comparative" de différents instant du même stream, je suppose que l'écoute exotique (ça vient de loin) sera probablement un peu relégué en arrière plan.

3/ direct : la condition de direct va-t-elle prendre ou perdre de l'importance dans l'écoute ? Difficile à prévoir, et c'est peut être un des enjeu de l'expérience.

Peut-être sera-t-atténuée par le dispositif, puisque pour un direct, on a 6 échos. Où au contraire le direct va peut être prendre une importance par opposition au 6 échos (opposition direct différé).

Complément à l'idée de non évènementionalité du Stream :

Ce n'est pas clairement dans le non évènement ou dans l'évènement que l'écoute s'organise. On est de fait plongé dans une écoute cagienne, portée par ce qui se passe ou pas dans le lieu transmis. Pour un Peter qui pour avoir fait de nombreuses expériences d'écoute va focaliser son écoute sur les imbrications entre les 2 espace acoustiques mis en relation par le stream, de nombreuses personnes disent écouter un stream dans l'attente d'un évènement (cf Aléjo). Par contre c'est dans le non évènement que le lieu se transmet.C'est dans le banal et le quotidiens que le lieu se donne à entendre, à découvrir et surtout à comprendre, et c'est la singularité du stream en regard à la photographie ou au reportage, qui tout deux sélectionnent un instant et/ou se focalisent sur un évènement. J'ai eut l'occasion d'écouter des enregistrement d'un stream en provenance d'un rue de Bagdad effectués par un amis lors de la première guerre du golf. C'est sidérant car on accède directement au quotidien de façon temporelle : fréquence des bombardement ou des alertes, temps que met l'activité humaine a se remettre en route dans la rue après un bombardement etc... Toutes sortes d'information inaccessibles par la photos ou le reportage "cadré".

Je suppose que si l'on diffuse plusieurs stream dans un même espace, avec possibilité de les entendre tous en tous points, le public ira tjs écouter celui où il se passe le plus de chose. Il faut créer la condition d'une écoute prolongée pour entrer dans l'écoute spatiale (j'écoute un lieu se déployer et exister).