NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1922 __ « Optophonétique »
Raoul Hausmann (1886-1971)
Comment : In 1923 Hausmann abandoned painting and in 1927 he invented an apparatus called the optophone, which turned kaleidoscopic forms into music. Like the colour organ, Raoul Hausmann’s Optophone was intended to be a device for exploring correspondence in the audio-visual domain. The Optophone was a technological interrogator of sound waves which made them speak in a language they did not know. If illusion is present in any of these works it is only in its negative sense – as a kind of virtual transparency. Here efforts to make art using light becomes merely – a joke played on itself, unknowingly, by it tipping over into the fractal (and digital).Abstract Dadaist Raoul Hausmann, famous for his photomontages, is perhaps less well known as a pioneer of synaesthetic machines designed to transform sound into form and vice versa -- not unlike primitive computers, in fact. In his initial text on his invention the Optophone, published in 1922, Dadaist Raoul Hausmann described "space-time" as the sixth and "most important of our senses." (We should recall that Einstein formulated his special theory of relativity, which conceives of time as the fourth dimension of space, in 1905, and that the general theory of relativity describes matter as a bend in "space-time"). Hausmann also discussed the "organic relations between the eye and the ear," which he illustrated with photomontages and drawings. In a letter to Henri Chopin dated 23 June 1963, Hausmann wrote: I wanted to draw your attention to the fact that I developed the theory of the Optophone, a device for transforming visible forms into sounds and vice versa, back in 1922. (Jacques Donguy, 2001)Hausmann had, in 1918 developed his 'optophonetics' that used typographic variations in size to indicate proportionate variations in pitch and volume. Optophonetics is an open code, of low denotation that nevertheless permits a wide range of imaginative interpretation. Avant-garde cultures of the 1920s, revolving around then-new media, envisioned the fusion of art and technology as a decisive step in the shaping of the “new human,” liberated from constraints of nature and tradition. The work of Raoul Hausmann, most widely known for his leading role in Berlin Dada, provides a particularly rich case for analyzing the multivalences of this utopian view of the relationship between body and technology, art and science. For example, the cyborgian visualizations of highly technologized bodies that he created in the new medium of photomontage contrast sharply with his critique of prostheses as a means to fix maimed bodies for more war. A similarly deconstructive strategy can be found in his “optophonetic poetry,” a typographic as well as linguistic effort to blur differences between sound and vision. At the same time, he engaged in the construction of machines converting the optical and acoustic to immersive data spaces. This was conceived of as a project designed to augment human perception to hitherto unknown realms. Hausmann’s vision of re-engineered human bodies opened up for productive explorations into the epistemology of modern technosciences still to be pursued. (Cornelius Borck, 2005)Moholy-Nagy shared Raoul Hausmann’s Dadaist ‘optophonetic construct’ of 1922, a theory of the relationships between perception, preconception and the fundamental unity of light and sound. Raoul Hausmann saw the lack of suitable means for recording sound poems and so he tried to solve this problem by creating his "optophonetic poems." In 1918 he started writing his "Plakat" and "optophonetische Gedichte" (Poster and optophonetic poems) - a unique poetic product of his creative activities. Hausmann approached the methods of the plastic and graphic arts by creating the optic and the acoustic dimension of the words and - with the help of typography - created his "abstract poems," which were expected to disclose the meaning inherent in the letters. Inspired by a reading of August Stratum in 1915, Hausmann's reflections on the "creation of an energetic diction" first resulted in a new typographic development of the "modulation of speech." He was then aware of the new quality of the futurist typography, which made him realize that "reading or the communication of sound can only take an effect as an optical impression.". (Christian Scholz, “Relations between sound poetry and visual poetry: The path from the optophonetic poem to the multimedia text”, 2001)
French comment : Dans son texte sur l’optophone paru dans la revue MA, Raoul Hausmann parle de « la dimension temps-espace » comme sixième sens : « Le sens temps-espace est le principal de tous nos sens ». Il y parle aussi des « relations organiques entre l’oeil et l’oreille », ce qu’illustrent photomontages et dessins. Il faut rappeler que la théorie de la relativité restreinte d’Einstein date de 1905, où le temps est conçu comme une quatrième dimension de l’espace et que dans la théorie de la relativité générale, la matière est assimilée à de la courbure d’espace-temps. Plus précisément, dans une lettre à Henri Chopin du 23 juin 1963, Raoul Hausmann écrit: « Je voudrais attirer votre attention sur le fait que depuis 1922, j’ai développé la théorie de l’optophone, appareil qui transforme des formes visibles en sonorité et vice versa. J’avais un brevet anglais « Procédé pour combiner des nombres sur base photoélectrique » qui était une variante de cet appareil et en même temps le premier robot. Pour construire l’optophone, il me manquait l’argent ». Dans un autre texte non daté à propos de l’Optophone, il explique le cheminement de sa démarche. [Dans son brevet No.27436/34 446,338 déposé le 25 septembre 1934 à propos d’”Améliorations apportées au principe d’une Machine à Calculer”, dont l’objectif est celui-ci : “Cette invention concerne une machine à combiner et à transmettre une multiplicité de facteurs”], Il s’agit donc d’une machine à calculer dérivée de l’optophone, et l’on serait tenté de penser à l’ordinateur quand il parle d’une machine qui combine « une multiplicité de facteurs ». Le premier ordinateur, Enigma, créé pour décoder les messages cryptés des Allemands pendant la seconde guerre mondiale, était d’abord une machine à calculer, projet auquel a participé Allan Turing, l’auteur de la Machine de Turing et qui avait élaboré la théorie de l’ordinateur en 1935 à partir du théorème de Gödel. Mais matériellement parlant nous n’avons pas affaire à un ordinateur, car dans l’ordinateur il y a la possibilité d’introduire un programme qui change chaque fois la structure du résultat. On peut comparer le texte du brevet de Raoul Hausmann avec les descriptifs techniques qu’il donne de l’optophone d’abord dans le texte paru en 1922 dans la revue MA de L. Kassak et L. Moholy-Nagy (Budapest) sur l’Optophonétique. Le problème est qu’aujourd’hui avec n’importe quel ordinateur tout ceci est très facile à obtenir. Raoul Hausmann, mais aussi Moholy-Nagy, ont rêvé au début du siècle d’outils disponibles à la fin du siècle. Peut-être pourrait-on légitimement écrire une histoire de l’art en fonction des découvertes technologiques. Ce que Raoul Hausmann entendait par optophonétisme correspond aux possibilités du numérique, la possibilité de coder universellement texte, image fixe, image animé et son. (Jacques Donguy)
French translated excerpt 1 : « Le but que nous voulons atteindre, consiste à parvenir à un état primordial nouveau, à une nouvelle présence. [...] La synthèse s’approche à pas énergiques, nous réussirons à donner une forme unie aux vibrations de la lumière et du son. [...] Le Sens-Temps-Espace est le principal de tous nos sens. [...] Et si quelque chose de nouveau, un nouveau mouvement, une nouvelle organisation réussissait, ce serait parce qu’une expansion de nos émanations sensorielles se serait réalisée. [...] Il s’agit de reconnaître nos nouvelles limites et d’inclure leurs possibilités d’expansion dans le travail technique. [...] Que savons-nous de nos sens, du temps et de l’espace ? Conquérons, par tous les moyens, les techniques sensorielles et les nouvelles articulations ! [...] En étudiant ces recherches, nous arrivons nécessairement à ce résultat : au-delà des sons audibles et des lumières visibles pour nous, il existe des relations et des transitions entre ces deux émanations. [...] Si l’on place un téléphone dans le circuit d’une lampe à arc, l’arc de lumière se transforme, à cause des ondes acoustiques qui sont transformées par le microphone, en variations qui correspondent exactement aux vibrations acoustiques, c’est-à-dire que les rayons de lumière modifient leur forme en relation avec les ondes acoustiques. En même temps, la lampe à arc rend clairement toutes les manifestations du microphone, c’est-à-dire les paroles, le chant, etc. Si l’on met une cellule de sélénium devant l’arc de lumière en mouvement acoustique, elle produit différentes résistances qui agissent sur le courant électrique suivant le degré d’éclairage, on peut ainsi forcer le rayon de lumière à produire des courants d’induction et à les transformer, tandis que les sons photographiés sur un film derrière la cellule de sélénium paraissent en lignes plus étroites ou plus larges, plus claires ou plus sombres, se transforment de nouveau en sons, en renversant le procédé. L’Optophone change les images d’induction lumineuses à l’aide de la cellule de sélénium de nouveau en sons par le microphone placé dans le circuit électrique, ainsi, ce qui apparaît comme image dans la station d’émission devient son dans les stations intermédiaires, et si l’on renverse le procédé, les sons redeviennent des images . » ([...] Notre intention est de réussir l’Optophonétique, comme dépassement de notre conscience spatio-temporelle et atteindre à une perfection technique que nous ne sommes pas capables d’atteindre, si nous ne voulons pas reconnaitre les relations en)
French translated excerpt 2 : « En 1915, j’étudiai la théorie des couleurs de Goethe, laquelle démontre que la théorie de Newton est erronée. En 1920, j’assistai au Musée des Postes à Berlin à l’expérience de la lampe parlante à arc incandescent, et je pris connaissance des expériences de Ernst Ruhmer sur la transformation des sons en signes visibles, au moyen d’une cellule de sélénium. Je possède encore aujourd’hui son livre daté de 1905. Par la suite je fis des expériences prismatiques. En 1920, je découvris dans un périodique new-yorkais un article illustré sur le Claviluz de Thomas Wilfred et ses formes électriques colorées qui volaient librement dans l’espace. Je continuai mes études théoriques sur l’optique et l’acoustique et en 1922, je publiai dans la revue « Wjescht, Objet, Gegenstand » de Ilia Ehrenburg un article sur l’Optophone, en langue russe. Le même article parut dans la revue « MA » de Kassak et Moholy à Budapest en langue hongroise. Dans cet article j’apportais la preuve que l’oeil à six cents tubes des abeilles est un organe optophonétique. En 1926, Moholy m’envoya un de ses élèves, nommé Brinkmann, qui me dit que j’étais bien bête de ne pas avoir pris de brevet pour cet optophone. Et il me montra une lettre de Albert Einstein dans laquelle celui-ci déclarait que l’idée de l’optophone était très importante. En 1924, je publiai dans la revue « G » de Hans Richter des articles techniques sur l’optophonétique, ainsi qu’entre 1925 et 1932 dans la revue « A bis Z » de Seiwert à Cologne. En 1925 j’entrai en contact avec les inventeurs allemands du film parlant Vogt, Masoll, Engel. En Juillet 1931, je publiai dans la revue « Der Gegner » (l’adversaire) éditée par Franz Jung un article assez long sur « Les arts sur-développés » dans lequel je démontrais que les arts plastiques étaient arrivés à un point de saturation et qu’on devrait développer l’optophonétisme. Dans cet article je donnais l’explication technique d’un optophone. "L’invention présente concerne une machine où la combinaison de 2 facteurs ou plus est effectuée par le moyen de rayons de lumière et le résultat de la combinaison est aussi transmis par des rayons lumineux au moyen de cellules photoélectriques à un mécanisme qui donne un résultat. L’objet de l’invention présente consiste en la réalisation d’une nouvelle machine pour combiner et transférer une pluralité de facteurs où des moyens optiques sont utilisés. L’avantage de l’invention consiste en une construction extrêmement simple de la machine comparée à des machines connues de cet ordre qui font usage de moyens mécaniques ou électriques de transmission et qui sont très compliquées à construire. On peut ajouter à cela que la machine marche extrêmement rapidement, ceci étant dû au fait que la cellule photoélectrique travaille sans aucun délai de temps. Grâce à cette invention, le même but est donc obtenu à l’aide de moyens plus simples et moins chers.". » (Raoul Hausmann)
Source : Donguy, Jacques (2001), “Machine Head. Raoul Hausmann and the Optophone”, in Leonardo 34, Number 3, June 2001, pp. 217-220.
Source : Donguy, Jacques (2000), "L’optophone de Raoul Haussmann”, In Art Press n°255, mars 2000.
Source : Borck, Cornelius (2005), “Sound work and visionary prosthetics. Artistic experiments in Raoul Hausmann”, in Papers of Surrealism Issue 4, Winter 2005.
Source : Scholz, Christian (2001), “Relations between sound poetry and visual poetry. The path from the optophonetic poem to the multimedia text”, in Visible Language, 2001.
Source : Tong, Kevin (2009), “Plasticité du son : une histoire du son dans les arts”, ENS Louis Lumière, Son 2009.
Urls : http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3982/is_200101/ai_n8951441 (last visited ) http://www.dada-companion.com/hausmann/soundpoetry.php (last visited ) http://www.ens-louis-lumiere.fr/fileadmin/pdf/memoires09/smem09tong.pdf (last visited ) http://www.costis.org/x/donguy/optophone.htm (last visited )

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