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1916 __ Bruitisme et Simultanéité, Mouvement Dada
Richard Huelsenbeck (1892-1974)
Comment : Bruitism was a concept Dada co-opted from the Futurism movement. As Richard Huelsenbeck states in his “En Avant Dada: A History of Dadaism”, bruitism “was intended as nothing more than a rather violent reminder of the colorfulness of life…a spontaneous eruption of possibilities…a symphony of cries, shots, commands, embodying an attempted solution of the problem of life in motion”. He further states: “Bruitism is a kind of return to nature. It is music produced by circuits of atoms; death ceases to be an escape of the soul from earthly misery and becomes a vomiting, screaming and choking”. Bruitism, in short, is the aesthetics of violence. Bruitism & abstraction, however, are not the only trademarks of Dada; chance, chaos, & simultaneity.just to name a few.are all aesthetic trademarks of the movement. The Italian Futurists pioneered the idea of bruitism, applying it most to the process of creating music: making noise out of industrial and ordinary items, starting up motor engines and banging pans. Huelsenbeck saw this as the best means of creating art: he said that bruitism was "a return to life", a means of actually affecting the spectator – "Wagner had shown all the hypocrisy inherent in a pathetic faculty for abstraction – the screeching of a brake, at least, could give you a toothache." The aesthetic terror of bruitism was, in a way, the same kind of approach as the other Dadaists’ approach to language – the dissolution of logic in language, of creating something completely outside what the audience understands of the medium, of creating something outside aesthetic expectations, thus, by definition, ugly and violent. Richard Huelsenbeck explained bruitism as a.kind of return to nature,“ where.death ceases to be an escape of the soul from earthly misery and becomes vomiting, screaming and choking.“ And while Huelsenbeck claims that initially Dadaists.desired the opposite: calming of the soul, an endless lullaby, art, abstract art”, he presents a more affirmative and strongly stated position on Dada‘s relation to bruitism (and simultaneity) in his Collective Manifesto of Dada : “Life appears as a simultaneous muddle of noises, colors and spiritual rhythms, which is taken unmodified into Dadaist art, with all the sensational screams and fevers of its reckless everyday psyche and with all its brutal reality. This is a sharp dividing line separating Dadaism from all artistic directions up until now and particularly from FUTURISM which not long ago some puddingheads took to be a new version of impressionist realization”. (Kayli House)Simultaneity of Dadaism is more related with Bruitism - intensified attention is paid to sound, voice, simultaneous performance of text, it is a wish to overturn the notion about the artwork as an entirety, for which is possible a continuation in time and room. “Simultaneity is against what has become, and for what is becoming.” “[...] The screeching of a streetcar brake and the crash of a brick falling off the roof next door reach my ear simultaneously and my (outward or inward) eye rouses itself to seize, in the simultaneity of these events, a swift meaning of life”. Dadaism considers this following aspects : 1), the development of an artistic language, a strange blend of logic and psychologic, with the latter predominating; 2), the introduction of a new approach to fantasy and chance in the arts; 3), the Dadaist protest against "the laws of discursive thought," the movement toward non-discursive kinds of meaning, and the attempt to convey the simultaneity of experience in the arts; and 4), the discovery of a unique expressiveness in everyday objects. It is concluded that the Dadaist protest against discursive logic paved the way for the development of non-discursive forms of expression. The Dada revolution extended the range of subject matter in the arts, opened up new modes of perception and new kinds of involvement for audiences, and was generally in the vanguard of the modern artist's attempts to explore realms of feeling and form that had previously been left dormant. (Jana Vērdiņa, “Dadaisms un tā interpretācijas konteksti”, “Dadaism and its contexts of interpretation”, LATVIJAS UNIVERSITĀTE, FILOLOĢIJAS FAKULTĀTE, 2006)
Original excerpt : « Le mouvement provoque l’ébranlement. [...] Chaque mouvement produit naturellement des bruits. Tandis que le nombre et par conséquent la mélodie, sont des symboles qui supposent une capacité d’abstraction, le bruit indique directement l’action. La musique est, en général, une affaire harmonique, un art, une activité de la raison - le bruit est la vie-même que l’on ne saurait juger comme un livre, partie intégrante de notre personnalité, qui nous attaque, nous poursuit et nous déchire. Le bruitisme est une conception de la vie - et cela peut d’abord sembler étrange - nous oblige à prendre une décision définitive. Il y a les bruitistes et les autres. Mais continuons avec la musique. Chez Wagner on voyait tous les mensonges de l’abstraction pathétique - le bruit d’un frein pouvait au moins nous donner mal au dents. Ce qui, en Amérique, avait transformé les “steps” et les “rags” en musique nationale devint, dans la vieille Europe, contorsion et tendance au “bruit”. Le bruitisme est une sorte de retour à la nature. Il se présente comme musique de la sphère des atomes, de sorte que la mort est moins une évasion de l’âme des peines terrestres que vomissements, cris et convulsions. Les dadaïstes du Cabaret Voltaire ont adopté le bruitisme sans se douter de sa philosophie - en réalité ils voulaient le contraire : le repos de l’âme, une berceuse sans fin, l’art, l’art abstrait. [...] La simultanéité est contre ce qui est, et pour ce qui est en train de devenir. [...] Le crissement des freins et le bruit d’une tuile tombant du toit voisin, frappent simultanément mes oreilles, et mes yeux (extérieurs ou intérieurs) se lèvent pour saisir, dans cette simultanéité des événements, le sens rapide de la vie. De tout ce qui m’entoure, les événements quotidiens, la grande ville, le cirque Dada, les bruits, les cris, les sirènes, les façades des maisons et les odeurs de rôti de veau, je reçois une impulsion qui me signale l’action directe, le devenir, le grand X - et qui m’y pousse. [...] La simultanéité renvoie directement à la vie et elle est très proche du problème bruitiste. De même la physique fait une distinction entre les sons (qu’elle peut exprimer par des formules mathématiques) et les bruits, devant lesquels sa symbolique et son art d’abstraction se révèlent impuissants parce que ce sont des concrétisations directes de l’insaisissable force vitale, il s’opère ici une distinction entre le successif et le “simultané” qui échappe, lui, à toute formule, car c’est le symbole le plus immédiat de l’action. [...] L’art abstrait signifiait pour nous, à cette époque où nous dansions, chantions, récitions tous les soirs au Cabaret Voltaire, honnêteté absolue. [...] Dada ne se limite pas à une quelconque forme d’art. Le dadaïste, c’est le garçon du bar Manhattan qui sert le curaçao d’une main et attrape la gonorrée de l’autre. Le dadaïste, c’est le Monsieur en imperméable qui entreprend, pour la septième fois déjà, le tour du monde. Devrait être dadaïste celui qui a compris, une fois pour toutes, qu’on n’a le droit d’avoir des idées que lorsqu’on les applique dans la vie - le type totalement actif ne vivant que d’action, son seul moyen de connaissance. [...] Sans etre lié à qui que ce soit, Dada, qui n’est qu’in mot, a effectivement fait la conquête d’une partie du monde. Ce fut presque un événement magique. [...] Ce qui s’y prêtait le mieux, c’étaient les grands spectacles, où, pour un prix d’entrée équitable, tout ce qui avait affaire à l’esprit, à la culture et à l’intériorité, était symboliquement massacré. [...] En 1919, nous avons organisé plusieurs soirées à Berlin, [...] puis entrepris une tournée dada qui débuta le 24 février 1920 par une représentation au Zentraltheater devant environ deux mille personnes, le 26 février à Teplitz-Schönau, devant un public de fous et de curieux, et le premier mars une représentation devant deux mille cinq cents personnes à la Bourse du Commerce de Prague. [...] Toute la ville était en émoi. Des milliers de personnes se pressaient aux entrées de la Bourse de commerce. Par douzaines, les gens s’agrippaient aux croisées des fenêtres. Ils s’étaient installés sur des pianos et criaient et se déchaînaient à qui mieux mieux. » (Richard Huelsenbeck, “En Avant Dada - L’histoire du Dadaïsme / Eine Geschichte des Dadaismus”, Ed Steegemann, Hanover, 1920)
Source : Huelsenbeck, Richard (1920), “En Avant Dada - L’histoire du Dadaïsme / Eine Geschichte des Dadaismus”, Ed Steegemann, Hanover, 1920; réimpression Ed. Allia Paris 1983, et Ed Les Presses du Réel, 2000.
Source : Huelsenbeck, Richard (1920), “En Avant Dada: A History of Dadaism” From “En Avant Dada: Eine Geschichte des Dadaismus”, 1920, reprinted in Art and Social Change, Will Bradley and Charles Esche, eds., London: Tate, 2007, pp. 61-68.
Urls : http://www3.acadlib.lv/greydoc/Verdinas_disertacija/Verdina_ang.doc (last visited )

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