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ca - 1375 BC __ Memnon Colossi
Comment : Charles Perry's “A View of the Levant” (particularly of Constantinople, Syria, Egypt, and Greece, p. 348), published in 1743, thus describes the mysterious Memnon Colossi (1375 B.C.): "The Northernmost, said to be the statue of Memnon, is cover'd with a great number of Greek and Latin Inscriptions; being so many testimonies of Persons who pretend to have heard it utter a Sound at Sun-rise" (Baines and Málek, 95). The voice of Vocal Memnon was evidently produced by a concealed water organ in which "solar heat was used to siphon water from one closed tank into another and so produce compressed air for sounding... pipes" (The New Grove Dictionary of Musical Instruments, s.v. "water organ"). Water organs were described centuries later by Ctesibius (second century B.C.), Philo of Byzantium (second century B.C.; Greek: Φίλων ο Βυζάντιος, ca. 280 BCE - ca. 220 BCE), also known as Philo Mechanicus), and Hero of Alexandria (first century A.D.). (James Dillon Ford)The southern statue of the "Memnon Colossi" at Deir el-Bahri : The only remains of the original site of the temple of Amenhotep III (Amenophis). The original temple collapsed in an earthquake in 1st century BC. The earthquake caused cracks in the statues which is believed to explain their "singing" at sunrise (thus causing the Greeks to associate them with Memnon). (James Ford Dillon)
French comment : Situés à proximité de la vallée des Rois, en Egypte, les colosses de Memnon, ces deux immenses statues du roi Amenhotep III (Aménophis III), le père d’Akhénaton, méritent d’être admirées à l’aube. Voir le soleil se lever et éclairer de ses premiers rayons les deux géants permet de faire des photos superbes. Il faut savoir que ces deux statues n’étaient pas isolées, comme c'est le cas aujourd'hui. A l’origine, elles indiquaient l’entrée de l'immense temple des millions d’années du roi Amenhotep III, un édifice que se faisaient construire les souverains égyptiens pour s'assurer un culte pour l’éternité. Au Ve siècle avant notre ère s'est produit un tremblement de terre qui fit s'écrouler une partie du colosse du nord (celui de droite). Dès lors, et par un curieux phénomène, la pierre du monument endommagé rendait un son musical, lorsqu'elle s'échauffait au soleil. Les Grecs puis les Romains s'enflammèrent pour cela et transformèrent ce lieu déjà célèbre en une curiosité touristique et en un lieu de pèlerinage. En Égypte, en 130, comme d'autres avant lui, l’empereur Hadrien se rend à Thèbes et va écouter ce qu'on appelait le chant des colosses de Memnon. Il était d'usage aussi que les visiteurs laissent des inscriptions au pied des colosses, et plusieurs ont été retrouvées pour le passage d'Hadrien, ce sont des vers composés par la poétesse de cour Julia Balbilla. (Compiled from various sources)A proximité du site de Thèbes, en Egypte, se dressent deux colosses de pierre, vestiges d'un très grand temple en l'honneur d'Aménophis III. Strabon raconte qu'en 27 avant notre ère, un tremblement de terre détruisit en partie une de ces statues. Depuis de nombreux témoignages font état de manifestations acoustiques au lever du soleil, la statue chante, certains disent qu'elle parle. Devenue véritable attraction touristique à l'époque de l'occupation romaine, la statue, entre temps dévouée à Memnon, personnage de l'antiquité grecque, reçoit un grand nombre d'inscriptions gravées sur la pierre, en grec et en latin. La statue a été reconstruite sous le règne de Septime Sévère, au début du IIIème siècle, et depuis elle ne chante plus. Plusieurs auteurs grecs et romains relatent l'audition de ces sons, certains parlent de voix, voire de phrases. Plusieurs auteurs du XIXème siècle, spécialistes de l'Egypte ancienne et de l'Antiquité, ont étudié cette histoire, à travers les textes, les relevés des inscriptions et les observations sur le site. On écrit beaucoup et on polémique pendant des années (L'étude la plus sérieuse et la plus documentée semble être celle de A.J. Lettrone, "La statue vocale de Memnon", Paris, Leroux, 1881. Plus récemment a été éditée une nouvelle étude sur le sujet : André et Etienne Bernand, "Les Inscriptions grecques et latines du colosse de Memnon" in Bulletin de l'Institut français d'archéologie orientale, 31, Paris, 1960). Certains de ces commentateurs pensent que les 'paroles’étaient produites de façon artificielle par des prêtres, probablement par un mécanisme de type automate, mais il est plus probable que les histoires sur ces voix tiennent plus de la légende que de l'observation (Le point de vue considérant la présence d'une machination est défendu par L. M. Langles, dans un commentaire de la traduction de Norden, "Voyage d'Egypte et de Nubie", Paris, Didot, 1798, t. II, p. 157-256. Langles va jusqu'à décrire, s'inspirant sans doute de Kircher, un instrument produisant de tels sons. Langles a été suivi par J.E. Salverte dans un ouvrage condamnant les procédés magiques utilisés par les religions, “Des sciences occultes ou Essai sur la Magie”, Paris, Sedillot, 1829, t. II, p. 353-372). C'est que les nombreux pèlerins venaient y entendre les oracles, et il est clair que la mystification était largement entretenue. D'ailleurs, au XVIIème siècle, Kircher s'attarde sur le problème et propose une reproduction de la statue chantante grâce à un mécanisme de tête parlante. Il est convenu de nos jours, d'attribuer le phénomène sonore à des dilatations fortuites, liées à une variation de température, de la quartzite utilisée pour la fabrication des statues. On peut donc raisonnablement penser que les sons entendus, grincements ou craquements se produisant au lever du soleil, étaient provoqués par des déformations et des mouvements de glissement consécutifs, amplifiés par quelque cavité dans la masse. On retiendra de ce phénomène sonore inexpliqué l'absence totale de recherche raisonnée, même de la part de savants, sur son origine. On assiste ici à une impuissance de la science à appréhender le son d'une façon physique, et à un recours facile à l'irrationnel favorisé par un mysticisme ambiant bien pratique pour éluder les questions sans réponse évidente. (François BASKEVITCH, pp. 80-81)
Source : Ford, James Dillon (1995), "From Vocal Memnon to the Stereophonic Garden : a short history of sound and technology in landscape design", a paper prepared for CELA, Council of Educators in Landscape Architecture Annual 1995.
Source : Baskevitch, François (2008), "Les représentations de la propagation du son, d’Aristote à l’Encyclopédie", Thèse de Doctorat, Université de Nantes, U.F.R. Lettres et Langages, Ecole doctorale : « Connaissance, Langages, Cultures ».
Urls : http://www.newmusicclassics.com/resume_folder/cela_1995.html (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=CHu3GhVs06g (last visited ) http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00423362/en/ (last visited )

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