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1910 __ « Le Fantôme de l’Opéra »
Gaston Leroux (1868-1927)
Comment : In 1910, Gaston Leroux wrote the following words in his dark-and-famous novel, The Phantom of the Opera: "It will be remembered that, later, when digging in the substructure of the Opéra, before burying the phonographic records of the artist's voice, the workmen laid bare a corpse." [...] This simply sounds like a dramatic moment in a melodramatic story: The Phantom of the Opera, full of mystery, music, love, and death. So music lovers all over the world were recently stunned to learn that the famous death of The Phantom of the Opera hid a real truth. There actually were phonograph records buried deep below the Palais Garnier (the Opéra). Twenty-four 100-year-old phonograph records were found carefully packed inside two large metal urns. These were the long-dead voices of some of the world's most famous operatic singers: Mebla, Patti, Calvé, Caruso. Erik, "The Opera Ghost" and a horribly deformed musical genius, has taken on a protégé, Christine Daae. He explains to her that he is the "Angel of Music", a heavenly spirit sent by her dead father to help her, and proceeds to give her regular voice lessons through the wall of her remote dressing room. Under the tutelage of her new teacher, Christine makes rapid progress in her vocal studies and mysteriously achieves sudden prominence on stage when she is selected to replace Carlotta, who was suddenly ill that day. Christine stuns the audience with her seemingly new vocal talent when she performs selections from Faust. (Compiled from various sources)The Phantom Of The Opera (in French, Le Fantôme de l'Opéra) is a French novel by Gaston Leroux. It was first published as a serialization in Le Gaulois from September 23, 1909 to January 8, 1910. Some believe it to have been inspired by George du Maurier's Trilby. Trilby is based on real events related to the Paris Opera House which Leroux investigated, initiated by stories of an opera house ghost.
French comment : “Toute cette étrange affaire de ventriloquie, de téléphono-présence en pointillés et de coups de points dans la gorge de l’autre aura donc commencé par l’indice des voix enregistrées, encryptées, enfouies comme dans un terrier, dans les sous-sols de l’Opéra. Et , de fait, c’est par une sorte de phonographie souterraine, c’est par le dessous de la scène que le fantôme, tel un marionnettiste ou projectionniste des voix, compose et ordonne l’espace phonique. La cryptogramaphonie du fantô^me souverain, fantasme d’un spectre hypogée aux pouvoirs tant panphoniques que panoptiques et panacoustiques, évoque le ‘ghost’ de “Hamlet” qui frappe sous le plancher de la scène, ou Mabuse qui, par ses prothèses téléphoniques arborescentes (le psychiatre Baum, lui-même prolongé par son cornet gramophonique derrière le rideau), parvient jusque dans les sous-sols où se réunit la pègre. Hyperbole du pouvoir, jouissance de la maîtrise sans bornes de qui, ‘par en-dessous’, règne sur les bouches et les oreilles et les gorges.”. (Peter Szendy)
Original excerpt 1 : « Chapt X.At the Masked Ball.[...] She seemed to be listening... Raoul also listened ... Whence came that strange sound, that distant rhythm ? ... A faint singing seemed to issue from the walls ... yes, it was a though the walls themselves were singing ! ... The song became plainer ... the words were now distinguishable ... he heard a voice, a very beautiful, very soft, very captivating voice ... but, for all its softness, it remained a male voice ... The voice came nearer and nearer ... it came through the wall ... it approached ... and now the voice was IN THE ROOM, in front of Christine. Christine rose and addressed the voice, as though speaking to some one. [...]Chapt. XXIV.The torture begins.[...] "I am the greatest ventriloquist that ever lived, I am the first ventriloquist in the world! ... You're laughing ... Perhaps you don't believe me ? Listen" [...] "Here, I raise my mask a little ... Oh, only a little ! ... You see my lips, such lips as I have ? They're not moving ! ... My mouth is closed -- such mouth as I have -- and yet you hear my voice. ... Where will you have it ? In your ledt ear ? In your right ear ? In the table ? In those little ebony boxes on the mantelpiece ? ... Listen, dear, it's in the litlle box on the right of the mantelpiece : what does it say ? 'SHALL I TURN THE SCORPION?' ... And now, crack ! What does it say in the little box on the left ? 'SHALL I TURN THE GRASSHOPPER ?' ... And now, crack ! Here it is in the little leather bag ... What does it say ? 'I AM THE LITTLE BAG OF LIFE AND DEATH !' ... And now, crack ! It is in Carlotta's throat, in Carlotta's golden throat, in Carlotta's crystal throat, as I Live ! What does it say ? It says, 'It's I, Mr. Toad, It's I singing ! I FEEL WITHOUT ALARM -- CO-ACK -- WITH ITS MELODY ENWIND ME -- CO-ACK!' ... And now, crack ! It is on a chair in the ghost's box and it says, 'MADAME CARLOTTA IS SINGING TO-NIGHT TO BRING THE CHANDELIER DOWN !' ... And now, crack ! Aha ! Where is Erik's voice now ? Listen, Christine, darling ! Listen ! It is behind the door of the torture-chamber ! Listen ! It's myself in the torture-chamber ! And what do I say ? I say, 'Woe to them that have a nose, a real nose, and come to look round the torture-chamber ! Aha, aha, aha !' " Oh, the ventriloquist's terrible voice ! it was everywhere, everywhere. It passed through the little invisible window, through the walls. It ran around us, between us. Erik was there, speaking to us ! We made a movement as though to fling ourselves upon him. But, already, swifter, more fleeting than the voice of the echo, Erik's voice had leaped back behind the wall ! [...] »
Original excerpt 2 : « Chap. X.Au Bal Masqué.[...] Elle semblait écouter ... Raoul aussi écouta ... D'où venait ce bruit bizarre, ce rythme lointain ? ... Un chant sourd qui semblait sortir des murailles ... Oui, on eût dit que les murs chantaient ! ... Le chant devenait plus clair ... Les paroles étaient intelligibles ... on distingua une voix ... une très belle et très douce et captivante voix ... mais tant de douceur restait cependant mâle et ainsi pouvait-on juger que cette voix n'appartenait point à une femme ... La voix s'approchait toujours ... elle dépassa la muraille ... elle arriva ... et la voix maintenant "était dans la pièce", devant Christine. Christine se leva et parla à la voix comme si elle eût parlé à quelqu'un qui se fût tenu à son côté. » « [...]Chap. XXIV.Les supplices commencent.[...] Je suis le premier ventriloque du monde ! ... Tu ris ! ... Tu ne me crois peut-être pas ! ... Écoute ! [...] Tiens je soulève un peu mon masque ! Oh ! une peu seulement ... Tu vois mes lèvres ? Ce que j'ai de lèvres ? Elles ne remuent pas ! ... Ma bouche est fermée ... mon espèce de bouche ... et cependant tu entends ma voix ! ... Je parle avec mon ventre ... c'est tout naturel ... on appelle ça être ventriloque ! ... C'est bien connu : écoute ma voix ... où veux-tu qu'elle aille ? Dans ton oreille gauche ? dans ton oreille droite ? ... dans la table ? ... dans les petits coffrets d'ébène de la cheminée ? ... Ah ! cela t'étonne ... Ma voix est dans les petits coffrets de la cheminée ! La veux-tu lointaine ? ... La veux-tu prochaine ? ... Retentissante ? ... Aiguë ? ... Nasillarde ? ... Ma voix se promène partout ! ... partout ! ... Écoute, ma chérie .... dans le petit coffret de droite de la cheminée, et écoute ce qu'elle dit : "Faut-il tourner le scorpion ?" ... Et maintenant, crac ! écoute encore ce qu'elle dit dans le petit coffret de gauche : "Faut-il tourner la sauterelle ?"... Et maintenant, crac ! La voici dans le petit sac en cuir ... Qu'est-ce qu'elle dit ? "Je suis le petit sac de la vie et de la mort !" Et maintenant, crac ! ... la voici dans la gorge de la Carlotta, au fond de la gorge dorée, de la gorge de cristal de la Carlotta, ma parole ! ... Qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit : "C'est moi, monsieur crapaud ! c'est moi qui chante : "J'écoute cette voix solitaire ... couac ! ... qui chante dans mon couac !..." Et maintenant, crac, elle est arrivée sur une chaise de la loge du fantôme ... et elle dit : "Madame Carlotta chante ce soir à décrocher le lustre ! ..." Et maintenant, crac ! ... Ah ! ah! ah! ah! ... où est la voix d'Erik ? ... Écoute, Christine, ma chérie ! ... Écoute ... Elle est derrière la porte de la chambre des supplices ! Écoute-moi ! ... C'est moi qui suis dans la chambre des supplices ! ... Et qu'est-ce que je dis ? Je dis : "Malheur à ceux qui ont le bonheur d'avoir un nez, un vrai nez à eux et qui viennent se promener dans la chambre des supplices ! ... Ah! ah ! ah !". Maudite voix du formidable ventriloque ! Elle était partout, partout ! ... Elle passait par la petite fenêtre invisible ... à travers les murs ... elle courait autour de nous ... entre nous ... Erik était là ! ... Il nous parlait ! ... Nous fîmes un geste comme pour nous jeter sur lui ... mais, déjà, plus rapide, plus insaisissable que la voix sonore de l'écho, la voix d'Erik avait rebondi derrière le mur ! ... »
Source : Leroux, Gaston (1910), “Le Fantôme de l’Opéra”, Le Livre de Poche, 1959, réédition 2008, p. 129, pp. 293-295.
Source : Leroux, Gaston (1910), “The Phantom of the Opera”, First published in 1911, Forgotten Books, 2008, pp. 92-93, pp. 222-223.
Source : Szendy, Peter (2007), “Sur Écoute - Esthétique de l’Espionnage”, Paris, Éditions de Minuit, pp. 112-125.
Urls : http://www.gutenberg.org/ebooks/175 (last visited )

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