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1906 __ Simultanéisme
Comment : While Henri Martin-Barzun argued for simultaneous poetry aided by a phonograph, the female testers of phonographic pressings experienced the simultaneous cacophony of the company's catalogue (Henri Martin-Barzun, “Voix, rythmes et chants simultanés”, Paris: 1913). (Douglas Kahn)Barzun's importance and experiments in the simultaneous perception of multiple narrative flows for poetry are largely unknown at present. He [Barzun] started his experiments in the simultaneist orchestration of poetry as far back as 1900. He based his work on the recognition of rhythm as the basic human creative link. In 1907 he began a vast poem called L'Universal Poeme... Barzun's influence has been a profound one. Many poets and dramatists in Europe have followed in his footsteps (Ferdinand Divoire, Nicholas Beaudoin, Richard Aldington, Marinetti, etc.). Zurich Dada took over the results of his experiments... In 1914, the poet Ion Vinea published in Facla magazine, a theoretical article: “A new school: The Simultaneism”. Starting with the innovation of the cubists, adopted by the futurists (the representation of the movement in a simultaneous, not in a succession), Vinea stops at Henri Barzun’s book, Voix, Rythmes et Chants Simultanés (Simultaneous Voices, Rhythms and Chants), which makes an attempt to apply the “simultaneous conception” on poetry. Thus, “to the successive we oppose the simultaneous, to monody we oppose polyrhythm, to the linear verse we oppose the visual form”. “Even if the new technique is not yet perfect – writes Vinea –, it is opening new and unsuspected horizons for the literary research. We welcome the new group for its enthusiasm and talent shown in starting the battle and wish it success in its attempt.” In the end of his article, Vinea wonders whether the “simultaneous poems” will remain “mental” or whether they will be “presented” and, possibly, “read like a musical score”. (Larry Wendt, “Narrative as Genealogy: Sound Sense in an Era of Hypertext”, 1998)
French comment : "En conjonction avec les tenants de l'unanimisme se forme une autre tendance artistique, qui se fera connaître sous le nom de simultanéisme. Unanimisme et simultanéisme sont liés, tout d'abord en la personne du poète et théoricien Henri-Martin Barzun. [...] C'est dans une sorte de fusion de la poésie, de la musique et du théâtre qu'il cherche la solution, (lors des activités du phalanstère de l'Abbaye de Créteil qu'il créa avec d'autres en 1905), lorsqu'il se demande s'il ne faudrait pas concevoir un "instrument nouveau pour l'expression collective" : "Ce titre était suggestif pour l'époque : il marquait la tendance de l'œuvre vers la synthèse de la forme et du fond : unir toutes les forces chantantes en un Hymne collectif et total dans une technique appropriée. [...] Peut-on chanter le collectif avec un instrument individuel, ou faut-il faire chanter le collectif par lui même collectivement et créer ainsi un instrument nouveau pour l'expression collective?" Barzun déclina aussi ce thème sous le nom de dramatisme, puis il se rallia à l'orphisme, comme le montre le nom de panharmonie orphique qu'il donne à son œuvre à partir des années 1920. Selon Fernand Divoire, très proche de Barzun, dont il déclare qu'il est le seul inventeur du simultanéisme, celui-ci n'aurait même pas cherché à "imposer un nom à son esthétique : poésie simultanée, panrythmique, polymnique, harmonique, etc. Choisissez". C'est sur l'expression de "poésie orchestrale" (Orchestral Poetry) sur laquelle Barzun s'arrêtera lorsqu'il aura émigré aux États-Unis. [...] Il faut mentionner que presque aussitôt, il apparut aux deux poètes, Barzun et Apollinaire, que la création d'une poésie simultanéiste passait par l'emploi de la technologie, celle du phonographe. Fernand Divoire écrivait à ce propos en 1923: "Le plus beau poème simultané serait : entendre la vie; bruit des paroles ici, du grillon chez le boulanger, du train sur la voie des Indes, des étoiles [...] des machines à Liverpool [...] Tout !" Divoire poursuit en tendant une abstraction qui confère une valeur artistique à cette collection d'échantillons sonores : "Mais dans cette immense photographie, il y a l'art de choisir. Et d'ajouter. Et d'ajouter toute l'âme humaine : la voix des pensées." Ailleurs il propose un exemple de ce que pourrait être ce simultanéisme phonographique, placé lui-même au sein d'un "Art poétique orchestral" : "Dans le simultanéisme, tel que Barzun l'a créé, les voix et les bruits se font entendre en même temps. Plusieurs voix, disant des paroles différentes, peuvent donner ensemble leur concert; les bruits (chant d'un oiseau, bruit d'un moteur ou d'un moulin à café) peuvent s'y mêler".". (Marc Battier)Expression sonore et musicale, les poèmes phonétiques trouvaient leur accomplissement dans la récitation publique, apparentée au concert : ces déclamations furent tout à la fois monodiques et polyphoniques, comme en témoigne en 1916 une lecture simultanée du poème « L’amiral cherche une maison à louer » par Tzara, Huelsenbeck et Janco. Dans l’édition du poème, Tzara explicite le lien entre cette poésie simultanée et la musique : « L’idée première, en son essence, fut extériorisée par Mr H. Barzun dans un livre théorétique Voix, rythmes et chants simultanés où il cherchait une relation plus étroite entre la symphonie polyrythmique et le poème. […] Je voulais réaliser un poème basé sur d’autres principes. Qui consistent dans la possibilité que je donne à chaque écoutant de lier les associations convenables. Il retient les éléments caractéristiques pour sa personnalité, les entremêle, les fragmente, etc., restant tout de même dans la direction que l’auteur a canalisée. ». (Cécile Reynaud, "Des mots et des sons", Revue TDC, Service national des productions imprimées et numériques du SCÉRÉN-CNDP, 2006)Désireux de renouveler la pratique de la poésie, théoricien prolixe, Henri-Martin Barzun cherche à transcrire poétiquement la fusion de l’individuel dans l’universel que représente pour lui le monde moderne. Il diffuse ses idées par le biais de sa revue Poème et Drame, dans laquelle il publie L’Ere du Drame en 1912 et Voix, rythmes et chants simultanés en 1913. Ces textes développent une conception de la poésie comme un chant universel et polyphonique, où les voix se mêlent les unes aux autres. La poésie selon Barzun a donc vocation à être récitée par des solistes ou un chœur, ce qui implique une disposition typographique «en ensembles». Barzun s’est montré plus prodigue de théories que de poèmes, et très peu ont été «représentés» ; cependant, en 1917, deux de ses disciples, Divoire et Voirol, ont mis en scène certains de leurs poèmes et un de Barzun. Divoire, à propos de la représentation du «Sacre du Printemps», représentation verbale de l’œuvre de Strawinski, déclare : «vous allez entendre, pour la première fois, un poème simultané ». (Agnès Paulot, "Apollinaire simultané ?", Communications « La poésie au carrefour des arts », octobre 2008)
Source : Battier, Marc (2006), "Des unanimistes à l'art sonore : quand la littérature, l'art et la musique recréent la technologie", in Musique et Modernité en France (1900-1945), Observatoire International de la Création Musicale, Les Presses de l'Université de Montréal, chap. 15, pp. 389-415.
Source : Barzun, Henri-Martin (1913), "Après le Symbolisme. L’Art poétique d’un idéal nouveau. - Voix, Rythmes et Chants simultanés expriment l’ère du drame", in Poésie et Drame, n° 4, mai 1913.
Urls : http://www.wendtroot.com/spoetry/folder6/ng65a.html (last visited ) http://www.wendtroot.com/spoetry/nghome.html (last visited ) http://www.sceren.fr/revueTDC/901-73431.htm (last visited ) http://helios.univ-reims.fr/Labos/CRLELI/Articles/20.htm (last visited ) http://www.poesie-arts.com/Apollinaire-simultane.html?var_recherche=Apollinaire (last visited )

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