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1905 __ « L’Homme et la Terre »
Jacques Élisée Reclus (1830-1905)
Comment : After the publication of the “Nouvelle géographie universelle”, Reclus moved to Brussels, Belgium where he took up a job as professor of comparative geography at the New University of Brussels. Reclus also engaged in lecture tours, attending the Edinburgh Summer Meetings of 1893 and 1895, among others. In 1895, with the support of Alfred R. Wallace and Patrick Geddes, Reclus proposed the construction of a huge relief globe on the scale of 1:100,000 (a diameter of approximately 420 feet), but this project did not ever come to fruition. Reclus continued working and writing until his death, from heart disease, in Thourout near Brughes on 4 July 1905 at the age of 75. (Samuel Stephenson)“The first to have employed the term 'social geography', Reclus opposed the Vidalian definition of geography as the science of landscape with a different one: 'Geography is nothing but history in space.' As such, his analyses take space into account as a differentiated, non-static, changing ensemble: 'Geography is not an immutable thing. It is made, it is remade every day; at each instant, it is modified by men's actions.' (Reclus, E., « L’Homme et la Terre”, Vol. 5, p. 335). For the most part Reclus avoids the empiricist reification of the notion of space that occurs whenever one postulates in any way an autonomous existence of spatial facts, processes, or structures that would constitute the object of a spatial analysis. Space in Reclus' work is considered as a social product - or rather, as both producer and produced, determinative and determined - something that cannot be explained without recourse to the study of the functioning of society. Reclus refutes Vidal's definition of geography as 'the science of places and not of people' by his constant preoccupation with analysing relations of power between empires, states, and peoples. His analyses shew, for example, with amazing intricacy, the changes provoked by colonization on indigenous populations and the organization of their space, thus anticipating many of the more modern theories of unequal development. He produced, in short, a kind of analysis that would be repressed and would entirely disappear in the ensuing reduction of geography into a narrow and specialized pursuit.”. (Kristin Ross, “Rimbaud and Spatial History”, In New Formations, no. 5, Summer 1988, pp. 53-68)
French comment : Les géographes universitaires français ne parleront de géographie sociale qu’à la fin des années 1970 et la plupart d’entre eux oublieront de rappeler que c’est Reclus qui le premier a utilisé cette expression. Dans le tome VI de « L’Homme et la Terre », il traite longuement des phénomènes urbains, du développement des industries et du commerce international, des différentes formes de propriété selon les pays, du rôle des structures économiques et sociales, de l’« État moderne », de la colonisation et des formes de domination. Cependant, il ne faut pas réduire cette œuvre à une géographie sociale, ou à des considérations historiennes ou sociologiques, prolongement des opinions politiques de son auteur. Reclus est un géographe complet qui traite du relief, du climat, de la végétation, du tracé des côtes bref tout ce qui se voit dans ses descriptions de pays de sa Nouvelle Géographie universelle, mais aussi dans « L’Homme et la Terre » qui est véritablement un ouvrage de géographie générale. Il est frappant de constater l’importance qu’il accorde, sur le plan général et théorique, au « milieu [qu’il considère comme une] combinaison dynamique de différents facteurs » [H&T, t. I, p. 110] et à ce propos, il prend position contre les discours « déterministes » fort répandus et puissants à son époque, en critiquant la façon dont ceux-ci privilégient un seul facteur naturel parmi beaucoup d’autres pour prétendre expliquer les caractéristiques d’un groupe humain. (Yves Lacoste, “Élisée Reclus, une très large conception de la géographicité et une bienveillante géopolitique”, 2005)
Original excerpt : « Au milieu - espace, caractérisé par les mille phénomènes extérieurs, il faut ajouter le milieu-temps avec ses transformations incessantes, ses répercussions sans fin. [...] Mais toutes ces forces varient de lieu en lieu et d’âge en âge : c’est donc en vain que les géographes ont essayé de classer, dans un ordre définitif, la série des éléments du milieu qui influent sur le développement d’un peuple ; les phénomènes multiples entrecroisés de la vie ne se laissent pas numéroter dans un ordre méthodique. [...] Il faut aussi apprécier dans quelle mesure les milieux ont eux-mêmes évolué, par le fait de la transformation générale de la société et modifié leur action en conséquence. [...] Il est aussi des traits de la nature qui sans avoir changé en rien, n’en exercent pas moins une action tout autre par l’effet de l’histoire générale qui modifie la valeur relative de toute chose. [...] Le développement même des nations implique cette transformation du milieu : le temps modifie incessamment l’espace. »
Source : Reclus, Jacques Élisée (1905). “L’Homme et la Terre”. T.I, (p. 112-114). Paris: Librairie Universelle.
Urls : http://academic.reed.edu/formosa/texts/reclusbio.html (last visited ) http://www.herodote.org/spip.php?article149 (last visited ) http://www.amielandmelburn.org.uk/collections/newformations/05_53.pdf (last visited )

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