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1902 __ Expériences et réalisations amusantes et savantes : acoustique et phonographe.
French comment : "LES MONTRES A RÉPÉTITION PHONOGRAPHIQUE.Comme les poupées, les montres, muettes jadis, peuvent annoncer à l'affamé que l'heure du repas est venue ; elles peuvent crier l'heure au lieu de la sonner, réveiller un dormeur par un bruyant cocorico ou lui crier à tue-tête : « Paresseux, lève-toi, il est temps! » La montre à répétition phonographique a été imaginée, en 1894, par un horloger de Genève, M. Sivan. La sonnerie est remplacée par une plaque circulaire sur laquelle les stries phonographiques, correspondant à telle ou telle série de mots parlés, sont gravées en spirale. Le point à noter est donc ici le remplacement du cylindre ordinaire, tournant autour de son axe tout en se déplaçant latéralement, par une plaque animée d'un mouvement giratoire sur laquelle frotte un stylet (fig. 69). Bien que cette plaque n'ait pas plus de 0,05 à 0,06 mm de diamètre, les sons émis sont assez nets pour être entendus même d'une pièce voisine de celle où se trouve le propriétaire de la montre.LE PHONOGRAPHE ET LA RÉCLAME.Excellent pour la réclame, le phonographe célèbre à la porte d'un magasin, sans jamais se lasser ni s'enrouer, les mérites et le bon marché d'un produit. A l'Exposition de Chicago un charcutier désireux de montrer que tout était utilisable dans le cochon, même ses cris, avait enregistré sur le rouleau de cire les « derniers grognoments » d'un porc sacrifié et s'en servait pour attirer le public.LE PHONOGRAPHE COMME TÉMOIN EN JUSTICE.Comme auxiliaire de la justice, le phonographe a de l'avenir. C'est un témoin incorruptible. A différentes reprises, des personnes actionnant des voisins bruyants ont prouvé au tribunal le bien fondé de leurs prétentions à l'aide de phonogrammes où se trouvaient inscrits les bruits incriminés.L'OMBRE DES ONDES SONORES.Voir les vibrations des corps sonores est déjà un spectacle peu banal, mais voir les ondes sonores elles-mêmes est, certes, plus curieux. Un physicien anglais, M. Boys, s'il n'a pas vu les ondes sonores, affirme tout au moins avoir vu leur ombre. Un jour, après l'explosion de 50 kilogrammes de dynamite, il aperçut, par un clair soleil, uno ombre annulaire ayant le lieu d'explosion pour centre et s'éloignant de celle-ci très rapidement en s'élargissant.CORRECTION DE LA RÉSONANCE D'UNE SALLE PAR DES FILS TENDUS.Sans dispositif particulier, L'écho se chargo d'ailleurs de prouver la réflexion des ondes sonores. Certains échos célèbres répètent plusieurs fois la même phrase et sont amusants; mais dans les salles de réunion, l'écho ou simplement la résonance sont plutôt gênants. On a essayé d'y remédier en tendant des fils fins dans les endroits où il a élu domicile ; on brise ainsi les ondulations. M. Robert Gregg a obtenu, en 1873, des résultats appréciables en tendant, dans la cathédrale de Cork, des fils horizontalement au-dessus du choeur: la voix du prédicateur, les sons de l'orgue étaient beaucoup plus distincts après l'opération. « Cela m'a encouragé à faire de nouvelles expériences, dit M. Gregg. Nous tendîmes trois fils du mur méridional au mur septentrional du transept, de manière qu'ils passaient sur la tète des choristes, mais l'effet était beaucoup trop grand, ils semblaient étouffer le son ; chaque son s'éteignait tout à coup, toute résonance avait disparu. Il semble très difficile de déterminer l'endroit où il faut placer les fils pour produire un effet réellement bon, mais tous ceux qui ont pris intérêt à la question reconnaissent que ces fils produisent un effet beaucoup plus grand qu'on ne l'aurait supposé a priori. » Les fils employés étaient très fins et ne pouvaient être aperçus que par les personnes prévenues de leur présence.LE BRUIT DU CANON PERÇU AVANT LE COMMANDEMENT DE FAIRE FEU.Tout le monde est convaincu que les sons forts se propagent avec la même vitesse que les sons faibles. Plusieurs faits semblent indiquer le contraire. Au cours de son expédition dans les régions arctiques, Parry faisait un jour tirer le canon en vue de déterminer la vitesse du son et l'artilleur ne faisait feu qu'à son commandement. Or les observateurs placés à quelques kilomètres de distance firent la singulière remarque qu'ils entendaient le bruit du canon avant d'avoir entendu le commandement de faire feu. Un fait analogue a été observé à Arras, en 1883, par un temps froid et absolument calme. Les feux de salve d'un peloton de soldats à l'exercice étaient d'abord entendus par un promeneur j placé perpendiculairement à la ligne de tir, à environ 300 mètres du peloton, puis, sensiblement après, le commandement de : "Joue ! feu !". (Ferdinand Faideau)
Source : Faideau, Ferdinand (1902), "La Science curieuse et amusante, curiosités, récréations et fantaisies sur les sciences et leurs applications", Paris: J. Tallandier, 1902.
Urls : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55299242 (last visited )

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