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ca 400 __ « De Musica »
Augustine of Hippo (Aurelius Augustinus Hipponensis) (354-430)
Comment : In his "De Musica" Augustine defines music as "ars bene modulandi", the art of movement well or the art of proper motion. What does Augustine mean by this definition ? Augustine knows three kinds of music. One of these, the music in nature, the song of the birds, is not art, because this is not based on intellect ("ratio"). The secodn kind, the music as performed by the "histriones" and "tibicines" (show-people) is not art either. Through the technique of their playing and singing is based on "ratio", on intellect, it is not art, and especially it is not "ars bona" ("bene"); not good, real art, because here the knowledge is debased to an improper aim. The show-people and singers of popular songs, at Augustine's time as well as today, might have performed good art. But they overemphasize the sweetness of their voices in order to make a greater sentimental impression on the audience, and thus to earn more money. But why is the effect here different from a good impression ? The problem which interests Augustine is how the right impression gets under way. How are we touched, how are we moved through good music ? Augustine has two answers to this question of which one is derived from the traditional philosophy in which Augustine the rhetor and teacher of grammar was trained and which recognizes the intellect ("ratio") as the moving force. The other answers tells of modern ideas. As an exemple of this new attitude we quote one beautiful and informative section from his "Confessions" : « The delights and pleasures of the ears held me strongly in their domination. I have to admit that even today I like the rest for a while in the harmony of sounds, especially when the melody is animated through pious words and is sung with art by sweet voices. But now I do not remain in this attitude, but I can elevate myself above it as often as I want. If these melodies, animated through the words, intrude within me, they deserve in my heart a worthy place, and I have difficulty to advise them the right place. Sometimes I seem to give them a worthier place than they deserve. Then I feel that our hearts are instigated to a more fervent devotion, if the words are sung, and less moved if the words are spoken only ; that all our moods have a specific quality of their own to which certain melodies in song and voice correspond. It is this secret relationship which affects us. (Kathi Meyer-Baer, "Psychologic and Ontologic Ideas in Augustine's De Musica", In "The Journal of Aesthetics and Art Criticism", 1953)
French comment : Augustin d’Hippone (latin : Aurelius Augustinus), ou saint Augustin, né dans le municipe de Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie), était un philosophe et théologien chrétien de l’Antiquité tardive, évêque d’Hippone, et un écrivain berbère, né d'un père citoyen romain et d'une mère berbère, sainte Monique.Le De musica est composé de six Livres qui étudient la Musique comme faisant partie des Arts Libéraux, les trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) et quadrivium ( poésie, géométrie, musique et astronomie). Saint Augustin veut « se servir des choses corporelles comme des degrés » (Rétractations) ; la raison s’élève par degrés depuis la réalité sensible et atteint le créateur. Le livre un défini ce qu’est la musique et cerne le sujet d’étude. Les quatre livres centraux, très techniques, définissent et étudient le pied, le rythme, le mètre et le vers. Enfin le sixième et dernier livre, plus autonome, où il commence même par s’excuser de s’être attardé sur des rythmes frivoles, mais c’est parce que celui qui n’a pas la grâce (autre thème très cher à Augustin, le théologien de la grâce) de la piété ne peut parvenir à Dieu autrement que par une méditation sur les rythmes sensibles, présente la spiritualité qui gouverne la musique. Le De Musica présente un musicien solitaire et élitiste. Quand la musique sera ré-abordé dans les Confessions, elle sera une musique faites par un musicien qui appartient à une communauté, ce sera la musique de la communauté des fidèles, préfiguration du chœur des anges et expression de la Joie par le Jubilus. Pour Saint Augustin, la musique est une toute puissance accordée, un don. Elle contient tout ce qui, au sein d’un langage n’est pas du ressort des grammairiens, ce qui est numérique et technique. Contenant ce qui est numérique, la musique est donc une science : La science qui apprend à bien moduler. La modulation est une mesure qui n’appartient qu’à la musique, c’est une science du mouvement bien réglé qui conserve les rapports des temps et des intervalles. Puisque c’est également une technique, c’est aussi une certaine habileté de mouvement conforme à la science. Bien moduler, c’est rechercher un mouvement libre, c’est à dire un mouvement qui soit conforme à la volonté du créateur, Dieu. Bien moduler, c’est savoir faire preuve d’à propos. (Compiled from various sources)
French translated excerpt : « Quant aux nombres de réaction., qui, loin de n'obéir qu'à leur propre impulsion, sont dirigés contre les impressions du corps, ils tombent sous le contrôle des nombres de jugement et en sont contrôlés, dans toute l'étendue des intervalles que la mémoire peut saisir et garder. Car nous sommes absolument incapables d'apprécier un nombre, qui se compose d'intervalles de temps, sans le secours de la mémoire. Si brève que soit une syllabe du commencement à la fin, le commencement se fait entendre à un moment, et la fin, à un autre. Donc, dans cet intervalle, de temps si court, elle s'étend; elle a un milieu par lequel elle va de son commencement à sa fin. Ainsi le raisonnement découvre que l'étendue, soit dans le temps, soit dans l'espace, est susceptible de divisions à l'infini, et par conséquent il n'est pas de syllabe dont on entende à la fois le commencement et la fin. Donc, dans l'acte d'entendre la syllabe la plus brève, si la mémoire ne vient à notre aide, afin de reproduire, au moment où la fin de la syllabe retentit, le mouvement qui s'est opéré en entendant le commencement, nous n'aurons rien entendu. De là vient que, lorsque nous sommes distraits, nous croyons n'avoir pas entendu des gens qui nous parlent; ce n'est pas que l'âme ne produise des nombres de réaction : car le son des paroles frappe l'oreille, et, dans cette modification des organes, l'âme ne peut rester inactive , mais est uniquement réduite à agir autrement que si cette impression n'avait pas lieu; la véritable raison est donc que la distraction fait immédiatement cesser le mouvement dans sa naissance; car s'il subsistait, il subsisterait dans la mémoire, et par là nous reconnaîtrions bien que nous avons entendu. Si un esprit lourd a quelque peine à comprendre les intervalles que le raisonnement nous fait découvrir dans une syllabe brève, du moins personne ne doute que l'âme ne soit incapable d'entendre deux brèves simultanément. Car la seconde ne frappe l'oreille qu'après que la première l'a frappée: or comment entendre simultanément ce qui ne frappe pas simultanément l'oreille? Donc, de même que nous trouvons un secours pour saisir les intervalles entre divers points de l'espace, dans la diffusion des rayons lumineux, qui, du cercle étroit de nos prunelles, se projettent dans l'espace et sont si bien du ressort de nos organes que, tout répandus qu'ils sont sur les objets éloignés que nous voyons, ils reçoivent encore l'impulsion de notre âme; de même, dis-je, que la diffusion des rayons lumineux nous aide à saisir les différents points de l'espace de même la mémoire, sorte de lumière qui se répand sur les intervalles du temps, embrasse ces intervalles aussi loin qu'elle est capable, si j'ose ainsi dire, d'étendre sa puissance et son action. Et quand un son, sans intervalles déterminés, frappe longtemps l'oreille et qu'il s'en produit un autre, à un certain moment, d'une étendue double ou égale, l'attention concentrée sur le son qui se prolonge sans fin, refoule le mouvement éveillé au moment où l'âme songeait au son qui venait de s'évanouir , et par suite ce mouvement disparaît de la mémoire. Par conséquent, si les nombres de jugement ne peuvent servir, en dehors des nombres de progrès dont ils modifient même l'allure, qu'à apprécier les nombres que la mémoire leur présente comme une servante, ne doivent-ils pas être considérés comme susceptibles de se prolonger pendant un espace de temps déterminé? L'important est de reconnaître la limite précise de temps où leur appréciation nous échappe et où elle se fixe dans la mémoire. Il en est de cette étendue comme des formes qu'il est du ressort des yeux d'apprécier; car nous ne pouvons déterminer si ces formes sont rondes ou carrées, si elles ont telle ou telle propriété réelle et positive, ni en faire l'expérience, sans les approcher de nos regards : et si, en apercevant une face, nous oublions ce que nous avons observé dans une autre, tout l'effort de notre jugement est stérile : car ce jugement exige un certain intervalle de temps, et la mémoire doit veiller à combler cet intervalle. » (In "ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT AUGUSTIN", Traduites pour la première fois en français sous la direction de M. POUJOULAT & DE M. L’ABBÉ RAULX, aumônier de l’asile de Fains. Tome III, p. 393-490; Le traité de la Musique est traduit par MM. THÉNAR)
Urls : http://jesusmarie.free.fr/augustin_musique_traite.html (last visited ) http://www.chmtl.indiana.edu/tml/3rd-5th/3RD-5TH_INDEX.html (last visited ) http://www.archive.org/details/ledemusicadesai00houdgoog (last visited )

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