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1896 __ « J’ai chanté » — Souvenirs de Charlus »
Charlus (1860-1951)
Comment : The phonograph's first musical repertoires were dependent on the public's tastes and also on certain technical constraints. The distrust shown by some artists towards an even more mysterious object complicated the task of the technicians making these old recordings. One of them, Fred Gaisberg, Berliner's assistant, was sent in 1898 to the Old Continent, with the aim of persuading some of the great lyrical artists to make a recording of their art on disc. After 1900, the vocal repertoire became richer. Fred Gaisberg recorded Enrico Caruso. Then it was the turn of Francesco Tamagno, Riccardo Stracciari, Lucien Fugère and Fedor Ivanovich Chaliapine. Among the great female singers were the sopranos Nellie Melba, Mary Garden, Adelina Patti and Lilli Lehmann... While discs and cylinders being made by «stars», the vast majority of recordings were anonymous (until 1898), or were made by second-rate artists. Instrumental music was to be found in all the catalogues. Among the instrumental solos, the violin had a select place (Josef Joachim, Fritz Kreisler). Some composers lent their talents to recording. Camille Saint-Saëns and Claude Debussy, for example. The popular repertoire, songs and dance music, constituted the majority of recordings. The successful singers of the time showed no reluctance to record for the phonograph. Charlus was the first «café-concert» singer to record on a Pathé clylinder. The works of the poets of the Chat Noire were sung and recorded by Yvette Guilbert. The «comique troupier» (coarse comedy), which aroused laughter and applause, was incarnated by Polin. The song of the «Grand Mayol», whose style was associated with the golden age of the café-concert, Dranem's «chanson idiote» and songs specific to the Montmartre district were among the many different styles. For 25 years, the music available from publishing houses did not develop artistically in any significant way. The real upheaval did not come until the 1920s, with the appearance of electric-powered recording. (Basile Giusy)
French comment : Charlus était un chanteur populaire, l'interprète-type de la chanson de café-concert, il fut un témoin de l'enregistrement de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Charlus - qu'on prononce Charlusse - est né Louis Napoléon Defer le 6 septembre 1860 à Aumale, Seine inférieure, et est décédé le 21 février 1951 à Verberie, Oise (à une quinzaine de kilomètres de Compiègne). Les «Souvenirs» de Charlus, publiés au début des années cinquante par «Le progrès de l'Oise», se présentent sous la forme d'un petit volume de 50 pages, mesurant 23 cm. par 15 cm., et intitulé «J'ai chanté - Souvenirs de Charlus». - Le texte en a été recueilli par J.-M. Gilbert. - Ces mémoires sont précédées d'une introduction de Maxime-Léry et contiennent un témoignage de Gabaroche.Les premiers répertoires musicaux du phonographe sont tributaires des goûts du public et de contraintes techniques. La méfiance de certains interprètes au sujet d'un objet encore mystérieux complique la tâche des techniciens qui assurent ces prises archaïques. L'un d'eux, Fred Gaisberg, assistant de Berliner, est envoyé en 1898 sur le Vieux Continent, afin de persuader les grands artistes lyriques d'enregistrer le témoignage de leur art sur disques. Après 1900, le répertoire vocal s'enrichit. Fred Gaisberg enregistre Enrico Caruso. Puis c'est au tour de Francesco Tamagno, Riccardo Stracciari et Lucien Fugère, Fedor Ivanovich Chaliapine. Parmi les grandes chanteuses, il faut citer les sopranos Nellie Melba, Mary Garden, Adelina Patti et Lilli Lehmann... Parallèlement aux disques et cylindres des « vedettes », la grande masse des enregistrements reste anonyme (jusqu'en 1898), ou revient à des interprètes de second ordre. La musique instrumentale trouve sa place dans tous les catalogues. Parmi les solos instrumentaux, le violon a une place de choix (Josef Joachim, Fritz Kreisler). Des compositeurs prêtent leurs talents à l'enregistrement. Camille Saint-Saëns et Claude Debussy, par exemple. Le répertoire populaire, chansons et musique de danse, représente l'essentiel des enregistrements. Les chanteurs à succès de l'époque ne marquent aucune réticence à l'encontre du phonographe. Charlus est le premier chanteur de caf'conc'à enregistrer sur cylindre Pathé. Les poètes du Chat noir sont chantés et gravés par Yvette Guilbert. Le « comique troupier », qui déchaîne rires et applaudissements, est incarné par Polin. La chanson du «Grand Mayol», dont le style est associé à l'âge d'or du caf'conc', la «chanson idiote» de Dranem, la chanson «d'esprit montmartrois» constituent autant de styles. Pendant quelque vingt-cinq ans, la musique proposée par les maisons d'éditions ne marque pas d'évolution artistique significative. Le véritable bouleversement n'interviendra qu'au cours des années vingt, avec l'apparition de l'enregistrement électrique. (Basile Giusy)
Original excerpt : « Lorsque le phonographe fut inventé, en 1877, le cylindre enregistré faisait corps avec l'appareil. Celui-ci ne pouvait donc faire entendre qu'un seul enregistrement, toujours le même. - Puis, on enregistra sur des cylindres interchangeables en cire. Quand je commençai mon «travail» au phonographe, en 1896, on enregistrait trois cylindres d'un coup. Il y avait pour cela trois appareils fonctionnant ensemble dans la salle d'enregistrement, reliés par des tubes en caoutchouc à un seul pavillon devant lequel chantait l'interprète). On doit se représenter que la durée d'audition du cylindre était d'une minute quatre. Quand il fallait «fabriquer» de la façon que je viens de dire des cylindres destinés à la vente et que le prix unitaire de ceux-ci était de 1 fr. 25 et de 2 francs (je ne parle pas des quelques «stentors» qui apparurent ensuite au prix exorbitant de 25 francs), un chanteur ne pouvait raisonnablement demander plus de cinquante centimes par audition. Enfin, en 1900, on put, à l'usine de Chatou, grâce à l'emploi de la galvanoplastie, mouler les cylindres. [...] J'étais au boulot dès huit heures du matin. Je me débarrassais de mes vêtements… superflus, retirais col et cravate, et je chantais. […]. Vous auriez ri de la posture que nous étions obligés de prendre pour chanter nos duos. Nous ne pouvions rester dans l'axe du pavillon, qui n'avait guère que 25 cm de diamètre, qu'en nous serrant l'un contre l'autre. Elle me tenait par le cou, moi je la tenais par la taille. Il ne fallait pas bouger…. »
Source : Giusy, Basile (1999), "Les premières musiques du phonographe", La Revue du Musée des arts et métiers, n°27 - Juin 1999.
Urls : http://www.chanson.udenap.org/fiches_bio/charlus/charlus_memoires.htm (last visited ) http://www.delabelleepoqueauxanneesfolles.com/Droitsdauteurs.htm (last visited ) http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=157&id=10775&lang=fra&flash=f (last visited )

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