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1889 __ Seeing to a Distance by Electricity
Comment : In your issue of November 29th, under the heading "Seeing to a Distance by Electricity," you publish a description of a proposed method of seeing by electricity, but I gather from the remarks on the mechanism to be employed, that no actual trial has been made. Some seven years ago (1882) I designed an identical apparatus and conducted a considerable number of experiments with roughly constructed models of the apparatus (which models I still possess), and it may interest some of your readers to know how far the experiments were successful, and why they failed to give the results anticipated. The apparatus consists essentially of the transmitter, the line and synchronisers, and the receiver. In the line and synchroniser I include the arrangement of inclined mirrors or oscillating prism or lens which may take its place. One reason that leads me to suppose that the apparatus, as described, exists so far only on paper, is that selenium is the medium for transforming the light variation into the electric variation, whereas all my experiments, and so far as I have been able to gather the experiments of others, show it to be unsuitable, on account of its great variation in sensitiveness with varying battery powers, and even in course of time by molecular change, whilst its high resistance makes the currents available very small. Coming also to the receiver, I am aware that more sensitive or louder speaking magnetic telephones are made now than when I tried my experiments but I was unable to produce, by means of the magnetic telephone, any variation in a gas flame, with the movement of the plate, producible by variation in current, such as a selenium transmitter, or even a microphone (acoustic) transmitter will give. Probably the reason of this is that the sounds are produced in a telephone more by molecular movement In the plate than by molar movement of the plate. [...] Coming to the receiver, and abandoning the magnetic telephone, I tried the "moto-graph" or chalk-cylinder telephone of Edison, and in this case the gas flame movement can be obtained with the variations that could be produced in a microphone (acoustic) transmitter, and I think with the variations obtainable with the selenium transmitter. (I do not now remember this with certainty.) But here the defects of the gas flame receiver are apparent. It is not sufficiently dead beat, the position of the gas flame depends not on the position of the telephone membrane, but on the rate of change of its position, which is not quite the same thing, as a little consideration will show. (Llewelyn B. Atkinson, "Seeing to a Distance by Electricity", in The Telegraphic Journal and Electrical Review, December 13, 1889)"[Thomas A. Edison] was in the process of developping a "far-sight machine", by means of which pictures could be transmitted, and expected soon to install the system between the laboratory and the phonograph works". (Robert Conot, “Thomas A. Edison, A Streack of Luck”, Da Capo Press, New York, 1979, p. 284)
French comment : Sur la vision à distance par l'électricité. Considérations générales. État actuel de la question.La transmission des vibrations sonores à distance, la téléphonie, dont les progèes ont été si rapides et si complets, a appelé l'attention des savants sur un problème analogue qui a pour but la transmission des impressions lumineuses : la vision à distance. La filiations des idées était naturelle ; elles devaient prendre naissance presque en même temps, mais elles n'ont pas marché d'un pas égal vers leur réalisation pratique, et tandis que la téléphonie est devenue une véritable industrie, dont les services sont multiples et appréciés de tous, la vision à distance n'est pour ainsi dire pas sortie du domaine du rêve. Ce n'est pas que de nombreux chercheurs, esprits ingénieux et inventifs, ne se soient efforcés de canaliser les impressions lumineuses de façon à produire une action à distance sur la rétine, comme la canalisation du son produit à des centaines de kilomètres un action sur le tympan. Les expérimentateurs n'ont pas manqué, car le problème est de ceux qui devaient séduire. Il n'en est pas qui soit plu digne de stimuler la sagacité des physiciens. Aussi peut-on déjà enregistrer des travaux intéressants qui se rattachent à son étude. Les noms de Tyndall, Preece, Breguet, Weinhold, Silvanus Thompson, Kalischer, Moser, Dufour, Glitay, Salet, Siemens et de plusieurs autres, doivent être inscrits en tête de tout mémoire consacré à la transmission des vibrations lumineuses. Mais il faut se hâter d'ajouter que rien de pratique n'est sorti de leurs recherches. Une mentions toute spéciale doit être faite des résultats obtenus par MM. Bell et Mercadier. Se fondant sur l'action bien connus que la lumière produt sur la conductibilité du sélénium, ils ont créé la radiophonie et montré d'une façon évidente la transformation directe ou indirecte de l'énergie lumineuse en énergie mécanique. Il est possible maintenant, grâce à eux, d'employer l'oreille pour percevoir les variations d'intensité lumineuse qui se produisent dans un champ déterminé. Il suffit de faire tomber les rayons qui en proviennent sur des gaz, des vapeurs d'iode ou encore sur une plaque de sélénium convenablement disposée ; le téléphone transmet à l'oreille ces variations. Toutefois, malgré l'intérêt scientifique considérable qui s'attache à ces travaux, ils n'ont pas fait faire un pas décisif à la vision à distance. Nous en dirons de même des recherches faites par Senlicq, Porosino, Minclin et quelques autres, dont le but principal était de reproduire à distance les image fournies dans la chambre obscure. Certains sont arrivés à dessiner ou photographier lentement, péniblement et assez incomplètement les images de la chambre obscure. Ce n'est pas là à proprement parler de la vision à distance, et, jusqu'à ce jour, le problème subsiste dans son intégralité, sans que personne ait réussi à en donner une solution acceptable. [...]Définition du problème.Avant de décrire la vision à distance, il est nécessaire de poser nettement l'ensemble des conditions qui constituent cette vision. Elles se résument ainsi : Est-il possible de transmettre à distance toutes les impressions lumineuses qui proviennent d'un champ donné ? Par exemple : en un lieu A se trouve un tableau ; peut-on, par un procédé spécial, le rendre visible à des personnes placées en un autre lieu B, distant du premier d'un nombre arbitraire de kilomètres ? L'une des personnes qui se trouvent au lieu B peut-elle, en même temps qu'elle cause téléphoniquement avec une personne placée en A, voir son interlocuteur ? Peut-on en même temps qu'on entend par le téléphone la musique exécutée dans un théâtre, voir la scène et les acteurs ? Tels sont les résultats qu'il faut obtenir pour avoir fait faire un progrès réel à la vision à distance. Nul n'y est arrivé jusqu'ici.Principes fondamentaux.Deux principes fondamentaux très simples et très connus dominent la question tout entière. Le premier est celui-ci : pour avoir l'impression de la forme des contours et des détails d'un ou plusieurs objets, il n'est pas nécessaire que l'œil reçoive tous les rayons lumineux qui en émanent. Le second ajoute que : pour avoir cette impression, il n'est pas nécessaire que l'œil reçoive en même temps les rayons lumineux nécessaires à la vision. [...]Phoroscope.On voit, d'après ce qui précède, qu'on est en droit d'attendre une solution de la question de la vision à distance. Il nous reste maintenant à reprendre rapidement les considérations qui précèdent et à montrer comment on peut combiner les éléments d'un appareil propre à la réalisation des phénomènes qui viennent d'être exposés théoriquement. Nous nommons cet appareil "phoroscope", ce qui veut dire transporteur de la vision. Nous n'avons pas la prétention de décrire un appareil de ce genre dans les lignes qui vont suivre, mais de donner seulement un schéma permettant de se rendre compte comment il pourra fonctionner après qu'il aura été transformé par un constructeur habile en un appareil d'expérience. [...]Conclusion.En résumé, on voit que l'appareil que nous venons de décrire produit le transport des images suivantes par la série des phénomènes suivants : 1) On recueille sur l'image à transmettre un ensemble de lignes formant un patron et reproduisant l'image; 2) On fait passer successivement et dans un intervalle de temps moindre qu'un seconde, sur une ligne déterminée, les éléments du patron à l'aide d'un appareil à miroirs; 3) Les émissions lumineuses successives, dont chacune correspond à un élément de l'image, sont reçues dans une cellule de sélénium; 4) Elles produisent une série de modifications successives dans l'intensité du courant qui joint les deux postes; 5) Ces variations d'intensité électrique sont transformées en variatiosn d'intensité lumineuse par l'emploi d'un téléphone à gaz; 6) Les successions d'intensités lumineuses sont superposées et transformées en une juxtaposition d'intensités lumineuses, c'est-à-dire en une image par un appareil à miroirs dont le mouvement est synchrone du premier. (Lazare Weiller, "De la vision à distance par l'électricité", Le Génie Civil, T.XV, 1889)[Il faut remarquer] cependant l'intérêt d'Edison pour la transmission des images à distance au moment de son voyage en Europe, Edison fut l'invité d'honneur de l'Exposition universelle de Paris, en 1889, où il rencontra notamment Georges Eiffel, dont on venait d'inaugurer la Tour et pour lequel il manifesta une grande admiration. Il se rendit en suite en Allemagne, à l'invitation de Siemens. Edison a commencé à travailler sur l'image animée avec son assistant W.K.L. Dickson vers 1887. En février 1888, il a reçu la visite d'Edward Muybridge et il semble que les deux hommes aient discuté de la possibilité de combiner le Zoopraxinoscope et le phonographe. Le 8 octobre 1888 rédige un caveat où il annonce son projet de mettre au point un appareil permettant la reproduction des images en mouvement, ce qu'il appelle un kinetoscope et charge Dickson de travailler sur ce projet. Edison visite l'Exposition universelle de Paris en août 1889 et son guide n'est autre qu'Etienne Marey, qui lui fait visiter l'Exposition française de photographie (où exposent entre autres Nadar et les frères Lumière) et lui montre les résultats qu'il avait obtenu avec son chronophotographe. A l'occasion de sa visite à Paris, Edison rencontra des journalistes et il possible que ce soit à ce moment qu'il ait fait des déclarations sur ses projets de recherche sur la vision à distance. (Cfd : Raphael Eduard Liesegang, “Beiträge zum Problem des elektrischen Fernsehen. Proleme der Gegenwart”, Band 1, Liesegang Verlag, Düsseldorf, 1891., p.101 ; Mannoni, L., “Le grand art de la lumière et de l'ombre. Archéologie du cinéma”, Nathan-Larousse, Paris, 1994 ; Hendricks, G., “The Edison Motion Picture Myth”, Berkeley, Los Angeles, 1961 ; Hendricks, G., “The kinetoscope”, New York, 1966 ; Musser, C., “Before the Nickelodeon”, Edwin S. Potter and the Edison Manufacturing Co, Berkeley, Los Angels, 1991). (André Lange)Peu de dévouvertes on produit en si peu de temps des résultats plus importants et plus imprévus, et si l'on considère que la téléphonie a donné naissance à la "radiophonie", cette autre merveilleuse découverte qui a en quelque sorte matérialisé la lumière, en la faisant agir mécaniquement, on peut dire qu'il est aujourd'hui impossible de nier qu'un phénomène physique ne puisse pas être produit, quelque invraisemblable qu'il puisse paraître à première vue. Ainsi on nous annonce que nous pourrons un jour "voir par le télégraphe". Nous aurions ri autrefois d'une telle prétention, et aujourd'hui nous en sommes réduits à dire : cela est bien extraordinaire, mais cela pourra être. Nous avons même de bonnes raisons de croire que la chose est possible. Que de chemin fait depuis quelques années en dehors du domaine du scepticisme et de l'incrédulité !!!. (Theodore du Moncel, p. 186)
Original excerpt : « I am, and have been, at work at an invention which will enable a man at Wall Street not only to telephone to a friend near Central Park, but to actually see that friend while speaking to him. That would be a practical and useful invention, and I see no reason why it may not soon become a reality. One of the first things I shall do on my return to America will be to establish such an apparatus between my laboratory and the phonograph works. I have already had satisfactory results in reproducing images at that distance, which is only 1,000 ft. Of course it is ridiculous to talk about seeing between New-York and Paris. The rotundity of the earth, if nothing else, would render that impossible. » (Thomas A. Edison)
Source : Weiller, Lazare (1889), "De la vision à distance par l'électricité", Le Génie Civil, T.XV, 1889.
Source : Atkinson, Llewelyn B.(1889), "Seeing to a Distance by Electricity", in The Telegraphic Journal and Electrical Review, December 13, 1889.
Source : Conot, Robert (1979), “Thomas A. Edison, A Streack of Luck”, Da Capo Press, New York, 1979, p. 284.
Source : Liesegang, Raphael Eduard (1891), “Beiträge zum Problem des elektrischen Fernsehen. Proleme der Gegenwart”, Band 1, Liesegang Verlag, Düsseldorf, 1891., p.101.
Source : Mannoni, L. (1994), “Le grand art de la lumière et de l'ombre. Archéologie du cinéma”, Nathan-Larousse, Paris, 1994
Source : Hendricks, G. (1961), “The Edison Motion Picture Myth”, Berkeley, Los Angeles, 1961.
Source : Hendricks, G. (1966), “The kinetoscope”, New York, 1966.
Source : Musser, C. (1991), “Before the Nickelodeon”, Edwin S. Potter and the Edison Manufacturing Co, Berkeley, Los Angels, 1991.
Source : Campbell Swinton, A.A. (1908), "Distant Electric Vision", Nature, 78, n. 2016, 18 June 1908, p.151.
Source : Reynier, A. (1909), "La vision à distance", Le Magasin pittoresque, 1, Série 3, T.10, 1909, pp. 566-567.
Source : Varigny, H.D. (1909), "La vision à distance", L'Illustration, n.3485, 11 décembre 1909, p. 451.
Source : Lange, André (1986), “Stratégies de la musique”, Pierre Mardaga, Bruxelles-Liège, 1986.
Source : Du Moncel, Theodore (1881), “Les progrès de la téléphonie”, extrait d’une conférence faite à l’Exposition d’Électricité le 25 octobre 1881, In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 5, n°53-78, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 2 novembre 1881, No. 62, pp. 165-169.
Source : Du Moncel, Theodore (1881), “Les progrès de la téléphonie”, extrait d’une conférence faite à l’Exposition d’Électricité le 25 octobre 1881, In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 5, n°53-78, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 5 novembre 1881, No. 63, pp. 184-186.
Urls : http://histv2.free.fr/19/atkinson.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/weiller/weiller1.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/weiller/weiller1b.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/weiller/weiller1c.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/edison/edison.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/lametz/lametz.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/19/majorana.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/hummel/hummel.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/szczepanik/szczepanik4.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/19/perskyi2.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/20/coblyn.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/19/bidwell2.htm (last visited ) http://histv2.free.fr/rignoux/rignoux1909.htm (last visited ) http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.5/190/100/472/0/0 (last visited )

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