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1888 __ « Looking Backward: 2000-1887 » — Telephonic Music Room
Edward Bellamy (1850-1898)
Comment : Edward Bellamy's influential novel « Looking Backward: 2000-1887 » foresaw the establishment of entertainment transmitted by telephone lines to individual homes. He elaborated a utopia of convenience, including not merely talking but arguing clocks, in With the Eyes Shut (a utopia interrupted only by the recorded instructions of wives). (Douglas Kahn)Edward Bellamy's Looking Backward envisions the world of 2000 as interlinked with (pneumatic) tubes for delivering goods (Chapter X). In the Chapter 11, Edward Bellamy imagined a Telephonic Music Room : Places where a person could go, at any time, to share in musical performances happening at some distance away.
Original excerpt 1 : « Chapter 11."Come, then, into the music room," she said, and I followed her into an apartment finished, without hangings, in wood, with a floor of polished wood. I was prepared for new devices in musical instruments, but I saw nothing in the room which by any stretch of imagination could be conceived as such. […] "Please look at to-day's music," she said, handing me a card, "and tell me what you would prefer ». […] The card bore the date "September 12, 2000," and contained the longest programme of music I had ever seen. It was as various as it was long, including a most extraordinary range of vocal and instrumental solos, duets, quartettes, and various orchestral combinations. […] She made me sit down comfortably, and, crossing the room, so far as I could see, merely touched one or two screws, and at once the room was filled with the music of a grand organ anthem; filled, not flooded, for, by some means, the volume of melody had been perfectly graduated to the size of the apartment. I listened, scarcely breathing, to the close. Such music, so perfectly rendered, I had never expected to hear. "Grand!" I cried, as the last great wave of sound broke andebbed away into silence. "Bach must be at the keys of that organ; but where is the organ?" […] "There is nothing in the least mysterious about the music, as you seem to imagine. It is not made by fairies or genii, but by good, honest, and exceedingly clever human hands. We have simply carried the idea of labor saving by cooperation into our musical service as into everything else. There are a number of music rooms in the city, perfectly adapted acoustically to the different sorts of music. These halls are connected by telephone with all the houses of the city whose people care to pay the small fee, and there are none, you may be sure, who do not. The corps of musicians attached to each hall is so large that, although no individual performer, or group of performers, has more than a brief part, each day's programme lasts through the twenty-four hours. There are on that card for to-day, as you will see if you observe closely, distinct programmes of four of these concerts, each of a different order of music from the others, being now simultaneously performed, and any one of the four pieces now going on that you prefer, you can hear by merely pressing the button which will connect your house-wire with the hall where it is being rendered. The programmes are so coordinated that the pieces at any one time simultaneously proceeding in the different halls usually offer a choice, not only between instrumental and vocal, and between different sorts of instruments; but also between different motives from grave to gay, so that all tastes and moods can be suited.” “It appears to me, Miss Leete,” I said, “that if we could have devised an arrangement for providing everybody with music in their homes, perfect in quality, unlimited in quantity, suited to every mood, and beginning and ceasing at will, we should have considered the limit of human felicity already attained, and ceased to strive for further improvements.” “I am sure I never could imagine how those among you who depended at all on music managed to endure the old-fashioned system for providing it,” replied Edith. “Music really worth hearing must have been, I suppose, wholly out of the reach of the masses, and attainable by the most favored only occasionally, at great trouble, prodigious expense, and then for brief periods, arbitrarily fixed by somebody else, and in connection with all sorts of undesirable circumstances. Your concerts, for instance, and operas! How perfectly exasperating it must have been, for the sake of a piece or two of music that suited you, to have to sit for hours listening to what you did not care for! Now, at a dinner one can skip the courses one does not care for. Who would ever dine, however hungry, if required to eat everything brought on the table? and I am sure one's hearing is quite as sensitive as one's taste. I suppose it was these difficulties in the way of commanding really good music which made you endure so much playing and singing in your homes by people who had only the rudiments of the art.”. »
Original excerpt 2 : « Alors, suivez-moi dans la chambre de musique, dit-elle. Et elle me mena dans une chambre entièrement boisée, sans tentures ni tapis. Je m’attendais à quelque invention extraordinaire, mais je ne voyais rien dans tout ce qui m’entourait qui fit soupçonner la présence d’un instrument. Edith s’amusait follement de ma stupéfaction. « Veuillez jeter un regard sur le programme d’aujourd’hui, me dit-elle, en me tendant une feuille de papier imprimé, et choisissez le morceau que vous désirez entendre. Rappelez-vous qu’il est maintenant cinq heures. » Le programme portait la date du « 12 septembre 2000 », et c’était bien le programme le plus long que j’eusse jamais lu ; il était aussi varié que long, comprenant des soli, des duos, des quatuors, des morceaux de chant et d’orchestre. Je regardais, de plus en plus ahuri, lorsque l’ongle rose d’Edith me montra une rubrique spéciale, où se trouvaient encadrés différents titres avec la mention « cinq heures ». C’est alors que je m’aperçus que ce programme représentait le menu musical de la journée tout entière et était divisé en vingt-quatre compartiments correspondants aux vingt-quatre heures. « Cinq heures » ne comprenait qu’un petit nombre de numéros, et je choisis un morceau d’orgue. « Comme je suis contente que, vous aimiez l’orgue, dit-elle ; il n’y a pas de musique qui convienne plus souvent à ma disposition d’esprit. » Elle me fit asseoir, traversa la chambre, ne fit que toucher à un ou deux boutons. Aussitôt la chambre fut envahie par les flots exquis d’une mélodie d’orgue ; envahie, non pas inondée, car je ne sais par quel artifice le volume du son avait été proportionné à la grandeur de l’appartement. J’écoutais, haletant, jusqu’au bout. Je ne m’attendais pas à une exécution aussi impeccable.C’est grandiose, m’écriai-je lorsque la dernière vague sonore se fut perdue dans le silence ; c’est Bach en personne ! Mais où est l’instrument ?.Un moment, dit Edith. Écoutez encore cette valse avant de m’interrompre. Je la trouve si jolie. Et, pendant qu’elle parlait, le chant des violons montait dans la pièce, comme l’harmonie magique d’une nuit d’été. Quand ce second morceau fut terminé, elle dit : « Il n’y a rien de mystérieux dans notre musique, ainsi que vous semblez le croire. Elle n’est faite ni par des fées, ni par des génies, mais par de braves, honnêtes et habiles artistes, tout ce qu’il y a de plus humains. Nous avons simplement appliqué l’idée de l’économie du travail, par la coopération, au service musical comme à tout le reste. Nous avons plusieurs salles de concert dans la ville, fort bien agencées au point de vue de l’acoustique, et reliées par le téléphone avec toutes les maisons dont les habitants veulent bien payer une petite redevance ; et je vous assure que personne ne s’y refuse. Le corps de musiciens attaché à chaque salle est si nombreux que, bien que chaque exécutant ou groupe d’exécutants ne travaille qu’un petit nombre d’heures par jour, le programme de chaque journée dure vingt-quatre heures. Si vous voulez vous donner la peine de le bien regarder, vous verrez que quatre concerts, chacun d’un genre de musique différent, ont lieu simultanément, et vous n’avez qu’à presser un bouton qui relie le fil conducteur de votre maison avec la salle choisie, pour entendre ce qu’il vous plaira. Les programmes sont combinés de telle façon qu’on ait à chaque instant de la journée un choix très varié, non seulement suivant le genre de musique, instrumentale ou vocale, mais, encore suivant le caractère des morceaux, depuis le grave jusqu’au doux, depuis le plaisant jusqu’au sévère.Il me semble, mademoiselle, que si nous avions pu inventer un moyen de nous approvisionner à domicile de musique agréable, admirablement exécutée, appropriée à toutes les humeurs, commençant et cessant à notre gré, nous, nous serions considérés comme arrivés au summum de la félicité humaine.J’avoue que je n’ai jamais compris comment les amateurs de musique au dix-neuvième siècle pouvaient s’accommoder d’un système aussi démodé pour s’en procurer la jouissance, répliqua Edith ; la bonne musique, vraiment digne d’être entendue, devait être inabordable pour le grand public, et obtenue aux prix de grandes difficultés par les seuls favorisés de la fortune ; encore devaient-ils se plier aux heures et aux règlements imposés par une volonté étrangère. Vos concerts, vos opéras ! mais il me semble que cela devait être exaspérant ! Pour quelques rares morceaux qu’on avait envie d’entendre, il fallait rester assis pendant des heures à avaler des fadaises. Qui donc accepterait jamais un dîner à la condition de manger de tous les plats, qu’ils lui plaisent ou non ? Cependant, il me semble que le sens de l’ouïe est aussi délicat que celui du goût. Je crois que les difficultés que vous aviez à vous procurer de la bonne musique au dehors sont cause de l’indulgence que vous témoigniez pour tous ces chanteurs et ces instrumentistes amateurs qui ne connaissaient que les rudiments de l’art, mais que vous pouviez, dû moins, entendre chez vous. En somme, soupira-t-elle, quand on y réfléchit, il n’est pas étonnant que beaucoup de vos contemporains se soient si peu souciés de la musique ; je crois que j’en aurais fait autant.Vous ai-je bien compris, mademoiselle, quand vous disiez que vos programmes embrassent vingt-quatre heures consécutives ? Où trouvez-vous donc des personnes disposées à écouter de la musique entre minuit et l’heure du réveil ?.Il n’en manque pas, répliqua Edith, et quand même la musique à ces heures-là n’existerait que pour ceux qui souffrent, qui veillent, qui agonisent, ne serait-ce pas suffisant ? Toutes nos chambres à coucher ont un téléphone à la tête du lit, qui permet aux personnes atteintes d’insomnie de se procurer à volonté la musique appropriée à leur disposition du moment.Y a-t-il une mécanique de ce genre dans la chambre que j’occupe ?.Bien entendu. Que je suis donc sotte de ne pas avoir pensé à vous dire cela hier soir ! Mon père vous montrera ce soir la manière de vous servir de l’appareil et, avec le récepteur à votre oreille, vous pourrez mettre au défi les plus noires idées, si elles se permettent de vous assaillir de nouveau. » (Cent Ans Après ou l’An 2000 Looking backward, Translated by Paul Rey, 1891)
Source : Bellamy, Edward (1888), “Looking Backward: 2000-1887”, Boston and New York, Houghton Mifflin Company, The Riverside Press Cambridge.
Source : Bellamy, Edward (1888), “Cent Ans Après - ou l’An 2000”, translated by Paul Rey, InFolio, Archigraphy, 2008.
Urls : http://www.selparis.com/SciFiTexts/sf0030.html (last visited ) http://fiction.eserver.org/novels/looking_backward/ (last visited ) http://www.marxists.org/francais/general/bellamy/works/00/bellamy.htm%23X (last visited )

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