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1887 __ Long-distance telephone between Paris and Brussels
French comment : Le fil spécialement affecté à la téléphonie de Paris à Bruxelles est en bronze silicieux, alliage dont nous avons parlé dans le chapitre des accessoires de la télégraphie électrique. Cet alliage est plus résistant que le fer, c'est-à-dire peut être plus facilement tendu sans se rompre. Chaque fil pèse 63 kilogrammes par kilomètre. Il est attaché aux poteaux télégraphiques de la voie ferrée, mais à une distance convenable des fils télégraphiques. C'est par ce moyen que Paris et Bruxelles, ensuite Bruxelles et Amsterdam, furent reliés par un fil téléphonique, en 1887. Le succès de la ligne téléphonique de Paris à Bruxelles, au moyen d'un fil de bronze silicieux, fut le signal de l'établissement de communications semblables entre d'autres grandes villes de l'Europe. Déjà, en 1884, 1885 et 1886, on avait commencé à établir en France, à titre d'essai, une ligne téléphonique de Paris à Amiens. Mais on se servait d'un fil télégraphique ordinaire, en le défendant, au moyen de condensateurs, contre les effets de l'induction des fils voisins. Le résultat avait été médiocre. En substituant au fil ordinaire des télégraphes un fil de bronze silicieux, on a obtenu un succès complet. C'est ainsi qu'en 1887 Paris fut relié téléphoniquement à Amiens, d'une part, et d'autre part, à Rouen et au Havre, enfin à Bruxelles. En 1888, une ligne téléphonique a été établie de Paris à Marseille. Le service a commencé au mois d'août. Une correspondance a été ménagée pour la ville de Lyon, sur le parcours de cette ligne. [...] Berlin est relié téléphoniquement avec Bruxelles; et plus récemment, on a relié de la même manière Cologne à Francfort et Berlin à Cologne. Entre Bruxelles et Amsterdam, la téléphonie est établie depuis plusieurs années. Le 15 septembre 1887, une correspondance téléphonique fut ouverte au public entre le réseau de Malines et ceux de Bruxelles et d'Anvers. Les taxes sont de 1 franc pour cinq minutes de conversation, 1 fr. 50 pour 10 minutes. En 1888, une ligne téléphonique a été établie entre Verviers et Aix-la-Chapelle. Déjà, Amsterdam et Harlem étaient reliés téléphoniquement. En Angleterre, la téléphonie interurbaine a pris une telle extension qu'il serait impossible de dénombrer exactement les villes reliées entre elles car elles forment un réseau très étendu et très complexe, particulièrement dans le nord. Même situation pour l'Écosse, dont la plupart des grandes villes, depuis Glasgow jusqu'à Linlithgow, sont reliées. En Autriche-Hongrie, beaucoup de petites villes environnant Vienne sont reliées à la capitale. Enfévrierl886, les conversations téléphoniques étaient établies entre les villes d'Helsenberg et Gateling, en Bohême, sur une distance de 20 kilomètres. Au 1er août 1886, une autre ligne téléphonique fut livrée au public entre Ninan et Ruim. Cette dernière fut également reliée à Vienne. Le 1 er février 1887, Hambourg et Brême furent mises en communication avec Vienne, dont elles sont séparées par une distance de 113 kilomètres. En Russie, deux électriciens ont inventé un système de téléphonie pour la conversation à grande distance, qui a servi à relier Moscou à Saint-Pétersbourg. En Suisse, la téléphonie rattache déjà la plupart des grandes villes, telles que Lausanne et Genève, Zurich et Berne, etc., etc. En 1889, on comptait plus de 45 villes ainsi reliées. En résumé, le merveilleux problème de la téléphonie inter-urbaine peut être considéré comme résolu, et la téléphonie d'une ville à une autre très éloignée n'est plus, dans les divers États de l'Europe, qu'une question de temps. Toutes les grandes villes se préoccupent de la création de circuits téléphoniques, et bientôt la téléphonie interurbaine aura autant d'importance, en Europe, que la télégraphie électrique. Quant à l'Amérique, patrie originaire de cette invention, la téléphonie entre les villes a pris un tel développement qu'il serait aussi fastidieux qu'inutile d'entreprendre ce dénombrement. [...] Contentons-nous de dire que le téléphone prend chaque jour plus d'extension. Cette belle invention, cinq ou six années après sa naissance, s'était déjà répandue sur toute l'étendue du globe, et avait pris possession de toutes les localités importantes, chez tous les peuples civilisés des deux mondes. Il n'est aucun exemple d'une découverte qui soit entrée aussi rapidement dans la pratique et les habitudes des nations. (Louis Figuier)TÉLÉPHONES.Le téléphone est un instrument apte à transmettre la parole à distance, ou mieux, un instrument provoquant à distance, à l'aide de courants électriques ondulatoires, des vibrations reproduisant la parole. La découverte en a été faite en 1875 par l'américain Bell. Ses premiers appareils furent exposés à Philadelphie en 1876, et c'est en novembre 1877 que le téléphone Bell fut introduit pour la première fois en Europe. De nombreux savants ont travaillé depuis lors à son perfectionnement, et il en existe actuellement un nombre considérable de systèmes, dont les plus usités en France sont les téléphones Ader et d'Arsonval. Le 26 juin 1879, l'Etat a concédé à la Compagnie générale des téléphones le droit de construire et d'exploiter le réseau téléphonique de Paris. On était alors dans une période de tâtonnements, et l’Etat n'avait pas osé assumer la responsabilité de la construction du réseau parisien. Depuis lors on a compris tout l'intérêt qui s'attache à l'exploitation de cette partie de la télégraphie, et l'administration a créé les réseaux de Lille, Reims, Roubaix, Tourcoing, Armentières, Caen, etc. La Société générale, de son côté, exploitait celui de Paris, les réseaux de Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Rouen, le Havre, Calais, Alger et Oran. Depuis le 1" septembre 1889, l'Etat a repris à la Société générale des téléphones l'exploitation de tous les réseaux. Le décret du 21 septembre 1889 a réglé les abonnements aux réseaux téléphoniques urbains, et le tarif du 19 octobre 1889 a fixé le prix des conversations téléphoniques. La durée normale de la conversation est fixée à 5 minutes cette durée peut être réduite à 3 minutes sur les lignes et dans les conditions déterminées par arrêté ministériel. Aux termes d'un décret en date du 20 octobre 1889, les localités autres que les chefs-lieux de canton peuvent être reliées au bureau télégraphique au moyen d'un fil téléphonique. Dans les localités possédant une recette des postes, le service est confié au receveur. Dans toutes les autres, le gérant des bureaux téléphoniques et son suppléant sont désignés par le maire, après avoir été agréés par le directeur départemental. Toute personne peut expédier et recevoir des télégrammes par une ligne téléphonique municipale. Un télégramme ne peut être téléphoné soit par une ligne urbaine, soit par une ligne municipale, que s'il est écrit en français, en langue claire, et si son texte n'excède pas cinquante mots. (In Dictionnaire de la Gendarmerie: à l'usage des officiers, sous-officiers, brigadiers et gendarmes 34e éd. / par M. Cochet de Savigny, Paris : Léautey)
Source : Source: Figuier, Louis (1867-1891), "Supplément au Télégraphe Électrique", In "Les Merveilles de la Sciences ou Description des Inventions Scientifiques depuis 1870 - Supplément", Paris: Jouvet et Cie (Eds), pp. 523-603.
Urls : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k24678x.image.f527 (last visited ) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203572x.f587 (last visited )

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