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ca 100 __ LECTOR, RECITATOR
Comment : By the first century bc, Roman courts had a lector or recitator for the reading of documents (Cic. de Orat. 2.223).« Lectorem in thermis nobilibusque domibus declamantem carmina aut opera soluta oratione scripta recitantem, secuti sunt christiani. Lector appellabatur quoque recitator » (Plin. Ep.1,13; Sen. Ep. 95,2).
French comment : LECTOR, RECITATOR. Lecteur. I. La lecture à haute voix fut à Rome un art assez goûté pour qu'on en fit une profession. Il y avait dans les riches maisons des esclaves instruits dont la fonction était de faire la lecture à leurs maîtres, au bain (Plin. "Ep." I, 5, 14 - Pliny the Younger, Letters - Pline le Jeune, Correspondance), dans les veillées (Suet. "Aug", 78) ou pendant les repas (Corn. Nep. "Attic." XIV, 1; Plin. "Ep." III, 3, 11 and IX, 36,4). Ils sont désignés par les noms de lector, recitator, anagnostes. Ce dernier nom semblerait indiquer une origine grecque, mais on ne le rencontre à vrai dire dans aucun texte grec. Pline, se défiant de lui-même, fit lire par un affranchi des vers de sa composition; telle était sans doute la condition de plus d'un lecteur, mentionné sans autre qualification, qui était chargé de produire des oeuvres littéraires dans des réunions publiques ou devant quelques auditeurs choisis. Le plus souvent, comme on va le voir, les auteurs n'en laissaient le soin à personne.II. Lectures publiques. De tout temps, les auteurs ont aimé à lire leurs ouvrages. Ils les lisent tantôt à leurs amis, et l'on sait qu'Horace recommande de les choisir éclairés et sévères, tantôt à ceux dont le suffrage peut le plus les flatter, comme fit le poète Attius qui, en passant à Tarente, vint lire sa tragédie d'"Atrée" au vieux Pacuvius, son prédécesseur; tantôt enfin à de puissants protecteurs qui peuvent servir de patrons au livre qui les aura charmés : c'est ainsi que Virgile lut des fragments de son "Enéide" devant Auguste et devant Octavie, à qui le sixième livre fit verser tant de larmes. Mais cet auditoire restreint ne suffisait pas toujours à la vanité des auteurs ou à l'empressement du public, avide de connaître leurs œuvres. Aussi appelaient-ils quelquefois une foule nombreuse à les entendre. Dans la Grèce, les jeux publics servaient d'occasion à ces lectures solennelles. On raconte qu'Hérodote lut sa grande histoire devant les Grecs réunis à Olympie. Plus tard, quand la littérature se transporta à Alexandrie, ces lectures semblent être devenues plus fréquentes ; elles avaient lieu dans le Musée, tout près de cette belle bibliothèque que les rois d'Égypte y avaient réunie; le peuple y assistait, et l'on choisissait des juges chargés de décerner des prix aux meilleurs ouvrages. C'est à Rome que les lectures publiques ont pris le plus d'extension et qu'elles ont eu le plus d'importance. « Asinius Pollion, dit Sénèque, fut le premier qui convoqua les gens à venir entendre ses ouvrages. » Assurément, il ne veut pas dire qu'avant Pollion personne n'avait lu ses ouvrages au public, mais qu'il rendit les lectures plus fréquentes, qu'il les organisa régulièrement et qu'il en fit une sorte d'institution littéraire. Le moment était bien choisi pour cette innovation. Jamais le goût des lettres n'avait été plus vif qu'à cette époque ; on ne voyait plus, dit Horace, que des gens transportés de la manie d'écrire. Ces écrivains cherchaient naturellement tous les moyens de se faire connaître; il n'y en avait pas qui parût plus commode, plus rapide, plus sûr, que les lectures publiques ; aussi eurent-elles, dès le début, un grand succès. Les empereurs les favorisaient. Auguste prenait plaisir à y assister : « il écoutait avec bienveillance, dit Suétone, non seulement ceux qui lisaient des poèmes et des histoires, mais des discours et des dialogues ». Claude qui, dans sa jeunesse, avait écrit une histoire romaine, d'après les conseils de Tite Live, et l'avait lue devant une grande assemblée, aima toujours beaucoup les lectures publiques. Pline rapporte qu'un jour, ayant entendu un grand bruit, il en demanda la cause, et que, comme on lui répondit que c'était Nonianus qui lisait un de ses ouvrages, il quitta tout et vint prendre place parmi les auditeurs. Domitien lui-mème, qui se piquait d'aimer les lettres, lut en public des poésies qu'il avait composées. C'était, à ce qu'il semble, le plus beau temps des lectures publiques. Pourtant, Pline se plaint qu'on n'y assiste plus avec le même empressement qu'autrefois, qu'on invente toute sorte de prétextes pour s'en dispenser, ou que, si l'on consent à s'y rendre, on y vienne quand elles sont commencées, et l'on s'en aille avant qu'elles ne soient finies. Néanmoins, elles se maintinrent jusqu'à la fin de l'Empire et ne disparurent qu'avec les lettres elles-mêmes. Comme elles réunissaient d'ordinaire un public nombreux, on ne pouvait pas les donner partout. On s'occupa donc d'aménager ou même de construire des salles spéciales. Les grands seigneurs en firent bâtir chez eux. Jusqu'à présent, on n'en a pas retrouvé, ni à Pompéi, ni ailleurs; ce qu'on peut soupçonner, c'est que ces salles devaient avoir la forme d'un théâtre. Ce qui remplaçait la scène, c'était le "suggestus", sorte de tribune ou de chaire élevée, destinée au lecteur. Juvénal parle de l'"orchestra", qui était garnie de chaises, occupées sans doute par les personnages importants; au fond, sur des gradins de bois, se plaçaient les clients, les affranchis, et surtout les claqueurs. Plus tard, l'empereur Hadrien fit construire l'"Athenaeum", où les poètes et les orateurs lisaient leurs ouvrages. Jusqu'à l'époque où l'"Athenaeum" fut bâti, les écrivains romains, qui voulaient se faire connaître, avaient d'abord à se pourvoir d'une salle de lectures. Tantôt ils la louaient, tantôt ils l'empruntaient à quelque riche personnage qui en possédait une chez lui, et qui voulait bien la leur prêter. Mais il la prêtait comme elle était, c'est-à-dire sans meubles. Il fallait la garnir de chaises, de banquettes, faire rétablir ou raffermir les gradins, "auditorium struere", ce qui coûtait cher et ne rapportait rien. Les applaudissements qui accueillaient la "Thébaïde" de Stace, et qui, au dire de Juvénal, ébranlaient la salle de lecture, n'empêchaient pas le poète de mourir de faim. Aussi les écrivains pauvres, qui ne pouvaient pas faire ces dépenses, avaient-ils recours à des procédés moins coûteux : ils lisaient leurs vers en plein Forum, sous les voûtes des salles de bain, «"qui font résonner agréablement la voix », ou sous les portiques, au risque d'être accueillis, comme Eumolpe, à coups de pierre. Les lectures publiques étaient fréquentes à toutes les époques de l'année. Pline parle d'un mois d'avril pendant lequel il ne s'est pas passé de jour où quelqu'un ne fît quelque lecture. On lisait beaucoup aussi au mois d'août, quand la politique prenait ses -vacances. Il était donc assez difficile de se procurer des auditeurs; on les avertissait d'avance par des lettres ou des billets ("per libellos aut codicillos"), et, pour être sûr que l'invitation ne serait pas oubliée, on avait soin de leur en rappeler plusieurs fois le souvenir. Le jour venu, celui qui devait lire s'y préparait comme un acteur pour une représentation de théâtre; il prenait des breuvages émollients pour s'assouplir le larynx. Si nous en croyons Perse, il se présentait devant ses auditeurs « bien peigné, couvert d'une toge neuve, portant des bagues à ses doigts et regardant l'assistance avec un oeil caressant» . D'ordinaire, il faisait précéder sa lecture d'une "praefatio" où il remerciait le public de sa complaisance, et donnait en quelques mots une idée de son ouvrage; puis il le lisait le mieux qu'il pouvait, ou, s'il craignait d'y mal réussir, le faisait lire par un de ses esclaves ou de ses affranchis. On peut croire qu'à peu près toute la littérature de l'époque impériale s'est produite dans les lectures publiques. Quelques-uns des ouvrages les plus importants de ce temps portent la marque manifeste de cette origine. Ce sont, pour l'épopée, la "Thébaïde" de Stace ; pour l'histoire, l'abrégé de Florus ; pour la poésie dramatique, les tragédies de Sénèque; pour l'éloquence, le "Panégyrique" de Pline. On voit bien, quand on lit ces ouvrages, qu'Horace n'avait pas tort d'être mal disposé pour les lectures publiques, lorsqu'il les vit commencer, et de refuser d'y prendre aucune part. Il prévoyait sans doute la déplorable influence qu'elles devaient avoir sur les lettres latines; il comprenait que ces succès faciles, auprès d'amis complaisants, entretiendraient la vanité des auteurs, qu'ils les habitueraient à se contenter d'oeuvres médiocres, qu'ils voyaient si bien réussir, et à se dispenser de tout effort pour les perfectionner; qu'ils seraient portés à ne plus tenir compte que des qualités qu'ils voyaient réussir dans ces sortes d'exhibitions littéraires ; que, par exemple, ils négligeraient la composition de l'ensemble, l'harmonie et la liaison des parties, pour ne s'occuper que des détails qui frappent seuls dans une lecture rapide, pour chercher uniquement à ranimer l'attention d'un public distrait et à provoquer ses applaudissements, par ces pensées éclatantes, qu'on appelait sententiae, et qui sont ce qui domine dans la littérature de l'Empire. (Gaston Boissier in “Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio”, Hachette, 1877-1919, pp. 1012-1014)
Urls : http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/feuilleter.xsp?tome=3&partie=2&numPage=135&nomEntree=LECTOR&vue=image (last visited ) http://amata.unisal.it/rhetor/rh_1.html (last visited )

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