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1881 __ Piano électrique
Baudet (?-?)
French comment : M. Baudet bien connu des musiciens pour son charmant piano quatuor, a envoyé à l'exposition [internationale de l'électricité] un piano électrique très curieux qui est une conception entièrement nouvelle et n'ayant aucun rapport avec les pianos électriques de MM. Spiess, Hipp et Froment déjà inscrits dans l'"Exposé des applications de l'électricité" de M. Th. du Moncel. Dans ce système, en effet, on n'a pas eu pour but de faire fonctionner électriquement les marteaux du piano, afin de pouvoir le faire agir à distance, mais simplement d'ajouter au mécanisme des pianos ordinaires, un dispositif électro-magnétique permettant de prolonger les sons et de leur faire produire des effets d'orgue d'une grande suavité. A cet effet, on a adapté au haut du piano et au-dessus de chacune des cordes, de petits marteaux supplémentaires conduits par des armatures d'électro-aimants disposées en trembleurs, comme dans les sonneries électriques. On s'est arrangé, d'ailleurs, et c'est là la condition importante, pour que les vibrations de ces sortes de trembleurs fussent à l'unisson de celles des cordes du piano auxquelles ils correspondent. Un simple réglage de l'écart de l'armature suffisait pour cela. Si l'on suppose maintenant au-dessous de chacune des touches du piano, un interrupteur de courant constitué, soit avec des ressorts en col-de-cygne, comme dans l'enregistreur des improvisations musicales de M. Th. du Moncel, soit avec des tiges plongeant dans du mercure, comme dans l'orgue de Saint-Augustin, et que les fermetures du courant ainsi produites, puissent animer les électro-aimants des trembleurs, à chaque abaissement des touches, on comprendra aisément qu'au moment où l'on touchera le piano, il se produira pour chaque note, un double effet : 1) celui, déterminé par les marteaux du piano, 2) celui, résultant des vibrations des trembleurs. Les premiers seront brusques, comme ceux des pianos ordinaires ; les seconds, seront prolongés comme ceux de l'orgue, et dureront tout le temps que le courant sera fermé, c'est-à-dire, tout le temps que les touches du piano seront abaissées. Or, il résulte de ces deux caractères d'effets que, suivant le mode d'attaque de la note par le musicien, on peut obtenir des sons très différents. Si l'on touche le piano avec vigueur et prestesse, les sons produits par les marteaux du piano, prédomineront, et on ne distinguera qu'un jeu de piano ordinaire ; mais, si on joue avec une certaine lenteur, sans forcer la note, on n'aura guère que les sons résultants des vibrateurs, c'est-à-dire, des sons d'orgue, extrêmement agréables à l'oreille. Enfin, pour un jeu moyen, on aura les deux effets combinés. Dans les notes graves, ces effets sont excellents, car le synchronisme des vibrations des trembleurs et des cordes correspondantes peut s'effectuer aisément ; mais dans les sons aigus, le problème est plus difficile à résoudre, et dans l'appareil exposé, on n'obtient guère que des effets de trémolo qui disparaissent même par un jeu rapide de l'appareil. Sous ce rapport, l'instrument a besoin d'être perfectionné et d'avoir pour organes électro-magnétiques des électro-aimants d'une masse plus petite, et ayant moins de magnétisme rémanent ; mais cette convention n'est qu'à son début, puisqu'elle n'a été combinée qu'en vue de l'Exposition électrique, et nous ne doutons pas que toutes les imperfections qu'on remarque ne disparaissent promptement à la suite de nouvelles études. En attendant, nous pouvons dire que le résultat déjà obtenu est très intéressant, et donne lieu de supposer qu'on pourra tirer de ce système un grand parti. Naturellement, le dispositif électrique ne fonctionne qu'à la volonté de l'artiste, et pour le mettre en action, il suffit d'appuyer sur un interrupteur placé sur le côté gauche du piano. On peut donc se servir de cet instrument comme d'un piano ordinaire. [...] (In "La Lumière Électrique)Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 4, n°27-52, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 3ième Année, Mercredi 28 septembre 1881, No. 52, pp. 416-417).
Urls : http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.4/420/100/432/0/0 (last visited )

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