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1881 __ Exposition Internationale de l’Électricité
Comment : From August to November 1881 the first International Electrical Exhibition was held in Paris at the Palais de l'Industrie with an associated international congress. Great advances in electrical technology, especially in electric lighting, had been made and the exhibition was the showcase for a new branch of engineering-electrical engineering. Early in 1881 the British Government had been invited to appoint a national commissioner to "look after the interests" of British exhibitors, but when the government refused on the grounds of cost, The Institution's (then the Society of Telegraph Engineers) Council appointed a committee under Lord Crawford and Balcarres, a former Vice President, to do the job. [...] The scope of the exhibition was to encompass "The Works of Electricians of all ages". the Electrician reported that "Applied electricity is taking what may fittingly be called a new departure. From being mainly confined to the purposes of the telegraph and the arts, it has latterly shown promise of being largely applicable to illumination, and for the performance of mechanical work". Four inventors of incandescent lamps displayed their systems. Edison, Swan, Lane Fox and Hiram Maxim all participated. Edison lit two rooms near the Congress, including the Grand Salon of the Paris Opera and Swan lit a smaller room. Edison's display was not ready for the opening of the exhibition, but frantic efforts ensured that his system received the most favourable coverage in the French Press. British press coverage was more balanced, concluding that while Edison's and Swan's lamps produced much the same effect, Edison aimed at giving a complete system which could "compare favourably, and compete successfully, with gas". There was also an historical section where the apparatus used by pioneers such as Volta, Oersted, Ronalds, Faraday, and Wheatstone were displayed. Latimer Clark displayed several of his fine books devoted to the history of the subject, including a 1558 edition of Porta's Magiae Naturalis, Libri iiii, in which an "imaginary telegraph" is described. (The Institution of Engineering and Technology)International exhibitions were the 19th century's most spectacular means for showing off the achievements of a rapidly expanding industrial civilization. Besides large general exhibitions, such as London's Crystal Palace of 1851 or Philadelphia's Centennial of 1876, more specialized shows were popular means for spreading the word of the progress offast-changing fields-most significantly, electricity. Paris in 1881, London in 1882, and Vienna in 1883 were sites of international electrical exhibitions. Philadelphia's Franklin Institute organized the International Electrical Exhibition of 1884. For nearly a half century, the application of electricity meant telegraphy. It is easy now to forget what a wonderful thing the telegraph was to people in the 19th century, so crude and simple does it seem next to the electrical and electronic marvels of a later day. One must think back to what it meant to introduce instantaneous communication between distant points into a society that had never known anything like it. Although commonplace by the 1880s, the telegraph had not yet lost its fascination and was the only electrical technology known or understood by many in Philadelphia. (In "A Century of Electricals", 2009)
French comment : La première Exposition internationale d'Électricité eut lieu à Paris entre le 15 août 1881 et le 15 novembre 1881 au Palais de l'Industrie, sur les Champs-Élysées. Elle fait suite à l'Exposition universelle de 1878 où les avancées de l'électrotechnique n'avaient pas, selon les promoteurs de celle-ci, pu être mises suffisamment en valeur. Cette exposition eut un retentissement considérable. Le public put y admirer la dynamo de Zénobe Gramme, les ampoules électriques de Thomas Edison, le tramway électrique de Werner von Siemens, le téléphone de Alexandre Graham Bell, un réseau de distribution par Marcel Deprez, une voiture électrique par Gustave Trouvé,... Adossé à l'exposition, le premier Congrès international des Électriciens, qui se tint dans les salles du Palais du Trocadéro, fut l'occasion de nombreuses communications scientifiques et techniques. Georges Berger en fut le commissaire général. L'exposition, après la mise à disposition du palais par l'État, est organisée sur des fonds privés. Les organisateurs s'assurent contre d'éventuelles pertes comme lors de l'Exposition universelle de 1867; les bénéfices, quant à eux, seraient versés au profit d'œuvres scientifiques d'intérêt public (Art. 3). (Compiled from various sources)Le 11 août, on ouvrit au public l'Exposition encore inachevée, parce que c'est la seule manière de faire terminer une installation quelconque, aussi bien pour les Expositions que pour les maisons d'habitation ; mais quand il s'agit d'électricité, ce n'est pas tout que de mettre les machines, les appareils à la place qu'on leur a destinée, il faut encore les relier les uns aux autres, de manière à obtenir la manifestation désirée. En électricité, les appareils au repos disent peu de chose, la manifestation seule peut donner une idée juste de l'appareil et en expliquer les combinaisons. Il fallut un bon mois après l'ouverture pour offrir au public une œuvre aussi complète que possible ; aujourd'hui encore quelques machines importantes manquent encore. (In Julien Turgan, “Exposition internationale d’électricité”, p. 29)La téléphonie.Parmi les applications immédiates de l'électricité qui ont été mises en lumière par l'Exposition, la téléphonie a été inconstestablement la plus universellement appréciée, si bien appréciée que c'est maintenant une grosse industrie ayant déjà donné naissance à plusieurs industries secondaires. Et ce n'est pas seulement par l'intelligente création des appareils en eux-mêmes, mais surtout l'habile usage qu'on a su en faire. Dans l'acclimation d'une industrie destinée à desservir un besoin général, il faut considérer l'agencement autant et plus encore que les appareils eux-mêmes formant la base de cette industrie ; sans cela, on reste presque indéfiniment sur le terrain scientifique, qui ne produit aucun revenu, et une application scientifique quelconque ne devient une industrie utile et vivace que si elle crée, je ne dis pas un revenu net, qui dépend d'éléments si divers, mais un revenu brut assez important pour indiquer clairement qu'un certain nombre de personnes sont disposées à payer en argent, et non en admiration et en compliments, les mérites de l'invention nouvelle. Pourquoi les téléphones ont-ils réussi avec une telle rapidité ? C'est qu'ils desservaient un besoin non desservi. Ni la poste, ni le télégraphe, ni même les dépêches pneumatiques, que l'administration française persiste à faire écrire sur papier bleu foncé, ce qui les rend illisibles passé trois heures de l'après-midi, ne pouvaient donner à deux personnes la possibilité de communiquer entre elles instantanéments, d'échanger leurs idées, de donner un ordre, d'établir une transaction aussi rapidement que si elles étaient face à face. Le téléphone ne remplaçait rien, il créait un état de choses non existant. Il s'est donc répandu avec uen rapidité telle, que les organisateurs de la société qui l'exploite ont été et seront encore longtemps au-dessous des demandes incessantes et presque désespérées de leurs souscripteurs. A l'Exposition, elle a captivé les visiteurs, qui se sont résignés à de longues attentes pour pouvoir écouter pendant deux minutes les merveilleux appareils de M. Ader. Pas plus que l'essence même de l'électricité, la théorie de la téléphonie n'est éclaircie de manière à satisfaire absolument la science et le raisonnement. Ce que l'on sait bien, c'est qu'étant donné certaines circonstances diverses et d'heureuses combinaisons, on a pu faire entendre très-distinctement, d'abord des sons musicaux, puis la parole humaine, à tel point qu'on est arrivé à causer à distance comme on cause en présence de l'interlocuteur. Le mot "téléphonie" n'est pas nouveau. Il a été, je crois, inventé par Sudre, qui avait composé avec des clairons et des trompettes une sorte de langage s'entendant au loin. Cette téléphonie par l'air n'a pas donné tous les résultats que son inventeur s'en promettait. Depuis longtemps les corps solides et même le sol servaient de transmetteurs, utilisé d'abord par les chasseurs pour entendre le pas de animaux, et plus encore par les animaux pour percevoir la marche des chasseurs. Les peuples sauvages se servent également de ce procédé pour percevoir l'approche de leurs ennemis. La médecine usa de cette conductibilité du son par les corps solides, en inventant le stéthoscope, qui rend de si grands services. On a voulu faire remonter jusqu'en 1600 les origines du téléphone actuel. Un certain Robert Hooke aurait, d'après les compilateurs, transmis le son par un tendu ou même non tendu. Vers 1783, un autre inventeur, dom Gantey, croyait pouvoir transmettre le son à 150 lieues avec des tuyaux semblables à ceux de la pompe à feu de Chaillot. Plus tard, Wheastone [sic] créa ce qu'il appelait la lyre magique, dans laquelle une poutre de sapin servait de conducteur. Vint enfin le téléphone à ficelle, qui transmet le son assez bien, quand la ficelle est tendue, à une centaine de mètres. Plusieurs savants français et étrangers, et notamment Bourseul et Reiss, purent agencer des appareils transmettant des sons musicaux ; mais Graham Bell fut le premier qui fit un téléphone parlant. Le brevet d'invention lui fut décerné, bien qu'en même temps que lui Elisha Gray réclamât la priorité. Ce fut seulement en 1877 que le téléphone de Bell apparut en Europe. Malheureusement pour le savant inventeur, les circonstances particulières à notre législation des brevets ne purent lui assurer ses droits en France. ces droits furent remplacés bien incomplétement par une récompense académique de 50,000 francs, qu'il a eu bien du mal à toucher s'il l'a touchée. [...] C'est grâce à l'importation du téléphone d'Edison que les transmissions téléphoniques, suffisamment claires et assurées, ont été établies à Paris au n°45 de l'avenue de l'Opéra, et qu'un bureau central actif a pu se développer rapidement, jusqu'à fournir d'abord aux communications de trois ou quatre cents personnes, banquiers, agents de change, industriels, etc. [...] (Julien Turgan, pp. 49-65)
Original excerpt : « Monsieur le Président, Des découvertes importantes et inattendues ont récemment appelé d'une façon particulière l'attention publique sur tout ce qui concerne l'électricité ; en même temps, l'industrie, s'emparant de ces conquêtes de la science, a depuis quelques années multiplié leurs applications dans toutes les branches ; aujourd'hui, aucune science ne semble devoir plus que la science électrique réaliser de rapides progrès, résoudre des problèmes intéressant la vie économique des nations, et rendre enfin à toutes nos relations d'inappréciables services. L'électricité est restée longtemps un agent capricieux, inconstant, difficile à maîtriser, impossible à utiliser : avant Volta, on constatait son action ; on ne pouvait ni l'expliquer, ni la produire, ni, à plus forte raison, la mesurer. La découverte de la pile et les perfectionnements que celle-ci a bientôt reçus, les travaux d'Ampère et d'Arago sur les courants et leur action magnétique, les recherches de Faraday sur l'induction, ont ouvert des voies nouvelles et fécondes dans lesquelles le progrès ne s'est plus arrêté. La pile et l'action magnétique des courants ont créé la télégraphie. Le développement de la télégraphie a dégagé les phénomènes électriques des obscurités qui les entouraient. C'est, en effet, sur les câbles sous-marins qu'il a été possible d'étudier et de découvrir les lois suivant lesquelles l'action électrique se développe et se propage. L'électricité est une force. A mesure qu'on a appris à la connaître, on l'a rencontrée partout, tantôt cause, tantôt effet, dans les phénomènes physiques, chimiques, mécaniques et organiques. On a aujourdh'ui différents moyens de la produire. On la mesure et on l'applique aux usages les plus divers. Elle a cette propriété particulière que ses effets peuvent se transmettre par des conducteurs métalliques plus facilement et plus loin que ne peuvent le faire ceux de la vapeur par les intermédiaires mécaniques. Elle ne se borne plus à envoyer à distance des signes télégraphiques ; elle reproduit les sons et la parole elle-même. Elle contribue à la sécurité de l'exploitation des chemins de fer ; l'agriculture et la marine lui doivent des indications météorologiques de plus en plus utiles ; elle éclaire les rues, les places publiques, les magasins, les ateliers. Elle devient pour les arts et l'industrie un auxiliaire universel. Les savants et les industriels cherchent aujourd'hui, dans tous les pays du monde, à perfectionner les moyens de produire et d'utiliser la force nouvelle. Les résultats obtenus sont déjà considérables et nombreux, mais souvent encore insuffisants ou incomplets. Il y aurait grand intérêt à préciser l'état de la science électrique et de ses applications, à rapporcher et à comparer les procédés de recherches, afin d'imprimer aux effirts faits de toutes parts une direction qui les facilite et assure leur succès. Les expositions internationales et les congrès scientifiques qui les complètent si utilement ont permis de montrer les applications pratiques à côté de la théorie. C'est ce qui nous conduit à vous proposer de réunir un congrès international d'électriciens et d'autoriser simultanément une exposition internationale d'électricité, qui sera, pour ainsi dire, le laboratoire du Congrès. Cette exposition comprendra tout ce qui concerne l'électricité : elle réunira les appareils de toute nature et de toute provenance servant à la faire naître, à la propager et à l'utiliser. Le Congrès convoqué par le gouvernement français appellera les électriciens les plus illustres. Ces représentants de la science merveilleuse qui vient à peine de révéler l'immensité de ses ressources et qui déconcerte l'esprit par ses surprises incessantes, discuteront les résultats acquis et les idées nouvellement émises ; ils grouperont et coordonneront leurs forces afin d'utiliser sûrement les observations faites dans chaque contrée et de s'aider mutuellement dans leur investigations futures. Les nations étrangères conviées par la France saisiront avec empressement cette occasion de codifier, pour ainsi dire, la science électrique et d'en sonder les profondeurs. Elles sauront gré au gouvernement de la République française de s'être fait le promoteur d'une manifestation scientifique dont l'opportunité ne paraît pas contestable, et qui aura pour corollaire l'Exposition internationale d'électricité. Le Congrès doit être l'œuvre du gouvernement, car lui seul peut donner à l'entreprise le caractère d'indépendance qui est la condition essentielle du succès. Quant à l'Exposition, elle sera facilement organisée par l'initiative privée. Le patronage et le concours bienveillant de l'État lui seront toutefois assurés, et le palais des Champs-Élysées sera mis gratuitement à la disposition des organisateurs. L'action du gouvernement se complètera par l'intermédiaire d'une commissaire général [M. Berger] qui aura à la fois la mission d'assurer, sous notre direction, le fonctionnement du Congrès et de surveiller les services généraux de l'Exposition. Le gouvernement désignera les membres français du Congrès : la science officielle, l'industrie, les Sociétés savantes de Paris et des départements y auront leurs représentants. Si la présidence d'un congrès appartient par tradition au pays où la réunion a lieu, la moitié des vice-présidences sera, par contre, réservéeaux invités de la France. L'Exposition internationale d'électricité sera ouverte le 1er août 1881 et close le 15 novembre suivant. Les travaux du Congrès international des électriciens commenceront le 15 septembre 1881 dans les salles du palais du Trocadéro. Le département dont relève le service des télégraphes est le plus directement intéressé dans la question. Son personnel prend une grande part à tout ce qui concerne l'électricité ; il en étudie les diverses découvertes et en prépare les applications. Il est en relation avec tous les électriciens des divers pays. La télégraphie elle-même recueillera un grand profit de l'Exposition et du Congrès ; elle pourra y puiser de larges améliorations. C'est dans cette pensée que j'ai fait préparer le projet de décret ci-joint [du 23 octobre 1880], et j'ai l'honneur de le soumettre à votre haute approbation. Veuiller agréer, Monsieur le président, l'assurance de mon respectueux dévouement.Le Ministre des Postes et des Télégraphes, Ad. Cochery. » (Lettre au Président de la République française, Jules Grévy, In “Exposition internationale d’électricité”, Turgan, pp. 6-8)
Source : Caron, François & Cardot, Fabienne (1991), "Histoire de l'Électricité en France", Tome 1, 1881-1918, Paris : Fayard.
Source : Turgan, Julien (1882), "Les Grandes Usines - Études industrielles en France et à l'Étranger", Paris : Calmann-Lévy.
Source : Caron, Francois & Berthet, Christine (1984), "Electrical innovation: State initiative or private initiative? Observations on the 1881 Paris exhibition", In History and Technology, Volume 1, Issue 3 & 4 1984 , pp 307-318.
Source : Du Moncel, Theodore (1881), “Les progrès de la téléphonie”, extrait d’une conférence faite à l’Exposition d’Électricité le 25 octobre 1881, In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 5, n°53-78, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 2 novembre 1881, No. 62, pp. 165-169.
Source : Du Moncel, Theodore (1881), “Les progrès de la téléphonie”, extrait d’une conférence faite à l’Exposition d’Électricité le 25 octobre 1881, In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 5, n°53-78, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 5 novembre 1881, No. 63, pp. 184-186.
Urls : http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY15.14/171/100/324/33/254 (last visited ) http://seaus.free.fr/spip.php?article500 (last visited ) http://www.museedeslettres.fr/public/detail_oeuvre.php?id=126&PHPSESSID=2219e33523091c8cd54c0c7c2d3003b8 (last visited ) http://www.theiet.org/about/libarc/archives/featured/paris-exhibition.cfm (last visited ) http://www.ieeeghn.org/wiki/index.php/A_Century_of_Electricals (last visited ) http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.5/169/100/472/0/0 (last visited ) http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.5/188/100/472/0/0 (last visited )

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