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1878 __ Télectroscope
Louis Figuier (1819-1894)
Comment : The telectroscope was the first non-working prototype (i.e. conceptual model) of a television system. The term was also used in the 19th century to describe imaginary systems of distant seeing. The term "telectroscope" was used by the French writer and publisher Louis Figuier in 1878 to popularize an invention he wrongly interpreted as real and ascribed to Alexander Graham Bell. Figuier was probably misled by the article "The Electroscope" published in The New York Sun of 29 March 1877. Written under the pseudonym "Electrician", the article claimed that an "an eminent scientist", whose name had to be withheld, had invented a device whereby objects or people anywhere in the world "could be seen anywhere by anybody". According to the article, the device would allow merchants to transmit pictures of their wares to their customers, the contents of museum collections would be made available to scholars in distant cities, and (combined with the telephone) operas and plays could be broadcast into people's homes ("The Electroscope", The New York Sun, March 29, 1877). In reality, the fake "electroscope" described in the article had nothing to do with the real electroscope and did not exist. Nevertheless the word "telectroscope" was widely accepted. It was used to describe the work of nineteenth century inventors and scientists such as Constantin Senlecq, George R. Carey, Adriano de Paiva, and later Jan Szczepanik, who with Ludwig Kleiberg obtained a British patent for his device in 1897. Szczepanik's telectroscope was covered in the New York Times on April 3, 1898, where it was described as "a scheme for the transmission of colored rays". Szczepanik's experiments fascinated Mark Twain, who wrote a fictional account of his work in his short story From "The London Times" of 1904. Both the hoax "electroscope" of 1877 and Mark Twain's fictional telectroscope had an important effect on the public. They also provided feedback to the research. Neither the fictional nor the real nineteenth century prototype telectroscopes were real television systems. Even after the invention of the scanning disk by Paul Nipkow the prototype telectroscopes did not ensure the satisfactory quality of image transmission. While it was held as a placeholder theorem, the Telectroscope was often hailed as a leader in electroconductive entropic relays. "Telectroscope" was eventually replaced by the term "television" most probably coined by Constantin Perskyi in 1900. (Compiled from various sources)
French comment : Graham Bell a déposé son brevet de téléphone le 14 février 1876 et présenté son téléphone lors de l'Exposition de Philadelphie en 1876. L'appareil fait l'objet de perfectionnements, proposés notamment par Thomas Edison, durant l'année 1877 et suscite l'enthousiasme des milieux scientifiques européens. Louis Figuier, grand vulgarisateur scientifique français, consacre au téléphone ("invention vraiment merveilleuse"), un long article dans le volume 1877 de “L'année scientifique et industrielle, Vingt et unième année” (1877), Librairie Hachette et C°, Paris, 1878. Mais le plus étonnant est que cet article est immédiatement suivi par un autre article intitulé "Le télectroscope, un appareil pour transmettre à distance les images", qui attribue à Graham Bell l'invention de cet appareil. On ne prête qu'aux riches ! Il n'existe aucune trace connue de contribution de Bell sur le télectroscope à cette date et l'affirmation selon laquelle "les journaux de Boston affirment que les expériences faites dans cette ville, pour produire ainsi les images à distance, ont parfaitement réussi" n'a pas, à notre connaissance, été confirmée. Figuier lui-même paraissait sceptique, puisqu'il termine son article en écrivant "...mais il faut attendre des descriptions exactes de l'appareil pour croire à cette annonce". On a parfois émis l'hypothèse que l'attribution du télectroscope par Figuier à Graham Bell provenait d'une confusion avec les travaux de Bell sur le photophone, appareil permettant la transmission des sons par le biais de rayon lumineux et recourent, comme les projets télectroscope, aux propriétés du sélénium. Mais la spécification provisoire du photophone est datée du 2 janvier 1879 et le résultat des travaux n'ont été révélés qu'en septembre 1880 BELL, A.G., "Selenium and the Photophone", Nature, 22, 23 Sept. 1880. Il est possible que les nouvelles en provenance de Boston étaient relatives aux travaux de Georges R. Carey, qui ne sont attestés qu'à partir de mai 1879, dans un article du Scientific American, mais dont Carey, qui travaillait à Boston, prétend qu'il y a pensé dès 1876. Mais Carey n'a dessiné son modèle de caméra qu'en juin 1878 et ne semble pas avoir communiqué sur celui-ci avant mars 1879. Mais il est plus probable que l'article de Figuier n'est qu'un écho français au canular lancé par le New York Sun du 29 mars 1877, dans l'article The Electroscope, décrivant un appareil assez similaire à celui évoqué par Figuier. Un des lecteurs de l'article de Figuier fut Adriano de Paiva, qui le cite dans son article "A telefonia, a telegrafia e a telescopia" in O Instituto - revista científica e literária, XXV ano, Segunda Serie, Julho de 1877 a Junho de 1878, nº 9, pp. 414-421, Coimbra, Imprensa da Universidade, Março de 1878. Il est également probable que le texte de Figuier ait inspiré Albert Robida qui, dans son ouvrage Le Vingtième siècle (1883), imagine la diffusion d'opéra par le biais du téléphonoscope. Bien que probablement fondé sur une rumeur, l'article de Figuier peut être considéré comme le premier article scientifique présentant une idée de télévision. (André Lange)
Original excerpt : « Le télectroscope, ou appareil pour transmettre à distance les images. Après l'invention de la transmission des sons à distance par le téléphone, il fallait bien songer à la perception des images à distance. Le télectroscope de M. Graham Bell est, dit-on, appelé à réaliser cette nouvelle merveille. Le télectroscope serait à la vision ce que le téléphone est à l'ouïe. M. Graham Bell prétend, en effet, obtenir ce prodigieux résultat avec la réunion des deux appareils électriques que nous venons de nommer : si bien qu'il serait possible d'entendre à San Francisco un opéra représenté à Paris, et de voir en même temps les acteurs sur la scène ou le public dans la salle. Le télectroscope est un appareil fondé, comme le téléphone, sur la transmission électrique. Il se compose de deux chambres placées, l'une au point de départ, l'autre au point d'arrivée. Ces chambres sont reliées entre elles par des fils métalliques convenablement combinés. La paroi antérieure et interne de la chambre de départ est hérissée de fils imperceptibles, dont l'extrémité apparente forme, par leur réunion, une surface plane. Si l'on place devant cette surface un objet quelconque, et si les vibrations lumineuses répondant aux détails des formes et des couleurs de cet objet sont saisies par chacun des fils conducteurs et transmises à un courant électrique, elles se reproduiront identiquement à l'extrémité de ces fils. Les journaux de Boston affirment que les expériences faites dans cette ville, pour reproduire ainsi les images à distance, ont parfaitement réussi ; mais il faut attendre des descriptions exactes de l'appareil pour croire à cette annonce. »
Source : Figuier, Louis (1877), “L'année scientifique et industrielle ou Exposé annuel des travaux scientifiques, des inventions et des principales applications de la science à l'industrie et aux arts, qui ont attiré l'attention publique en France et à l'étranger”. Vingt et unième année (1877), Librairie Hachette, Paris, 1878.
Source : Figuier, Louis (1878), “Le télectroscope, ou appareil pour transmettre à distance des images”, L’Année Scientifique et Industrielle, 21, n°6, 1878, pp.80-81.
Source : Lange, André (1986), “Stratégies de la musique”, Pierre Mardaga, Bruxelles-Liège, 1986.
Urls : http://histv2.free.fr/19/figuier.htm (last visited )

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