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1873 __ « Projet de communication avec les habitants de Venus »
Charles Émile-Hortensius Cros (1842-1888)
Comment : The inventor Charles Cros was convinced that pinpoints of light observed on Mars and Venus were the lights of large cities. He spent years of his life trying to get funding for a giant mirror with which to signal the Martians. The mirror would be focused on the Martian desert, where the intense reflected sunlight could be used to burn figures into the Martian sand. (Compiled from various sources)In his book “Études sur les moyens de communication avec les planètes” (1869; "Studies on the Means of Communication with the Planets"), he projected a huge concave mirror with focal length equal to the distance of Mars or Venus from the Earth. Sunlight concentrated by the mirror would fuse the planetary surface in geometric patterns that would presumably be intelligible to higher forms of life anywhere in the universe. (. (Britannica Online)Although little known outside of his native France, Charles Cros (1842-1888) truly was one of the great visionaries of an age of visionaries. He has been described as a figure of transition between the reign of poetry and the patent. A well regarded of poet and writer of humorous stories on one hand and a creative inventor on the other. As an inventor, however, he may also be described as one of the unluckiest. One area where Cros is still remembered is with regard to his proposal for interplanetary communication. He presented to a conference in 1869, a "Study on the means of communication with the planets" in which he proposed a method of communication with the inhabitants of Mars and Venus. His idea revolved around using an extremely bright light concentrated by an array of parabolic reflectors (these days communication through space is achieved with radio waves but these are, after all, really the same thing). Images could be transmitted by breaking them up into individual pixels, either on or off, and then sending them a line at a time using an encoding that these days we would call run-length encoding. A few years later he repackaged these ideas into a short story ("Un Drame Interastral", 1872) about an interplanetary communication that went horribly wrong. Once again Cros was a pioneer, this time in the field science fiction. (Compiled from various sources)
French comment : En 1873, la revue La Nature (p.287) publie dans sa chronique "Académie des sciences" (séance du 23 septembre 1873) un compte-rendu du "Projet de communication avec les habitants de Venus".Projet de communication avec les habitants de Vénus.“Un jeune savant qui s'est déjà signalé par plusieurs travaux marqués au coin de l'originalité la plus remarquable, M. Charles Cros, pense que le prochain passage de Vénus serait une occasion favorable pour savoir s'il y a des habitants dans cette planète, et, dans ce cas, pour entrer en relation avec eux. Comme le fait remarquer M. Cros, "Il est possible que Vénus soit habitée; il est possible qu'il y ait des astronomes parmi ses habitants, il est possible que ces astronomes jugent que le passage de leur planète sur le disque solaire peut attirer notre curiosité; il est enfin possible qe ces savants essayent, à l'aide de moyens particuliers, de nous envoyer des signaux, précisément à l'instant où ils peuvent supposer que beaucoup de télescopes sont braqués sur leur planète." Nous nous permettrons une seule observation tirée surtout des conversations se rattachant à l'observation sidérale : c'est qu'il y aurait, suivant toute probabilité, avantage à renverser les rôles, en remplaçant Vénus par Mars : c'est-à-dire qu'il faudrait saisir le moment d'un passage de la terre par rapport à Mars et essayer de faire des signaux aux habitants supposés de cette planète. Tout porte à croire, en effet, que les habitants de Mars doivent être plus avancés que nous sous tous les rapports et à l'inverse des habitants de Vénus, planète plus jeune; ils peuvent donc être mieux préparés à saisir nos tentatives de correspondance, d'autant plus que, parmi eux, un autre Charles Cros a pu faire une proposition relative à la terre, mais toute analogue à celle que l'Académie reçoit au sujet de Vénus. (Stanilas Meunier)Au mois de mai 1869, Camille Flammarion avait invité Charles Cros à faire une conférence sur son projet de communication avec les planètes (In Camille Flammarion, "Mémoires d'un Astronome"). A la suite de cette conférence, l'étude de Charles Cros fut publiée dans le "Cosmos" des 7, 14 et 21 août 1869, puis en brochure séparée la même année. Elle fut encore repriduite in extenso à deux reprises au moins par C. Flammarion, en 1897 dans le "Bulletin de la Société astronomique de France" et en 1898 dans son petit ouvrage "Excursions dans le ciel". Le projet de Charles Cros était rien moins que d'entrer en communication avec nos proches voisines, Vénus et Mars, au moyen de transmissions lumineuses. [...] Une fois le projet réalisé, il est indispensable que les habitants de Vénus ou de Mars ne prennent pas le phénomème lumineux pour une manifestation naturelle, une activité volcanique par exemple, et qu'au contraire leur apparaisse de façon incontestable son origine voulue. Mais des apparitions et disparitions suivant une loi périodique simple, des signaux qui n'auraient pour effet que d'attirer l'attention ne paraissent pas suffisants à Charles Cros qui dit nettement "On peut mieux faire". Il préconise à cet effet, comme première notion à échanger avec nos voisins extra-terrestres, celle d'une numération. (In J. Pernet, "Charles CROS et le problème de la communication avec les planètes", In "Observations et Travaux", Vol. 16, pp. 31-38, 1988)
Original excerpt : « Comme la source doit être aussi intense que possible, la lumière électrique est tout indiquée. Soit donc une puissante lampe électrique, mise au foyer d'un miroir réflecteur parabolique dont l'axe principal est dirigé sur l'axe. Les rayons lumineux qui tombent sur le miroir sont reflétés parallèlement à l'axe principal. Le faisceau qu'ils forment ainsi est théoriquement cylindrique ; mais en réalité il est conique, car d'une part, il est impossible de construire des miroirs dont la courbe soit rigoureusement exacte et d'autre part la source lumineuse n'est pas un simple point qui puisse coïncider avec le foyer [...] les rayons formeront un pinceau divergent très allongé [...]. Arrivé au niveau de l'astre, le faisceau sera assez dilaté pour envelopper entièrement cet astre et le déborder de beaucoup. [...] Il convient enfin de signaler une condition indispensable pour le fonctionnement des appareils. Chaque miroir doit être monté sur un rouage parallactique, où soient compensés les effets de la rotation terrestre, ainsi que ceux des révolutions sidérales des deux planètes. [...] Cependant, il n'est pas absolument démontré pour moi qu'il soit impossible de donner aux signaux une intensité assez grande pour qu'ils apparaissent sur la surface éclairée de la Terre comme des points plus lumineux que les parties voisines. Dans ce cas, on pourrait prendre comme source lumineuse le soleil lui-même, dont les rayons seraient reflétés et concentrés par les miroirs. [...] Les observateurs, armés des plus puissants instruments, ne quittent pas du regard l'astre interrogé. Voilà que sur la portion obscure de son disque, un petit point lumineux apparaît. C'est la réponse ! Ce point lumineux, par ses intermittences, calquées sur celles du signal terrestre, semble dire : "Nous vous avons vu ; nous vous avons compris". Ce sera un moment de joie et d'orgueil pour les hommes. L'éternel isolement des sphères est vaincu. Plus de limite à l'avide curiosité humaine qui, déjà inquiète, parcourait la Terre, comme un tigre dans sa cage trop étroite. Mais, dans cet enivrement, au milieu des rêves qui voudraient devancer le temps ù l'on saura, une réflexion surgit et fait peur. Ces rêves sont fondés sur une petite lumière qui brille bien loin dans un monde où tout, sans doute, est autre qu'ici bas. On voudrait connaître en entier, on voudrait voir, entendre et toucher ce monde mystérieux. La petite lumière n'a fait qu'irriter la soif de savoir, et la rendre intolérable. Un monde peut-il apparaître à cette lueur presque imperceptible ? C'est ce qu'il reste à voir. » (Quoted by J. Pernet)
Source : Cros, Charles (1873), "Communication avec les habitants de Vénus", CRAS, séance du 22 septembre 1873, t. LXXVII.
Source : Meunier, Stanilas (1873), "Académie des Sciences — Séance du 22 septembre 1873", in La Nature, Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie, Première Année, Paris, G. Masson, p. 287.
Source : Sicard, Monique (1998), "Passage de Vénus — Le Revolver photographique de Jules Janssen", In Études Photographiques", N°4 Mai 1998 : Photographie et hallucination/L'utopie chronophotographique.
Source : Pernet, J. (1988), "Charles CROS et le problème de la communication avec les planètes", In "Observations et Travaux", Vol. 16, pp. 31-38.
Urls : http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.1/0295/100/432/0/0 (last visited ) http://etudesphotographiques.revues.org/index157.html%20/l%20bodyftn20 (last visited ) http://adsabs.harvard.edu/full/1988O%26T....16...31P (last visited ) http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6V1N-50867GY-3&_user=10&_coverDate=06%2F08%2F2010&_rdoc=1&_fmt=high&_orig=search&_sort=d&_docanchor=&view=c&_acct=C000050221&_version=1&_urlVersion=0&_userid=10&md5=446d287d657c1a80f8a01958f876242e (last visited )

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