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1849 __ « Mémoires d’Outre-Tombe »
René de Chateaubriand (1768-1848)
Comment : Chateaubriand made the decision to write his memoirs in Rome at the close of 1803; nevertheless, he did not begin writing them until 1809, and even then found his progress slowed by numerous other projects. In 1817 he returned to the memoirs; the first manuscript, probably written while he was serving as ambassador to London, did not reach completion until 1826. At this point, he intended to entitle the book « Memories of My Life ». In 1830, however, Chateaubriand decided to change the scope of the work, revising the title to « Mémoires d'Outre-Tombe », making a thorough revision of the original text, and writing several new volumes. He divided his life before 1830 into three periods: soldier and traveler, novelist, and statesman. The project had by now become more ambitious; indeed, he tried to reproduce not only his personal exploits, but the epic historical and political events of the era. (Compiled from various sources)
French comment : C'est à Rome, vers la fin de 1803, après la mort de Mme de Beaumont, que Chateaubriand conçut pour la première fois l'idée d'écrire les mémoires de sa vie. C'est un récit autobiographique et historique, dont Chateaubriand voulait faire un témoignage posthume, commencé en 1803, rédigé principalement de 1811 à 1822, et achevé de 1830 à 1841. Dans cette œuvre, il retrace les épisodes principaux de son existence aventureuse, des landes bretonnes aux forêts du nouveau monde, de l'armée des princes en Allemagne à l'exil en Angleterre. Les Mémoires tiennent aussi un peu du récit autobiographique tel que l'avait pratiqué Jean-Jacques Rousseau. Chateaubriand livre les secrets de son inexplicable cœur, se présentant comme le véritable René, révélant l'origine des sentiments qu'il avait prêtés aux êtres imaginaires de sa création et expliquant comment peu à peu ces personnages furent tirés de ses songes. Chateaubriand transforme les Mémoires en un discours funèbre appelé à enregistrer de façon privilégiée les changements survenus dans l'histoire : disparition des hommes et des paysages, des croyances, des mœurs et des institutions. Complaisamment, Chateaubriand visite les cimetières, compte les morts et raconte les agonies, élevant ainsi le temple de la mort à la clarté de ses souvenirs, comme il se l'était promis. Il s'agit aussi d'un poème lyrique dont les sources d'inspiration sont nombreuses : la nature, la mer en particulier, l'amour, la jeunesse. Un double thème domine, la poésie du souvenir et de la mort. L'immortalité promise par la foi chrétienne ne lui suffit pas : il veut être immortel par sa gloire, dans la mémoire des hommes. (Compiled from various sources)
Original excerpt 1 : « [...] Les rois croient qu'en faisant sentinelle autour de leurs trônes, ils arrêteront les mouvements de l'intelligence ; ils s'imaginent qu'en donnant le signalement des principes ils les feront saisir aux frontières ; ils se persuadent qu'en multipliant les douanes, les gendarmes, les espions de police, les commissions militaires, ils les empêcheront de circuler. Mais ces idées ne cheminent pas à pied, elles sont dans l'air, elles volent, on les respire. Les gouvernements absolus, qui établissent des télégraphes, des chemins de fer, des bateaux à vapeur, et qui veulent en même temps retenir les esprits au niveau des dogmes politiques du quatorzième siècle, sont inconséquents ; à la fois progressifs et rétrogrades, ils se perdent dans la confusion résultante d'une théorie et d'une pratique contradictoires. On ne peut séparer le principe industriel du principe de la liberté ; force est de les étouffer tous les deux ou de les admettre l'un et l'autre. Partout où la langue française est entendue, les idées arrivent avec les passeports du siècle. [...][...] Quand la vapeur sera perfectionnée, quand, unie au télégraphe et aux chemins de fer, elle aura fait disparaître les distances, ce ne seront plus seulement les marchandises qui voyageront, mais encore les idées rendues à l'usage de leurs ailes. [...] La société, d'un autre côté, n'est pas moins menacée par l'expansion de l'intelligence qu'elle ne l'est par le développement de la nature brute. Supposez les bras condamnés au repos en raison de la multiplicité et de la variété des machines, admettez qu'un mercenaire unique et général, la matière, remplace les mercenaires de la glèbe et de la domesticité : que ferez-vous du genre humain désoccupé ? Que ferez-vous des passions oisives en même temps que l'intelligence ? La vigueur du corps s'entretient par l'occupation physique ; le labeur cessant, la force disparaît ; nous deviendrions semblables à ces nations de l'Asie, proie du premier envahisseur, et qui ne se peuvent défendre contre une main qui porte le fer. Ainsi la liberté ne se conserve que par le travail, parce que le travail produit la force : retirez la malédiction prononcée contre les fils d'Adam, et ils périront dans la servitude : “In sudore vultus tui, vesceris pane”. La malédiction divine entre donc dans le mystère de notre sort ; l'homme est moins l'esclave de ses sueurs que de ses pensées : voilà comme, après avoir fait le tour de la société, après avoir passé par les diverses civilisations, après avoir supposé des perfectionnements inconnus on se retrouve au point de départ en présence des vérités de l'Ecriture. » (Livre quarante-troisième, Chap. 3, p. 562)
Original excerpt 2 : « [...] Kings believe that by keeping watch from their thrones, they will halt the progress of ideas; they imagine that by issuing a description of principles they can have them seized at their frontiers; they are persuaded that by increasing the number of customs men, gendarmes, police spies, and military commissions, they will prevent them circulating. But ideas do not travel on foot, they are in the air, they fly about, people breathe them in. Absolute governments that establish telegraph posts, railways, steamboats, and yet at the same time wish to keep thought at the level of fourteenth century political dogma are neither here nor there; at once progressive and reactionary, they mire themselves in the confusion that results from theory and practice in contradiction one with the other. One cannot divorce industrialisation from the principle of liberty; one is forced to suppress both or accept both. Everywhere the French language extends, ideas arrive with passports issued by the century. [...][...] When steam-power has been perfected, when, united with railways and the telegraph, it has abolished distance, it will not be merely goods that travel but ideas too, re-equipped with wings. [...] On the other hand, Society is no less threatened by developments of a material nature than it is by the spread of knowledge. Imagine labour condemned to idleness by the multiplicity and variety of new machines; conceive the idea of matter, as a single universal servant, replacing the paid servants of house and farm: what will you do with the unemployed human race? What will you do with the passions fallen idle along with intellect? A vigorous body is maintained by physical exercise; if work ceases, strength fails; we will become like those Asiatic peoples, prey to the first invader, unable to defend themselves against the hand that bore a sword. Thus freedom is only preserved by effort, because effort produces strength: remove the curse pronounced against the sons of Adam: ‘In sudore vultus tui, vesceris pane: in the sweat of thy face thou shalt eat bread’ and they will die in slavery. The divine curse therefore enters into the mystery of our fate; man is less the slave of his sweat than of his thought: that is why, after studying society as a whole, after passing through various degrees of civilisation, after imagining new forms of progress, one finds oneself at the start once more, in the presence of Scriptural truths. » (Book XLII, Chapter 12 Trans. by A.S. Kline, 2005)
Source : Chateaubriand, François-René de (1849[1955]). “Mémoires d’Outre-Tombe”. Tome II, (p. 204). Paris : Hachette.
Urls : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503.image.r=telegraphe.langFR.f562.hl (last visited ) http://tkline.pgcc.net/PITBR/Chateaubriand/Chathome.htm (last visited )

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