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ca - 360 BC __ « Timaeus »
Plato (Platon) (ca 428-427 BC)
Original excerpt 1 : « [...] The sight in my opinion is the source of the greatest benefit to us, for had we never seen the stars, and the sun, and the heaven, none of the words which we have spoken about the universe would ever have been uttered. But now the sight of day and night, and the months and the revolutions of the years, have created number, and have given us a conception of time, and the power of enquiring about the nature of the universe; and from this source we have derived philosophy, than which no greater good ever was or will be given by the gods to mortal man. This is the greatest boon of sight: and of the lesser benefits why should I speak? even the ordinary man if he were deprived of them would bewail his loss, but in vain. Thus much let me say however: God invented and gave us sight to the end that we might behold the courses of intelligence in the heaven, and apply them to the courses of our own intelligence which are akin to them, the unperturbed to the perturbed; and that we, learning them and partaking of the natural truth of reason, might imitate the absolutely unerring courses of God and regulate our own vagaries. The same may be affirmed of speech and hearing: they have been given by the gods to the same end and for a like reason. For this is the principal end of speech, whereto it most contributes. Moreover, so much of music as is adapted to the sound of the voice and to the sense of hearing is granted to us for the sake of harmony; and harmony, which has motions akin to the revolutions of our souls, is not regarded by the intelligent votary of the Muses as given by them with a view to irrational pleasure, which is deemed to be the purpose of it in our day, but as meant to correct any discord which may have arisen in the courses of the soul, and to be our ally in bringing her into harmony and agreement with herself; and rhythm too was given by them for the same reason, on account of the irregular and graceless ways which prevail among mankind generally, and to help us against them. [...][...] In considering the third kind of sense, hearing, we must speak of the causes in which it originates. We may in general assume sound to be a blow which passes through the ears, and is transmitted by means of the air, the brain, and the blood, to the soul, and that hearing is the vibration of this blow, which begins in the head and ends in the region of the liver. The sound which moves swiftly is acute, and the sound which moves slowly is grave, and that which is regular is equable and smooth, and the reverse is harsh. A great body of sound is loud, and a small body of sound the reverse. Respecting the harmonies of sound I must hereafter speak. [...][...] The phenomena of medical cupping-glasses and of the swallowing of drink and of the projection of bodies, whether discharged in the air or bowled along the ground, are to be investigated on a similar principle ; and swift and slow sounds, which appear to be high and low, and are sometimes discordant on account of their inequality, and then again harmonical on account of the equality of the motion which they excite in us. For when the motions of the antecedent swifter sounds begin to pause and the two are equalised, the slower sounds overtake the swifter and then propel them. When they overtake them they do not intrude a new and discordant motion, but introduce the beginnings of a slower, which answers to the swifter as it dies away, thus producing a single mixed expression out of high and low, whence arises a pleasure which even the unwise feel, and which to the wise becomes a higher sort of delight, being an imitation of divine harmony in mortal motions. [...] » (Translated by Benjamin Jowett)
French translated excerpt 2 : « [...] Voilà ce que je déclare être le plus grand bienfait de la vue. A quoi bon vanter les autres, de moindre importance ? Seul, celui qui n’est pas philosophe peut gémir et se lamenter vainement d’en être privé par la cécité. Pour nous, disons que la cause de ce grand bien est celle-ci Dieu a inventé et nous a donné la vue, afin qu’en contemplant les révolutions de l’intelligence dans le ciel, nous les appliquions aux révolutions de notre propre pensée, qui, bien que désordonnées, sont parentes des révolutions imperturbables du ciel, et qu’après avoir étudié à fond ces mouvements célestes et participé à la rectitude naturelle des raisonnements, nous puissions, en imitant les mouvements absolument invariables de la divinité, stabiliser les nôtres, qui sont sujets à l’aberration. Il faut répéter la même chose au sujet de la voix et de l’ouïe : c’est en vue du même objet et pour les mêmes raisons que les dieux nous les ont données. En effet la parole nous a été octroyée pour la même fin et elle contribue dans la plus large mesure à nous la faire atteindre, et toute cette partie de la musique consacrée à l’audition de la voix nous a été donnée en vue de l’harmonie. Et l’harmonie, dont les mouvements sont apparentés aux révolutions de l’âme en nous, a été donnée par les Muses à l’homme qui entretient avec elles un commerce intelligent, non point en vue d’un plaisir irraisonné, seule utilité qu’on lui trouve aujourd’hui, mais pour nous aider à régler et à mettre à l’unisson avec elle-même la révolution déréglée de l’âme en nous. Les mêmes déités nous ont donné aussi le rythme pour remédier au défaut de mesure et de grâce dans le caractère de la plupart des hommes. [...][...] Nous avons à considérer maintenant le troisième organe de sensation qui est en nous et à expliquer les raisons de ses affections. D’une manière générale, nous pouvons définir le son comme un coup donné par l’air à travers les oreilles au cerveau et au sang et arrivant jusqu’à l’âme. Le mouvement qui s’ensuit, lequel commence à la tête et se termine dans la région du foie, est l’ouïe. Ce mouvement est-il rapide, le son est aigu ; s’il est plus lent, le son est plus grave ; s’il est uniforme, le son est égal et doux ; il est rude dans le cas contraire ; il est fort grand, lorsque le mouvement est grand, et faible, s’il est petit. Quant à l’accord des sons entre eux, c’est une question qu’il nous faudra traiter plus tard. [...][...] C’est encore suivant le même principe qu’il faut étudier les effets des ventouses médicinales, la déglutition, la trajectoire des projectiles, soit lancés en l’air, soit courant à la surface du sol, et aussi tous les sons rapides ou lents, aigus ou graves, tantôt dissonants, parce que les mouvements qu’ils produisent en nous sont dissemblables, et tantôt consonants, parce que ces mouvements sont semblables. Car les sons plus lents atteignent les mouvements des sons plus rapides qui les précèdent, quand ceux-ci commencent à s’arrêter et sont tombés à une vitesse pareille à celle avec laquelle les sons les plus lents se rencontrent ensuite avec eux et leur impriment leur mouvement ; mais quand ils les rattrapent, ils ne les troublent pas en leur imposant un mouvement différent ils y ajoutent le commencement d’un mouvement plus lent, en accord avec celui qui était le plus rapide, mais qui tire à sa fin, et du mélange de l’aigu et du grave, ils produisent un effet unique et procurent ainsi du plaisir aux ignorants et de la joie aux sages, qui voient dans des mouvements mortels l’imitation de l’harmonie divine. [...] » (Trad. par Émile Chambry)
Source : Plato (ca 360 BC), "Timaeus", in The Dialogues of Plato, tr by Benjamin Jowett, New York: Liveright Publishing Corp.
Source : Platon (ca 360 BC), “Timée”, Trad. par Émile Chambry, Paris : Garnier-Flammarion 1969.
Urls : http://classics.mit.edu/Plato/timaeus.html (last visited ) http://www.doc.ic.ac.uk/~rac101/concord/texts/timaeus/ (last visited ) http://ugo.bratelli.free.fr/Platon/Platon-Timee.htm (last visited )

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