NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1822 __ Diorama
Jacques Mandé Daguerre (1759-1851)
Comment : First Diorama, combining partially translucent paintings with lighting effects, opened in Paris by Louis-Jacques Mandé Daguerre (1759-1851) and Claude-Marie Bouton. The word diorama can refer either to a nineteenth century mobile theatre device, or, in modern usage, a three-dimensional model, usually enclosed in a glass showcase for a museum.The Diorama was a popular entertainment in Paris, England, Scotland, and Ireland from 1822 to 1880. An alternative to the also popular "Panorama" (panoramic painting), the Diorama was a theatrical experience viewed by an audience in a highly specialized theatre. As many as 350 patrons would file in to view a landscape painting that would change its appearance both subtly and dramatically. Most would stand, though limited seating was provided. The show lasted 10 to 15 minutes, after which time the entire audience (on a massive turntable) would rotate to view a second painting. Later models of the Diorama theater even held a third painting.Dioramas were enormous paintings 22 meters long and 14 meters high, painted on transparent linen, which gave a spectacular effect when lit by combinations of light from in front and behind. The dioramas were displayed in a specially erected buildings in Paris and London, then later in Dublin, Liverpool, Manchester and Edinburgh. Daguerre, on announcing his discovery offered it to the world, free to be used without any payment - except in England and Wales, where he gave permission only to Baird to use it or to give licences to others to use it. There was no such restriction in Edinburgh or elsewhere in Scotland. Between 1822 and 1839, Daguerre twenty of Daguerre's dioramas were displayed in Paris. Each display lasted for several months. Three of scenes painted by Daguerre were local to Edinburgh. They were: Interior of Chapel of Holyroodhouse, Edinburgh, by Moonlight; Roslyn Chapel near Edinburgh, effect of sun; Edinburgh during the Fire of 15 November 1824. (Compiled from various sources)Daguerre's aim was to produce naturalistic illusion for the public. Huge pictures, 70 x 45 feet in size, were painted on translucent material with a painting on each side. By elaborate lighting - the front picture could be seen by direct reflected light, while varied amounts and colours of light transmitted from the back revealed parts of the rear painting - the picture could ‘imitate aspects of nature as presented to our sight with all the changes brought by time, wind, light, atmosphere’. By light manipulation on and through a flat surface the spectators could be convinced they were seeing a life-size three dimensional scene changing with time - in part a painter’s 3-D cinema. To display such dioramas with the various contrivances required to control the direction and colour of the light from many high windows and sky-lights, as well as a rotating amphitheatre holding up to 360 people, a large specialist building was required. Plans for a Diorama in London were set in motion at the beginning of 1823 (one existing Diorama is located at 18 Park Square East, Regents Park, London). Taking only four months to finish the building in the centre of John Nash's facade along the east side of Park Square at the south-east corner of Regent's Park, it was opened in September 1823. (The Times: 27 September 1823, 1; 4 October 1823, 3; 30 August 1824, pp.1,2; 21 March 1825, 2; 21 February 1826, 4; 5 June 1827, 2; 24 March 1828, 6; 28 May 1829, 3; 22 April 1830, 2; 16 July 1832, 3). (R. Derek Wood)
French comment : Le nom "panorama" est une création du peintre irlandais Robert Barker (1739-1806). Il fit breveter son invention, un énorme tableau circulaire représentant la ville d'Edimbourg. Il fit fortune avec des expositions à Glasgow et à Londres, prit des assistants, et vendit des brevets à l'étranger. Le Français Pierre Prévost rendit le panorama célèbre sur le continent, et il est fréquent de le voir cité comme inventeur de ce procédé alors qu'il n'était en réalité que le génial détenteur du brevet en France. Un des assistants de Prévost, le peintre Louis-Jacques Mandé Daguerre fit fortune lui aussi avec un procédé semblable, le DIORAMA, qui était une représentation peinte de scènes de batailles napoléoniennes. D'immenses tableaux, peints sur une toile translucide, étaient illuminés de manière dramatique afin de reproduire le mouvement et l'éclairage d'une bataille. C'était donc une sorte de son et lumière avant l'heure, qui a connu un grand succès commercial dès 1822: on y allait comme aujourd'hui on va au cinéma.Le 1er Juillet 1822, le public se rendait en foule à l’ouverture d’un établissement nouveau situé sur les boulevards, et dont quelques personnes privilégiées, qui avaient pu en jouir par avance, avaient raconté les surprises merveilleuses. Pendant plusieurs années ce spectacle fut l’objet d’une admiration universelle. C’étaient d’immenses toiles, d’un fini d’exécution parfait et qui représentaient la nature avec une prodigieuse vérité. Mais ce n’était là que l’une des faces de ce spectacle nouveau. L’intérêt particulier et la nouveauté de ce spectacle, c’était le changement graduel de scènes, qui se fondaient, pour ainsi dire, les unes dans les autres, pour se remplacer sous les yeux du spectateur, sans aucun changement apparent. On entrait, et l’on se voyait, par exemple, devant la “Vallée de Sarnen”, en Suisse. Un instant après, grâce à un simple changement dans la manière d’éclairer le tableau, changement dont le spectateur n’avait aucune conscience, on se trouvait en face d’une chapelle, aux vitraux gothiques, dont la cloche, tintant avec régularité, invitait à la prière. Ce n’était plus un paysage, c’était une chapelle : la “Chapelle d’Holyrood” et le tombeau de Charles X. Apparaissait enseuite une tranquille vallée de la Suisse : la “Vallée de Goldau”. C’était un lac paisible, dormant au-dessous d’une montagne couverte de sapinset baignant les dernières maisons d’un village. La tranquillité de cette scène champêtre, l’harmonie et la vérité du tableau, transportaient le spectateur au milieu des plus riantes scènes de la nature. Mais tout à coup, le ciel s’assombrissait; une violente secousse ébranlait la montagne, qui s’abattait tout entière sur le malheureux village, et couvrait la moitié du lac de ses débris. Au lieu de la scène paisible et sereine de tout à l’heure, on avait sous les yeux le spectacle confus de la destruction et des ruines : c’était “l’éboulement de la montagne dans la vallée de Goldau”. [...] La perfection de ses tableaux était poussée si loin, que plus d’une fois on vit un spectateur jeter contre la peinture, des boulettes de papier, pour s’assurer si l’espace était devant lui, ou si c’était une simple toile. (Louis Figuier)
Original excerpt 1 : « Description des Procédés de Peinture et d'Éclairage inventés par Daguerre, et appliqués par lui aux tableaux du Diorama.Ces procédés ont été principalement développés dans les tableaux de la "Messe de Minuit", "L'Éboulement dans la Vallée de Goldau", le "Temple de Salomon", et la "Basilique de Sainte-Marie de Montréal". Tous ces tableaux ont été représentés avec des effets de jour et de nujit. À ces effets étaient jointes des décompositions de formes, au moyen desquelles, dans la "Messe de Minuit", par exemple, des figures apparaissent où l'on venait voir de voir des chaises, ou bien, dans la "Vallée de Goldau", des rochers éboulés remplaçaient l'aspect de la riante vallée.Procédé de Peinture.La toile devant être peinte des deux côtés, ainsi qu'éclairée par réflexion et par réfraction, il est indispensable de se servir d'un corps très transparent, dont le tissu doit être le plus égal possible. On peut employer de la percale ou du calicot. Il est nécessaire que l'étoffe que l'on choisit soit d'une grande largeur, afin d'avoir le plus petit nombre possible de coutures, qui sont toujours difficiles à dissimuler, surtout dans les grandes lumières du tableau. Lorsque la toile est tendue, il faut lui donner de chaque côté au moins deux couches de colle de parchemin.Premier effet.Le premier effet, qui doit être le plus clair des deux, s'exécute sur le devant de la toile. [...] Les moyens que l'on emploie pour cette peinture ressemblent entièrement à ceux de l'aquarelle, avec cette seule différence que les couleurs sont broyées à l'huile, au lieu de gomme, et étendues avec de l'essence au lieu de l'eau. On conçoit qu'on ne peut employer ni blanc, no aucune couleur opaque quelconque par épaisseurs, qui feraient, dans le second effet, des taches plus ou moins teintées, selon leur plus ou moins d'opacité. Il faut tâcher d'accuser les vigueurs du premier coup, afin de détruire le moins possible la transparence de la toile.Deuxième effet.Le second effet se peint derrière la toile. On ne doit avoir, pendant l'exécution de cet effet, d'autre lumière que celle qui arrive du devant du tableau en traversant la toile. Par ce moyen, on apreçoit en transparent les formes du premier effet; ces formes doivent être conservées ou annulées. On place d'abord sur toute la surface de la toile une couche d'un blanc transparent, tel que le blanc de Clichy, broyé à l'huile et détrempé à l'essence. On efface les traces de la brosse au moyen d'un blaireau. Avec cette couche, on peut dissimuler un peu les coutures, en ayant soin de la mettre plus légère sur les lisières dont la transparence est toujours moindre que celle du reste de la toile. Lorque cette couche est sèche, on trace les changements que l'on veut faire au premier effet. Dans l'exécution de ce second effet, on ne s'occupe que du modelé en blanc et noir sans s'inquiéter des couleurs du premier tableau qui s'aperçoivent en transparent; le modelé s'obtient au moyen d'une petite quantité de noir de pêche pour obtenir un gris dont on détermine le degré d'intensité en l'appliquant sur la couche de derrière et en regardant par devant pour s'assurer qu'elle ne s'aperçoit pas. On obtient alors la dégradation des teintes par le plus ou moins d'opacité de cette teinte. [...] Lorsqu'on a modelé cette peinture avec cette différence d'opacité de teinte, et qu"on a obtenu l'effet désiré, on peut alors la colorer en se servant des couleurs les plus transparentes broyées à l'huile. C'est encore une aquarelle qu'il faut faire [...]Éclairage.L'effet peint sur le devant de la toile est éclairé par réflexion, c'est-à-dire seulement par la lumière qui vient du devant, et le second reçoit sa lumière par réfraction, c'est-à-dire par derrière seulement. On peut dans l'un et dans l'autre effet employer à la fois les deux lumières pour modifier certaines parties du plateau. La lumière qui éclaire le tableau par devant doit autant que possible venir d'en haut; celle qui vient par derrière doit arriver par des croisées verticales; bien entendu que ces croisées doivent être tout-à-fait fermées lorsqu'on voir le premier tableau seulement. [...] Il est reconnu que les couleurs qui apparaissent des objets en général sont produites que par l'arrangement des molécules de ces objets. Par conséquent toutes les substances employées pour peindre sont incolores; elles ont seulement la propriété de réfléchir tel ou tel rayon de la lumière qui porte elle-même toutes les couleurs. Plus ces substances sont pures, plus elles réfléchissent les couleurs simples, mais jamais cependant d'une manière absolue, ce qui, du reste, n'est pas nécessaire pour rendre les effets de la nature. Pour faire comprendre les principes sur lesquels ont été faits et éclairés les tableaux du Diorama ci-dessus mentionnés, voici un exemple de ce qui arrive lorsque la lumière est décomposée, c'est-à-dire lorsqu'une partie des ses rayons est interceptée : Couchez sur une toile deux couleurs de la plus grande vivacité, l'une rouge et l'autre verte à peu près de la même valeur, faites traverser la lumière qui devra les éclairer un milieu rouge, tel qu'un verre coloré, le acouleur rouge réfléchira les rayons qui lui sont propres et la verte restera noire. En substituant un milieu vert au milieu rouge, il arrivera au contraire que le rouge restera noir tandis que le vert réfléchira la couleur verte. Mais ceci n'a complètement lieu qui dans le cas où le milieu employé refuse à la lumière le passage de tous ses rayons excepté un seul. Cet effet est d'autant plus difficile à obtenir entièrement, qu'en général les matières colorantes n'ont pas la propriété de ne refléchir qu'un seul rayon; néanmoins dans le résultat de cette expérience, l'effet est bien déterminé. [...] On comprend, d'après les résultats qui ont été obtenus au Diorama par la seule décomposition de la lumière, combien il est important d'observer l'état du ciel pour pouvoir apprécier la couleur d'un tableau, puisque les matières colorantes sont sujettes à des décompositions si grandes. La lumière préférable est celle d'un ciel blanchâtre, car lorque le ciel est bleu, ce sont les tons bleus et en général les tons froids qui sont les plus puissants en couleur, tandis que les tons colorés restent ternes.Il arrive au contraire, lorsque le ciel est coloré, que ce sont les tons froids qui perdent de leur couleur, et les tons chauds, le jaune et le rouge par exemple, qui acquièrent une grande vivacité. Il est facile de conclure de là que les rapports d'intensité des couleurs ne peuvent pas se conserver dun matin au soir; on peut même dire qu'il est physiquement démontré qu'un tableau ne peut pas être le même à toutes les heures de la journée. C'est là probablement une des causes qui contribuent à rendre la bonne peinture si difficile à faire et si difficile à apprécier; car les peintres, induits en erreur par les changements qui s'opèrent du matin au soir dans l'apparence de leurs tableaux, attribuent faussement ces changements à une variation dans leur manière de voir, tandis qu'ils ne sont souvent causés que par la nature de la lumière. »
Original excerpt 2 : « The visitors, after passing through a gloomy anteroom, were ushered into a circular chamber, apparently quite dark. One or two small shrouded lamps placed on the floor served dimly to light the way to a few descending steps and the voice of an invisible guide gave directions to walk forward. The eye soon became sufficiently accustomed to the darkness to distinguish the objects around and to perceive that there were several persons seated on benches opposite an open space resembling a large window. Through the window was seen the interior of Canterbury Cathedral undergoing partial repair with the figures of two or three workmen resting from their labours. The pillars, the arches, the stone floor and steps, stained with damp, and the planks of wood strewn on the ground, all seemed to stand out in bold relief, so solidly as not to admit a doubt of their substantiality, whilst the floor extended to the distant pillars, temptingly inviting the tread of exploring footsteps. Few could be persuaded that what they saw was a mere painting on a flat surface. The impression was strengthened by perceiving the light and shadows change, as if clouds were passing over the sun, the rays of which occasionally shone through the painted windows, casting coloured shadows on the floor. Then shortly the lightness would disappear and the former gloom again obscure the objects that had been momentarily illumined. The illusion was rendered more perfect by the sensitive condition of the eye in the darkness of the surrounding chamber. Whilst gazing in wrapt admiration at the architectural beauties of the cathedral, the spectator’s attention was disturbed by sounds underground. He became conscious that the scene before him was slowly moving away, and he obtained a glimpse of another and very different prospect, which gradually advanced, until it was completely developed, and the cathedral had disappeared. » (Frederick Collier Bakewell, about the opening of the Diorama in London on the 6th of October, 1823)
Source : Daguerre, Louis Jacques Mandé (1839), "Historique et description des procédés du daguerréotype et du diorama", Paris : Alphonse Giroux et Cie, Éditeurs, 1839, pp. 73-76.
Source : Wood, R. Derek (1993), “The Diorama in Great Britain in the 1820s”, First published in the quarterly journal History of Photography, Autumn 1993, Vol 17, No.3, pp. 284-295.
Source : Figuier, Louis (1859), “La photographie au Salon de 1859”, Paris : Hachette, p. 23-39.
Source : Bakewell, Frederick C. (1859), “Great Facts, a popular history of inventions during the present century”, London : Houlston and Wright, pp. 102-110.
Urls : http://www.midley.co.uk/ (last visited ) http://www.sav.org/fpano.html (last visited ) http://www.edinphoto.org.uk/1_P/1_photographers_daguerre.htm (last visited ) http://www.midley.co.uk/diorama/Diorama_Wood_1_3.htm (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=Qq-Cz7tB3vM (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=UgEsQpj8L3c (last visited )

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