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1796 __ Le salon et l’exposition industrielle de Paris
Comment : According to historical records at the first World Exposition in London. The Society for the Promotion of Arts, Manufactures and Commerce invited in London in 1756 and 1757 into a prize draw. The first real handicraft exhibition on German soil took place in Prague in 1791 when Leopold II’s coronation in King of Bohemia. The first exhibition as we know in the modern sense, was held in 1798 (Year VII, under the French Republican calendar) in Maison d’Orsaia No. 667 Rue de Varenne in Paris. The expo was so sucessful that the Minister Neufchateau arranged a new exhibition, the three last days of the year. This the first official “exposition” with a number of 110 exhibitors took place in an appropriate building on the Mars field (Champ de Mars). It was not the only state industries represented, but also Paris manufacturers. Thus it was found Sèvres alongside Angouleme and Leroy exhibited their watches. Boule and Gonthière their furniture. Napoleon celebrated his Italian victories in the form of marches and processions. (Compiled from various sources)
French comment : L'exposition de 1798 ne fait pas partie de la catégorie des expositions universelles; elle reste étroitement liée à la France de la Révolution. Elle a cependant sa place ici en tant que précurseur de ce que seront par la suite les expositions; en quelque sorte elle ouvre la voie. Le terme "salon" désigne la plus importante exposition d'art français, organisée dès le XVIIIème siècle, d'une périodicité variable, sous les auspices de l'Académie. Dès 1667, l'Académie Royale avait organisé une première exposition, ouverte à ses seuls membres. L'expérience fut renouvelée de manière intermittente dans la grande galerie du Louvre, puis devint annuelle et se tint au salon Carré. Elle fut placée sous contrôle des professeurs de l'Ecole des Beaux-Arts, qui constituaient un jury pour décider de l'admission des artistes. Jusqu'à la Révolution, le Salon se voulait être le grand rassemblement des artistes agréés par l'Académie royale, ceux qui avaient été recompensés par des prix prestigieux, tels que le Prix de Rome. Le Salon était donc par définition un lieu d'exposition réservé à une certaine catégorie d'artistes, l'élite caractérisée par les Primés. Or voilà qu'en 1798, un ministre, François de Neufchâteau, veut proposer une nouvelle formule de Salon, plus égalitaire, plus démocratique, ouverte à tous: "Auparavant cette exposition n'était ouverte qu'aux travaux de quelques artistes éminents, dont le mérite hors de pair était consacré par leur titre d'académicien et qui consentaient à montrer des statues, des tableaux, des gravures commandés à l'avance pour une destination spéciale" [...], alors qu'à partir de 1793, la Révolution aidant, tous les artistes eurent accès au concours et "furent admis à tenter la fortune, (si bien que) cette modification eut l'avantage de stimuler et de mettre en relief des talents méconnus". Ce nouveau Salon comporte deux autres nouveautés instaurées par François de Neufchâteau: tout d'abord, un jury d'admission "qui choisira parmi les ouvrages envoyés ceux qui lui paraissent dignes d'être exposés" est institué. Sont exemptés de cette contrainte "les ouvrages des artistes qui ont remporté des prix dans les ci-devant Académies ou dans les Ecoles Nationales qui remplacent ces établissements". Udolpho Van de Sandt nous explique "qu'il semble bien que l'effet obtenu ait été largement psychologique, décourageant certains artistes médiocres d'exposer - le jury n'élimina pas un nombre considérable d'ouvrages - et encourageant les bons artistes à le faire, d'autant qu'il fut annoncé que les meilleurs seraient primés. L'autre innovation c'est la supression, suite à l'échec du Salon de 1796, de la tenue annuelle des Salons (il n'y en aura pas en 1797). Cependant, dès l'année suivante, Neufchâteau aura la malencontreuse idée de revenir sur sa décision: 1799 verra le rétablissement à la fois du jury et du ryrhme annuel de l'exposition. Mais ce qui est intéressant dans la démarche et dans la pensée de Neufchâteau, c'est que ce renouveau des Salons devait aller de pair avec la création d'une "exposition publique annuelle des produits de l'industrie française" calquée sur ce modèle. Dans cette optique d'assimilation des deux événements, le Salon et l'exposition industrielle auront lieu en même temps, pendant les six jours complémentaires et le 1er vendémiaire, fête de la fondation de la République. Désormais, l'Industrie aurait sa place aux côtés de l'Art et serait également stimulée et mise en valeur par des concours. La notion d'art en tant que production sera dès lors de rigueur lors des prochaines expositions: Neufchâteau a en effet suggéré que les classes dans lesquelles sont répartis les produits et les stands s'organisent autour des productions industrielles, agricoles et artistiques. (Remarque: le terme "produits de l'industrie" doit être compris dans son sens le plus large. A l'époque, il se référait aussi bien aux sciences pures ou aux sciences appliquées, qu'aux techniques industrielles ou agricoles: c'est l'industrie qui dominait et non la science. Il faut attendre l'exposition universelle de 1900, pour que les sciences se démarquent enfin de l'industrie). Pour ne pas faire de discrimination entre les arts utiles et les beaux-arts, les Autorités vont procéder en même temps à la distribution des prix du concours du Salon et de ceux de l'Exposition industrielle. C'est donc au cours des festivités, que la cérémonie de remise des récompenses aura lieu: "Le ministre de l'intérieur annoncera ensuite que le Président du Directoire va proclamer les noms des citoyens qui, par des actions héroïques, par des découvertes utiles, ou par des succès dans les beaux-arts, ont bien mérité de la patrie. [...] Le ministre de l'ntérieur remettra encore la liste de ceux qui ont obtenu des brevets d'invention, et celle des manufactures dont les produits auront été distingués dans l'exposition des jours complémentaires. [...] La classe de littérature et des beaux-arts aura également désigné, et le président de l'Institut remettra aussi au Directoire les noms de ceux qui, dans les écoles de peinture, sculpture et architecture, ont obtenu les grands prix, et une notice des meilleurs tableaux, statues, dessins et estampes exposés dans le Salon du Musée". (Université de Genève, TECFA)
Original excerpt 1 : « Discours du 1er Vendémiaire prononcé par François de Neufchâteau à l'ouverture de l'exposition des produits de l'industrie française. -- Le ministre et le cortège ont fait le tour de l'enceinte consacrée à l'exposition et, comme le temple à l'Industrie n'était point terminé, le ministre s'est placé sur le tertre du Champ-de-Mars; il y a prononcé le discours suivant, à la suite duquel la musique a exécuté un air patriotique. -- "Citoyens, Ils ne sont plus ces temps malheureux, où l'industrie enchaînée osait à peine produire le fruit de ses méditations et de ses recherches; où des règlements désastreux, des corporations privilégiées, des entraves fiscales, étouffaient les germes précieux du génie; où les arts, devenus en même temps les instruments et les victimes du despotisme, lui aidaient à appesantir son joug sur tous les citoyens, et ne parvenaient au succès que par la flatterie, la corruption et les humiliations d'une honteuse servitude. Le flambeau de la liberté a lui, la république s'est assise sur des bases inébranlables; aussitôt l'industrie s'est élevée d'un vol rapide, et la France a été couverte des résultats de ses efforts. Les agitations politiques, inséparables des circonstances, des guerres intérieures et extérieures, telles que les annales du monde n'en offrent point d'exemples, des fléaux et des obstacles de tous les genres, se sont en vain opposés à ses progrès; elle a triomphé des factions, des circonstances, de la guerre; elle a vaincu tous les obstacles, et le feu sacré de l'émulation a constamment agrandi la sphère de son activité. O vous, qui douteriez encore des avantages inestimables d'un gouvernement libre, fondé sur la vertu et l'industrie, parcourez tous les départements qui s'honorent d'appartenir à la grande nation; comparez les produits de leur agriculture avec ceux qu'ils donnaient sous l'influence du despotisme; comptez les ateliers nombreux qui se sont élevés du sein des orages, et même sans espoir apparent de succès, et dites-nous ensuite si la richesse du peuple n'est pas une conséquence nécessaire de la liberté; dites-nous, si vous le pouvez, quelles seront les bornes de l'industrie française, lorsqu'elle pourra se livrer à toute son énergie, lorsque les canaux du commerce seront rouverts, lorsqu'elle se verra ombragée par l'olivier de la paix. La paix! ce mot chéri retentit dans tous les coeurs; mais, si le gouvernement ne néglige aucun moyen de vous la procurer, en conciliant la gloire de la nation et les intérêts de l'humanité; s'il est convaincu que la prospérité de la république doit avoir pour bases l'agriculture, les manufactures et le commerce, il vous appartient peut-être plus qu'à lui, artistes républicains, de hâter le moment où vous pourrez jouir de ses bienfaits. Parmi les nations policées, les arts seuls peuvent consolider la victoire et assurer la paix. Les ennemis les plus acharnés de la république, vaincus et humiliés par la valeur de nos frères d'armes, se consolent quelquefois en se repaissant de la folle espérance de faire triompher leur industrie; c'est à vous de détruire ce prestige, par l'efficacité de vos efforts; c'est à vous de leur montrer que rien n'est impossible à des hommes libres et éclairés; c'est à vous d'égaler et de surpasser vos rivaux, et vous en avez les moyens. La nature, aussi libérale pour le pays que vous habitez, qu'elle paraît avare pour la plupart de ceux qui vous envient, est secondée encore par la forme de votre constitution et par les lumières multipliées qui vous environnent. Il manquait peut-être un point central à votre émulation; l'industrie, en dispersant ses produits sur la surface de la république, ne mettait pas les artistes à portée d'établir des comparaisons qui sont toujours, dans les arts, une source de perfectionnement; d'ailleurs, le gouvernement lui-même pouvait craindre de laisser dans une obscurité décourageante les talents distingués qui honorent les départements les plus éloignés du lieu de sa résidence. C'est pour procurer aux artistes le spectacle nouveau de toutes les industries réunies, c'est pour établir entre eux une émulation bienfaisante, c'est pour remplir l'un de ses devoirs les plus sacrés, pour apprendre à tous les citoyens que la prospérité nationale est inséparable de celle des arts et des manufactures, que le gouvernement a approuvé la réunion touchante à l'inauguration de laquelle il m'a chargé de présider aujourd'hui, et qu'il en fixé l'époque à celle de la fondation de la république. Ce spectacle en effet est bien vraiment républicain; il ne ressemble point à ces pompes frivoles dont il ne reste rien d'utile. Les artistes auront enfin une occasion éclatante de se faire connaître, et l'homme de mérite ne courra plus les risques de mourir ignoré, après quarante ans de travaux. Tous les citoyens vont s'instruire et jouir à la fois, en venant contempler ici l'exposition annuelle des fruits de l'industrie française. Les savants, les hommes de lettres viendront étudier eux-mêmes les progrès de nos arts; ils auront enfin une base pour asseoir la technologie ou la théorie instructive des arts et des métiers. Cette science était presque entièrement ignorée, quand l'Encyclopédie en traça la première ébauche. Ce sont des écrivains français qui ont jeté les fondements de cette étude intéressante. Il est réservé à la France d'en réunir tout le système et d'en faire un objet d'enseignement public: peu de connaissances humaines sont plus dignes de cet honneur. En effet, la technologie ouvre à l'esprit un champ bien vaste. L'économie rurale, la minéralogie pratique, tirent du sein de la nature des matières premières que les arts et métiers savent approprier à l'usage des hommes et aux divers besoins de la société. Ces besoins sont la nourriture, le vêtement, le logement; mais les arts ne s'en tiennent pas à ce qui pourrait être strictement nécessaire pour y pourvoir à la rigueur. S'ils s'étaient bornés là, la vie humaine aurait été bien triste et bien sauvage. Pour mieux répondre à nos désirs, et pour nous rendre heureux par nos propres besoins, les arts étendent leur carrière; ils embellissent leurs produits; ils mettent tour à tour à contribution les trois règnes de la nature et les quatre parties du monde. Ils joignent l'élégance à la commodité; et nos puissances varient, et nos goûts sont flattés, en même temps que nos besoins se trouvent satisfaits. Ces arts, que l'idiome de l'ancien régime avait cru avilir en les nommant arts mécaniques, ces arts abandonnés longtemps à l'instinct et à la routine, sont pourtant susceptibles d'une étude profonde et d'un progrès illimité. Bacon regardait leur histoire comme une branche principale de la philosophie. Diderot souhaitait qu'ils eussent leur académie; mais que le despotisme était loin d'exaucer son voeu! qu'il était loin de le comprendre! Il n'envisageait dans les arts que des esclaves d'un vain luxe, et non des instruments du bonheur social. Aussi le plupart de ces arts sont restés dans l'enfance, parce qu'on les a méprisés. Cependant l'industrie est fille de l'invention, et soeur du génie et du goût. Si la main exécute, l'imagination invente, et la raison perfectionne. Les arts les plus communs, les plus simples en apparence, s'éclairent au foyer de la lumière des sciences; et les mathématiques, la physique, la chimie, le dessin, appliqués aux arts et métiers, doivent guider leurs procédés, améliorer leurs machines, simplifier leurs formes, et doubler leurs succès en diminuant leur main-d'oeuvre. Ah! rendons enfin aux artistes la justice qui leur est due! que les arts nommés libéraux, bien loin d'affecter sur les autres une injuste prééminence, s'attachent désormais à les faire valoir! Que l'éducation publique fasse connaître à nos enfants la pratique et la théorie des arts les plus utiles, puisque c'est de leur exercice que notre constitution fait dépendre sagement l'admission des jeunes gens au rang de citoyens ! [les jeunes gens ne peuvent être inscrits sur le registre civique, s'ils ne prouvent qu'ils savent lire et écrire, et exercer une profession mécanique. (Constitution titre II art XII)] que tous les ans ce temple, ouvert à l' industrie par les mains de la liberté, reçoivent de nouveaux chefs d'oeuvres! qu'une émulation active, animant à la fois tous les points de la république, engage les artistes, les fabricants en tous les genres, à venir disputer l'honneur de voir distinguer leurs ouvrages et d'entendre leurs noms retentir dans la fête auguste qui ouvre solennellement l'année républicaine ! que, pour mériter ces honneurs, ils tâchent à l'envi de perfectionner les produits de leur industrie; qu'ils s'efforcent de leur donner le caractère simple, la beauté des formes antiques et un fini plus précieux, un lustre plus parfait encore que celui dont se vantent, avec tant d'affectation, les manufactures anglaises ! Français régénérés, vous avez à la fois des modèles à surpasser et des rivaux à vaincre! Si les nations les plus libres sont nécessairement les plus industrieuses, à quel degré de gloire et de prospérité ne s'élèveront pas les arts vraiment utiles, chez un peuple qui a voulu qu'on ne pût être citoyen sans exercer un de ces arts, et avec un gouvernement qui s'honore lui-même de l'éclat qu'il se plaît à répandre sur eux ! Le Directoire exécutif a vu avec peine que le temps n'ait pas permis, cette année, de donner à cette cérémonie intéressante l'appareil et la solennité dont elle est susceptible; mes yeux cherchent en vain, dans cette enceinte, les produits de l'industrie d'un grand nombre de départements qui à peine ont pu recevoir l'annonce de ce concours nouveau dans les fastes politiques de l'Europe. Mais si cette idée vraiment patriotique a pu exciter quelques regrets parmi ceux qui sont dans l'impossibilité de concourir à son exécution; si ceux mêmes qui sont assez heureux pour y concourir regrettent n'avoir pas été prévenus plus tôt, et de ne pas offrir à l'estime publique des produits plus parfaits, le but du gouvernement est rempli. L'an VII de la république montrera, dans son cours, tout ce que peut l'émulation sur un peuple libre et ami des arts. Vous qui les cultivez avec tant de succès, secondez les efforts constants d'un gouvernement paternel; vos intérêts sont les siens: les arts ne peuvent régner qu'avec la liberté: vous êtes les ennemis les plus dangereux pour les ennemis de la république; les victoires de l'industrie sont des victoires immortelles. Réunissez donc tous vos moyens, toute votre activité pour présenter à l'Europe étonnée, à la fin de l'année qui va s'ouvrir, le spectacle le plus imposant et le plus auguste que puisse donner un peuple civilisé. Que dès le mois de messidor, il parvienne de tous les départements, des échantillons de toutes les espèces d'industrie, que le gouvernement soumettra à l'examen d'un jury, et qui ne seront admis à l'exposition qu'après cet examen. Que cette admission soit déjà un honneur dont les manufacturiers français soient jaloux, et que les couronnes, décernées ensuite le premier vendémiaire par le Directoire exécutif, soient la récompense la plus flatteuse à laquelle un républicain puisse aspirer ! Pour moi, citoyens, celle qui touche le plus mon coeur, celle qui excite toute ma sensibilité, je la trouve dans la mission honorable qui m'est aujourd'hui confiée par le Directoire, et si j'ai pu réussir à vous pénétrer de ses véritables sentiments et de sa bienveillance pour les arts, si j'ai pu vous inspirer ceux qui m'animent, si j'ai pu augmenter encore et éclairer votre amour pour la république, ce jour sera le plus beau de ma vie. -- Le ministre de l'intérieur, François ( de Neufchâteau). » (In “Le Moniteur”, An VI,1798, pp. 402-403)
Original excerpt 2 : « “Citizens: At the time when the anniversary of the foundation of the Republic [...] is about to remind all Frenchmen of the triumphs and glorious memories of the great events that made it all possible, are we to forget the useful arts that contribute so forcefully to our prosperity? The government must have particular care to protect and encourage the useful arts. It is with this goal in mind that it has decided to hold, in conjunction with the festival of the first of Vendémiaire, a new kind of spectacle: a public Exposition of the products of French industry.".Citizens: These are no longer those unhappy times when enslaved industry scarcely dared to produce the fruit of its meditations and researches; when disastrous rules, privileged corporations, and financial restrictions nipped in the bud those precious seeds of genius; when the arts helped industry to become at the same time the instruments and the victims of despotism, and even aided in weighing down all citizens beneath the yoke of despotism, and could only succeed by flattery, corruption, and humiliations of a shameful servitude. But now the torch of liberty belongs to industry. The republic rests upon unshakeable foundations. Now industry is borne aloft in swift flight [...];" (. » (François de Neufchâteau, Minister of the Interior for the French Republic, Cited in “Industrie Exposition de 1834” Paris, 1834, page 17)
Urls : http://tecfa.unige.ch/~grob/1798/present2.html (last visited ) http://charon.sfsu.edu/publications/ParisExpositions/1798EXPO.HTML (last visited )

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