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1782 __ « Essai sur l’Architecture Théâtrale ou de l’Ordonnance la plus avantageuse à une salle de spectacles, relativement aux principes de l’Optique et de l’Acoustique »
Pierre Patte (1723-1814)
Comment : Pierre Patte (1723–1814) was a French architect who was the assistant of the great French teacher of architecture, Jacques-François Blondel, whose Cours d'architecture which ran to nine volumes by 1777, he saw through the press after Blondel's death in 1774. He has been credited for having been the first to illustrate a city street plan with buildings and sewer system shown in a section view. Under the reign of Louis XV Patte theorized in the middle of the 18th century about thinking about the overall structure of the city as an urban organism where changing one aspect would affect the whole thing. A century later some of Patte's ideas would help change Paris under the direction of Baron Haussmann. (Compiled from various sources)
Original excerpt : « Il n’y a peut-être pas de question sur laquelle on paraît aussi peu d’accord que sur la disposition intérieure d’une Salle de Spectacles. Les uns prétendent que la figure circulaire ou demi-circulaire est la plus favorable; les autres veulent que ce soit l’ovale ou le demi-ovale; d’autres et c’est le plus grand nombre, croient qu’il est libre d’adopter toutes sortes de courbes indifféremment, celle d’une cloche, d’une raquette, d’un fer-à-cheval, d’un octogone, d’un “quarré-long” ou parallélogramme, etc. Et à ne considérer que les exemples, on trouve en effet de quoi appuyer toutes ces options. Les Anciens pensaient, à ce qu’il paraît, bien différemment : ils avaient adopté la figure demi-circulaire pour leurs Théâtres; ils n’en employaient pas d’autres, et il est prouvé qu’ils ne s’y étaient assujétis, qu’à cause des avantages marqués qu’elle procurait à leurs Spectacles. Par quelle raison les Modernes n’ont-ils pas aussi adopté cette forme, ou du moins établi, à l’imitation des Anciens, des règles constantes pour la composition de ces édifices ? ou comment ont-ils pu se flatter de quelque succès en procédant arbitrairement à cet égard ? Cependant, pour peu qu’on y réfléchisse, il ne semble pas difficile de découvrir quelels peuvent être ces règles; car elles doivent avoir de toute nécessité pour base, la manière dont s’administrent les plaisirs que procurent les Spectacles dramatiques ou lyriques. Interrogeons-les, et voyons en quoi ils consistent. Leur but n’est-il pas de réunir, soit à émouvoir le cœur en excitant la terreur et la pitié, soit à amuser l’esprit par la peinture des ridicules, à dessein de les corriger ? N’est-il pas de parvenir à charmer à la fois les yeux et les oreilles, par la pompe du Spectacle, par la magie des décorations, par la vérité de l’action théâtrale, par la beauté de leur voix, par le développement des ballets, par les accompagnements des chœurs ? N’est-il pas, en un mot, de mettre en œuvre les ressorts les plus propres à remuer l’âme, à faire illusion aux sens, et à enchanter les spectateurs ? Or, ne voilà-t-il pas, par ce seul exposé, l’ordonnance d’un Théâtre en quelque sorte décidée ? Les yeux et les oreilles étant destinés à être les agents des plaisirs que nous nous y proposons, il résulte donc qu’il doit être disposé de façon à remplir essentiellement le double objet de bien voir et de bien entendre; que sa figure doit être un composé de formes optiques et acoustiques les plus propres à favoriser ces organes; que tout doit se rapporter à ces considérations fondamentales; et que les autres avantages qu’on voudrait luis procurer par une bonne distribution et par une agréable décoration d’Architecture, doivent leur être subordonnés. Il ne saurait assurément y avoir aucun doute là-dessus. Mais à quel point y a-t-on réussi ? A quelle figure faut-il donc s’attacher ? Toutes sont-elles également capables de remplir le but désiré, ou n’est-ce pas plutôt à l’incertitude qui subsiste sur cette détermination; qu’il faut attribuer le peu de succès de presque toutes les Salles de Spectacles de quelque étendue ? Telle est la question que nous nous proposons d’examiner dans cet Ouvrage. Puisque les yeux et les oreilles sont les organes immédiats des amusements que procurent les Spectacles, c’est évidemment dans les considérations de ce qui peut le plus les favoriser, qu’il s’agit de découvrir quelle doit être la figure la plus avantageuse à un Théâtre : en conséquence nous allons commencer par exposer la manière d’agir sur le son, et particulièrement de la voix; comment il se propage, quelles sont les causes susceptibles de l’altérer ou de le faire valoir; ensuite nous examinerons comment s’opère la vision, ce qui peut la favoriser ou lui préjudicier; et ce sera du résultat de toutes ces observations, que nous déduirons tout naturellement quelle doit être la figure en question. » (Pierre Patte, pp. 1-4)
Source : Patte, Pierre (1782). “ Essai sur l’Architecture Théâtrale ou de l’Ordonnance la plus avantageuse à une salle de spectacles, relativement aux principes de l’Optique et de l’Acoustique”. Paris : Chez Moutard, libraire-imprimeur.

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