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1781 __ A Telegraph after Dupuis et Lomond
Don Gauthey (or Dom Gauthier or Gualtier) (1742-1809)
Comment : A French monk, Don Gauthey (Gauthier or Gualtier) would have invented a device that allowed another hearing at a distance. Don Gauthey a monk of the Order of Citeaux, improved upon the invention of Dupuis (at 1778) and constructed a telegraph, which he submitted at the Académie des Sciences to Dr. Franklin as well as to Condorcet and De Milly, by whom it was recommended to the French Government. In his prospectus, published during 1783, he relates that he has discovered a new mode of rapid transmission enabling him to convey intelligence and sound, by means of water pipes, a distance of fifty leagues in fifty minutes. Ternant, who states this at pp. 33 and 34 of “Le Télégraphe”, Paris, 1881, adds that, as no action was taken at the time upon the prospectus, it doubtless still lies in the archives of the Academy. (Paul Fleury Mottelay)
French comment : En 1781 un moine, Dom Gauthey, présente à l'académie des sciences un mémoire traitant "d'un moyen de communiquer entre deux endroits très éloignés." Il a l'idée d'exploiter la propriété acoustique des tubes qui transmettent les sons de l'une à l'autre de leurs extrémités. Dom Gauthey est à l'origine des tubes acoustiques qui vont se répandre rapidement dans les châteaux et demeures bourgeoises. L'appareil est constitué de deux embouts en bois raccordés par un tube dont la longueur peut atteindre plusieurs dizaines de mètres. L'appel du correspondant s'effectue en soufflant dans l'embouchure d'un embout avec un petit sifflet. La conversation s'établit ensuite en portant l'embout alternativement de l'oreille à la bouche. (Fréderic Nibart).Les tubes acoustiques sont des tuyaux devant lesquels on parle ou on produit des sons et qui les transmettent jusqu'à l'extrémité opposé. La première utilisation d'un tube date probablement du IVième siècle avant JC. On rapporte que Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, avait fait installer des postes d'écoute dans tout son palais afin de pouvoir épier ses sujets et ses esclaves ! Le 1er juin 1782, Condorcet, savant éminent, présente un moine bénédictin, Dom Gauthey, à l'Académie des Sciences. Le moine, âgé de 25 ans, avait imaginé d'utiliser des tubes pour transmettre des informations sonores. Son exposé devant l'Académie fit grand bruit et donna lieu à un rapport qu'on possède toujours. Le système de Dom Gauthey consistait à établir des tubes métalliques d'une très grande longueur et de transmettre par ce moyen, de poste à poste, un message. Il affirmait pouvoir transmettre en une heure un avis à deux cent lieues de distance. Louis XVI voulut que le procédé fut soumis à l'expérience demandée par Condorcet. Elle eut lieu et on utilisa une conduite de 800 m de long qui amenait l'eau à la pompe de Chaillot. L'expérience réussit pleinement et Dom Gauthey proposa de passer à la phase suivante : poser 300 tubes enchâssés l'un dans l'autre afin de faire passer un message à 150 lieues ( environ 600 km) en moins d'une heure ! Devant l'ampleur et le coût de l'expérience, le roi recula. La souscription publique échoua également. Au bout de six mois, Dom Gauthey abandonna et l'année suivante, il s'embarqua pour l'Amérique pour y faire connaître sa découverte et y trouver des souscripteurs : il n'y trouva qu'un imprimeur qui voulut bien publier, à Philadelphie, son " Prospectus ", en 1783. (Compiled from various sources)Cinq ans auparavant [Lomond], dom Gauthey, religieux bénédictin de l'abbaye de Citeaux, avait proposé à l'Académie des sciences de Paris un moyen moins rapide, mais plus simple,plus facile et plus direct, de s'entretenir avec des personnes placées à des distances quelconques. Le moyen était basé sur la transmissibilité du son dans un tube qui l'empêche de se disperser. Dom Gauthey proposait d'établir des lignes de tuyaux métalliques à travers lesquels on pourrait, de poste en poste, se communiquer des avis sans autre secours que celui de la voix humaine. Sur un rapport favorable de l'Académie, Louis XVI ordonna des épreuves. Un essai fut exécuté à l'aide des conduits servant à distribuer l'eau puisée par la pompe de Chaillot ; ce conduit avait sept cent soixante-dix-neuf mètres de long. Le résultat justifia pleinement les promesses du moine, qui demanda que de nouvelles expériences fussent faites, mais cette fois avec une série de tubes occupant une étendue de cinq cent quatre-vingt-quatre mille sept cents mètres. La voix, disait-il, arriverait distincte et forte d'une extrémité à l'autre en moins d'une heure. L'établissement de cet immense canal "téléphonique" parut trop onéreux pour l'État, et le gouvernement refusa de l'entreprendre. C'était une inconséquence, et il eût autant valu s'abstenir de tout essai, puisque après le succès on agissait comme on eût fait en cas de réussite. Dom Gauthey s'adressa au public, ouvrit une souscription ; mais le public avait déjà porté sur un autre objet son éphémère enthousiasme, et la souscription ne fut pas remplie. Le malheureux bénédictin partir pour l'Amérique, où il espérait rencontrer plus de sympathie. Il y fit imprimer l'exposé de son système ; mais dans le nouveau monde, pas plus que dans l'ancien, il ne put parvenir à triompher de l'indifférence opiniâtre de ses contemporains. Son nom est oublié aujourd'hui, ainsi que sa découverte, fondée pourtant sur une loi physique dont la réalité fut plus tard démontrée d'une manière irréfragable par MM. Jobart, Biot et Hassenfratz. Le premier a constaté que le mouvement d'une montre placée à l'extrémité d'une tube métallique de seize mètres s'entend très distinctement à l'autre extrémité. Les deux derniers ont entendu une conversation à "voix basse" en se mettant aux deux bouts opposés d'un tube d'un kilomètre de long, et cela sans être obligés, pour entendre ou se faire entendre, d'appliquer l'oreille ou la bouche contre l'orifice. Le procédé de dom Gauthey était donc parfaitement rationnel ; il était en outre d'une application facile et médiocrement dispendieuse ; mais il eut le malheur de se produire dans un moment où l'utilité d'un système de correspondances rapides et fréquentes n'était pas suffisamment démontrée, et où, dans la multitude des choses nouvelles qui surgissaient chaque jour, le public prenait au hasard celels qu'il lui plaisait d'honorer de son attention et de sa confiance. Aujourd'hui que nous possédons le télégraphe électrique, il n'y a point d'apparence qu'on revienne au procédé "téléphonique" de dom Gauthey pour les communications à grande distance ; mais on sait que ce procédé est devenu tout à fait usuel depuis plusieurs années dans les grandes administrations, voire dans les petites et dans beaucoup de maisons particulères, où des tuyaux flexibles, fixés contre les murs et traversant les planchers et les cloisons comme des cordons de sonnette, permettent de causer, sans se déranger, d'une pièce, d'un étage, et même d'un corps de bâtiment à l'autre. Ces tuyaux, terminés par de petits évasements en bois et munis de sifflets d'avertissement, ne sont qu'une application en petit de la belle invention de dom Gauthey. (Arthur Mangin, pp. 12-14)
Original excerpt 1 : « Nouveau moyen de communiquer entre deux endroits très-éloignés; par Don Gauthey de l’ordre de Citeaux.Il paroît que M. M. *** n’est pas le seul qui se soit occupé d’un moyen de communication. À peine son mémoire a-t-il été publié, qu’il a paru plusieurs projets tendant au même but. Quoique celui dont il s’agit ici soit encore un mystère, la marche que l’Auteur a prise, lui donne un caractère de vraisemblance et de possibilité qui peut piquer la curiosité du Lecteur.. Don Gauthey a présenté son secret à l’Académie des Sciences, et voici le jugement des Commissaires, constaté par un certificat délivré à l’Auteur, le 15 juin de cette année, et que nous avons eu entre les mains. “Il (ce secret) nous a paru praticable, nouveau, et n’avoir aucun rapport aux moyens connus et destinés à remplir le même objet. Il peut s’étendre jusqu’à la distance de 30 lieues, sans établissements intermédiaires et sans un appareil trop considérable. Quant à la célérité, il n’y auroit que quelques secondes d’un signe à l’autre, mais le temps dont on auroit besoin pour faire entendre le premier signe, seroit plus long, et ne peut être connu que par l’expérience, et cette expérience seroit peu coûteuse.” Les Commissaires déclarent, au surplus, qu’ils ont déposé au Secrétariat de l’Académie un papier cacheté, contenant le Mémoire de Don Gauthey, et les raisons de leur opinion sur la possibilité des moyens proposés. Quoi qu’il en soit, Don Gauthey nous assure et nous prie même de publier que la découverte étant le résultat d’un effet purement physique, autre que ceux des phénomènes électriques et magnétiques, il seroit d’autant plus à désirer que son secret fût connu, qu’il en pourroit résulter des connoissances plus certaines et plus approfondies sur une branche de la Physique. D’après cette considération, il offre d’en faire l’expérience, au gré des Amateurs qui voudroient en faire les avances, lesquelles monteroient à peine à 50 louis, pour disposer dans un lieu très-spacieux, tel que seroit la galerie du Louvre, toute la machine, et les objets de communication nécessaires, comme pour une distance de cente lieues. L’Auteur ne prétende qu’à la gloire d’avoir fait une découverte utile à la Patrie, et d’avoir contribué en quelque chose à l’accroissement des connoissances de ses Concitoyens. » (Jean-Baptiste Grosier)
Original excerpt 2 : « Texte de l'Académie des Sciences rédigé par Condorcet.Nous avons examiné, par ordre de 1'Académie, un mémoire présenté par dom Gauthey, religieux de l'ordre de Citeaux, contenant un moyen de communiquer entre deux endroits très éloignés ; ce moyen, dont l'auteur s'est conservé le secret, nous a été communiqué, et il nous a paru praticable et ingénieux : il peut s'étendre jusqu'à la distance de treize lieues sans stations intermédiaires, et sans appareil trop considérable. Quant à la célérité, il n'y aurait que quelques secondes d'une ligne à l'autre. Mais le temps dont on aurait besoin pour faire entendre le premier signe serait plus long, et ne peut être connu que par l'expérience; et cette expérience serait peu coûteuse. Il n'est guère possible sans l'avoir faite de déterminer, même à peu près, les frais de construction de la machine. Nous pouvons assurer seulement que si la distance était très-petite, comme celle du cabinet d'un prince à celui de ses ministres, l'appareil ne serait ni trop cher ni très incommode, et qu'on pourrait répondre du succès. Le moyen nous a paru nouveau, et n'avoir aucun rapport aux moyens connus et destinés à remplir le même objet. Nous déposons au secrétariat de l'Académie un papier contenant le mémoire de dom Gauthey et les motifs de notre opinion sur la possibilité du moyen qu'il propose. Fait au Louvre, ce samedi 1er juin 1782. »
Source : Fleury Mottelay, Paul (1922), “Bibliographical History of Electricity and Magnetism, Chronologically Arranged”, Read Books (2008), p. 264.
Source : Grosier, Jean-Baptiste-Gabriel-Alexandre (1782), “Journal de Littérature, des Sciences et des Arts”, Vol. 3, Bureau du Journal, Imprimerie Knapen & Fils, pp. 363-364.
Source : Nibart, Frédéric (2006), "Les Premiers pas du Téléphone en France, 1876-1914", Angers.
Source : Bastian, J.-C. (2002), "Le début des télécommunications" et "Le télégraphe aérien" in "Le Patrimoine des Télécommunications françaises" sous la direction de Y. Lecouturier, Ed. Flohic.
Source : Laurencin (?), Le Télégraphe, p. 9; Eng. Cycl., " Arts and Sciences," Vol. VIII. p. 65; " Penny Cycl.," 1842, Vol. IV. p. 146.
Source : Mangin, Arthur (1893), “Délassements instructifs : les télégraphes, les feux de guerre”, Tours : A. Mame.
Source : Guerout, Auguste (1883), "L'Historique de la télégraphie électrique", In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 8, n°1-17, 1883, Paris : Union des syndicats de l'électricité,3 mars, No. 9, pp. 257-264.
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