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1775 __ « La Tonotechnie ou l'art de noter les cylindres et tout ce qui est susceptible de notage dans les instruments de concert méchaniques »
Joseph Engramelle (1727-1805)
Comment : French builder of mechanical instruments. His La tonotechnie ou L′art de noter des cylindres (Paris, 1775), concerning the use of a numbered dial in ‘notating’ the studded barrels of mechanical instruments, contains much valuable information on French late Baroque performing practice, documenting minute shading and great freedom in tempo and articulation. (Compiled from various sources)The automated playing of music on mechanical musical instruments. has existed for a long time All these automatic instruments were designed on the principle of a drum or cylinder with musical notes inscribed on them, covered with embossed characters. The music to be automatically played was reproduced note for note on the surface of the cylinder by a musician-music writer. The cylinder rotated regularly and the embossed characters activated the keys on the keyboard. Each embossed musical character acted just like a musician’s finger on the key. In 1775, Engramelle, a theorist of the embossed graphic character, wrote La Tonotechnie, in which he teaches the art of writing music on cylinders and creates rules for music-writing aimed at simulating the artist’s technique.The development of a medium for musical memory was such that within a century, the rigid embossed cylinder limiting the length of the musical piece to a few rotations, became a flat, flexible strip of paper with perforations that could record up to 10 minutes of music. An initial automatic device capable of playing the square pianos of the time with the help of a sheet of perforated paper was patented in 1841 by Seytre. (Jean Haury)
French comment : La lecture musicale automatisée existe depuis longtemps sur les instruments de musique mécanique. Tous ces instruments automatiques sont conçus sur le principe d’un tambour ou cylindre noté, recouvert de caractères en relief : les picots ou les ponts. La musique à exécuter automatiquement est reportée note à note à la surface du cylindre par un noteur musicien. Le cylindre, mis en rotation régulière, actionne par ses reliefs les touches d’un clavier de rapport. Chaque caractère musical en relief agit comme le ferait le doigt d’un musicien sur une touche. Théoricien du caractère graphique mis en relief, Engramelle écrit en 1775 La Tonotechnie, où il enseigne l’art de noter les cylindres et crée des règles du notage destinées à simuler le jeu digital. L’évolution du support de la mémoire musicale est telle qu’en un siècle, le cylindre rigide en relief limitant la durée musicale à quelques révolutions devient une bande plane et souple de papier à perforations pouvant conserver jusqu’à dix minutes de musique. Un premier appareil automatique capable de jouer les pianos carrés de l’époque à l’aide d’une feuille de papier perforée sera breveté en 1841 par Seytre. (Jean Haury)Laborde rapporte ("Essais sur la musique", T.2, p. 622), l'anecdote suivante sur cet habile mécanicien. "Un virtuose italien se trouvait en Lorraine à la cour du roi Stanislas : il avait exécuté des pièces de clavecin qu'on avait fort admirées, mais qu'il n'avait voulu donner à personne. Baptiste, musicien du roi de Pologne, en parla au père Engramelle, qui crut entrevoir le moyen d'avoir ces pièces et qui engagea Baptiste à lui amener son claveciniste quelques jours après. Pendant cet intervalle, le P. Engramelle plaça sous son clavecin un grand cylindre couvert de papier blanc, et recouvert de papier noirci à l'huile. Il fit un clavier de rapport, dont les touches répondaient à celles du clavecin, et porté sur des bois à vis, en sorte qu'il avançait un peu de côté à chaque tour, afin que les différentes marques ne pussent se confondre. Sa révolution totale était de quinze tours, et durait environ trois quarts d'heure. Tout ce mécanisme fut masqué de la manière la plus adroite. Le claveciniste se rendit chez le père Engramelle au jour convenu, et il exécuta ses pièces. Dès qu'il fut sorti, le père Engramelle découvrit son cylindre où il ne manquait pas une note. L'Italien étant revenu quelques jours après, on lui fit entendre une serinette qui répétait ses pièces, et imitait jusqu'aux agrémens de son jeu. Sa surprise ne saurait se peindre, et il en put s'empêcher d'applaudir lui-même à un larcin fait d'une façon si ingénieuse". Toute cette histoire est peu vraisemblable. Le clavier ajouté aurait rendu celui du clavecin si lourd qu'on n'aurait pu le jouer que difficilement, et toute cette mécanique aurait fait assez de bruit pour avertir l'artiste de ce qui se passait : mais une difficulté bien plus grande est celle de la mesure, car la valeur des notes ne pouvait être représentée que par la distance perpendiculaire qui se trouvait entre les points, et cette distance était le résultat de la rotation du cylindre ; or comment supposer que la main qui imprimait le mouvement de la manivelle ait agi assez régulièrement et dans un rapport assez exact avec la mesure des pièces exécutées, pour que ces valeurs aient été fidèlement représentées ? Au reste, le père Engramelle n'est pas le seul qui ait essayé de noter les improvisations faites au clavecin ; de pareils essais ont été faits en Allemagne et en Angleterre (Freeke, Unger) ; mais le résultat a toujours été nul. Dans une assemblée sur les beaux-arts tenue chez M. de la Blancherie, le 21 avril 1779, le père Engramelle a lu un mémoire sur un instrument de son invention, propre à donner, selon lui, la division géométrique des sons, d'où résulterait l'accord le plus parfait des instrumens à clavier. C'est un rêve inexécutable : l'auteur est mort en 1781. (F.J. Fétis, 'Biographie Universelle des Musiciens", Tome IV, Bruxelles : Meline, Cans et Compagnie, 1837, pp. 32-33)
Original excerpt : « [La musique a fait ] des pertes qu'on ne peut réparer. [En effet, ] nous jouirions encore à présent de l'exécution des Lulli, des Marchand & de tous les grands hommes qui ont ravi d'admiration leurs Contemporains s'ils avoient sçu le notage: leurs meilleurs morceaux, transmis par eux-mêmes à la postérité sur quelques cylindres inaltérables, auroient été conservés dans ce genre d'expression dont nous n'avons plus idée que par l'histoire. » (In Peter Szendy, "De la Harpe Éolienne à la "toile" : fragments d'une généalogie portative")
Source : Haury, Jean (1999), "Keyboards for writing and reading music", La Revue des Arts et Métiers #27, June 1999.
Source : Engramelle, Joseph M.D. (1775), “La Tonotechnie ou l'art de noter les cylindres et tout ce qui est susceptible de notage dans les instruments de concert méchaniques”, Hermann, Editeurs des Sciences et des Arts, 1993.
Source : Houle, George (1987), “Meter in music, 1600-1800: performance, perception, and notation”, Indiana University Press, pp. 109-124.
Source : Bratsberg, Björn A. (2008), “Automatic Organs as Sources to Eighteenth-Century Keyboard Performance Practice”, University of Gothenburg, Faculty of Fine, Applied and Performing Arts, Doctoral studies.
Source : Boxall, Maria (1976), “Girolamo Diruta's ‘Il Transilvano' and the Early Italian Keyboard Tradition”, In “The English Harpsichord Magazine”, Vol. 1 Nr.6, 1976.
Source : Szendy, Peter (1996), "De la Harpe Éolienne à la "toile" : fragments d'une généalogie portative", in Lire l'Ircam (n° spécial des Cahiers de l'Ircam),1996, pp. 40-72; also In Tr@verses n° 1, juillet 1996.
Urls : http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=157&id=10778&lang=fra&flash=f (last visited ) http://www.culture-technique.net/musee.php?P=157&id=10778&lang=ang&flash=f (last visited ) http://www.konst.gu.se/english/doctoral_studies/phdstudents/bjorn_a_bratsberg/ (last visited ) http://www.harpsichord.org.uk/EH/Vol1/No6/Diruta.pdf (last visited ) http://articles.ircam.fr/textes/Szendy96d/ (last visited )

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