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1762 __ Comus electric telegraph
Comus (Nicolas-Frédéric Ledru) (1731-1807)
Comment : The Comus's electric telegraph is indicated in a letter from Diderot to Mlle. Voland, dated July 12, 1762. It consisted of two dials whose hands followed each other at a distance, without the apparent aid of any external agent. The fact that Comus published some interesting researches on electricity in the "Journal de Physique" has been taken as a basis for the assertion that his apparatus was a sort of electrical discharge telegraph in which the communication between the two dials was made by insulated wires hidden in the walls. But, if it be reflected how difficult it would have been at that epoch to realize an apparatus of this kind, if it be remembered that Comus, despite his researches on electricity, was in reality only a professor of physics to amuse, and if the fact be recalled that cabinets of physics in those days were filled with ingenious apparatus in which the surprising effects were produced by skillfully concealed magnets, we shall rather be led to class among such apparatus the so-called "Comus electric telegraph." We find, moreover, in Guyot's "Recreations physiques et mathematiques".a work whose first edition dates back to the time at which Comus was exhibiting his apparatus.a description of certain communicating dials that seem to be no other than those of the celebrated physicist, and which at all events enables us to understand how they worked. Let one imagine to himself two contiguous chambers behind which ran one and the same corridor. In each chamber, against the partition that separated it from the corridor, there was a small bracket, and upon the latter, and very near the wall, there was a wooden dial supported on a standard, but in no wise permanently fixed upon the bracket. Each dial carried a needle, and each circumference was inscribed with twenty-five letters of the alphabet. The experiment that was performed with these dials consisted in placing the needle upon a letter in one of the chambers, when the needle of the other dial stopped at the same letter, thus making it possible to transmit words and even sentences. As for the means of communication between the two apparatus, that was very simple: One of the two dials always served as a transmitter, and the other as a receiver. The needle of the transmitter carried along in its motion a pretty powerful magnet, which was concealed in the dial, and which reacted through the partition upon a very light magnetized needle that followed its motions, and indicated upon an auxiliary dial, to a person hidden in the corridor, the letter on which the first needle had been placed. This person at once stepped over to the partition corresponding to the receiver, where another auxiliary dial permitted him to properly direct at a distance the very movable needle of the receiver. Everything depended, as will be seen, upon the use of the magnet, and upon a deceit that perfectly accorded with Comus' profession. There is, then, little thought in our opinion that if the latter's apparatus was not exactly the one Guyot describes, it was based upon some analogous artifice. (C. WM. Siemens)
French comment : L’occasion du présent article se situe au carrefour de plusieurs constatations et réflexions. La plus frappante, peut-être, est l’anticipation du télégraphe, du fax ou du courriel que, à la fin du XVIIIième siècle, Diderot formulait dans sa lettre à Sophie Volland du 28 juillet 1762 à propos du « secret » d’un illusionniste nommé Comus : "Paris, 12 juillet 1762 [?][...] Comus ne perfectionnera-t-il pas son secret ? Ce Comus est un charlatan du rempart qui tourne l’esprit à tous nos philosophes. Son secret consiste à établir de la correspondance d’une chambre à l’autre, entre deux personnes, sans le secours sensible d’aucun agent intermédiaire. Si cet homme-là étendait un jour la correspondance d’une ville à l’autre, d’un endroit à quelques centaines de lieues de cet endroit, la jolie chose ! Il ne s’agirait plus que d’avoir chacun sa boîte; ces boîtes seraient comme deux petites imprimeries, où tout ce qui s’imprimerait dans l’une, subitement s’imprimerait dans l’autre… Trêve de plaisanterie […] (Denis Diderot, "Lettres à Sophie Volland", édition préparée par André Babelon, Paris, Gallimard, 9ième éd., 1938, t. I, p. 255). (Olivier Bloch, p. 98)Ce Comus, dont le véritable nom est [Nicolas-Philippe] Ledru, a inséré dans le "Journal de Physique" la relation d'un grand nombre d'expériences d'électricité, dont quelques-unes sont assez intéressantes. Nous n'avons trouvé, dans ses diverses publications, aucune indication relative au fait mentionné par Diderot ; mais, quand on songe que Comus était uniquement occupé d'expériences d'électricité capables d'exciter la curiosité publique, on demeure convaincu que cette correspondance établie entre deux personnes, "sans le concours sensible d'aucun agent intermédiaire", était réellement entretenue au moyen de décharges électriques transmises d'une chambre à l'autre par des conducteurs métalliques isolés et cachés dans les murs de séparation. D'ailleurs, on devine sans peine pourquoi Comus n'a jamais initié le public au secret de ce télégraphe électrique réalisé pour de petites distances. (Jules Gavarret, "Télégraphie Électrique", Paris : Victor Masson et Fils, 1861, p. 3)L'appareil de Comus est indiqué dans une lettre de Diderot à mademoiselle Voland, lettre datée du 12 juillet 1762 ; il se composait de deux cadrans dont les aiguilles se suivaient à distance, sans le concours sensible d'aucun agent extérieur. On s'est appuyé sur ce fait que Comus a publié dans le "Journal de Physique" quelques intéressantes recherches d'électricité, pour dire que son appareil était une sorte de télégraphe à décharges électriques dans lequel la communication entre les deux cadrans se faisaient par des fils métalliques isolés, dissimulés dans les murs. Mais si l'on songe combien il eût été difficile à cette époque de réaliser un appareil de ce genre, so l'on se dit que Comus, malgré ses recherches d'électricité, n'était en réalité qu'un professeur de physique amusante, et si l'on se rappelle que les cabinets de physique de cette époque étaient remplis d'appareils ingénieux dans lesquels des effets surprenants étaient produits par des aimants habilement dissimulés, on est plutôt porté à ranger parmi ces derniers le soi-disant télégraphe électrique de Comus. Nous trouvons d'ailleurs dans les "Récréations physiques et mathématiques" de Guyot, ouvrage dont la première édition remonte à l'époque même où Comus exhibait son appareil, la description de "cadrans de communication" qui semblent n'être autres que ceux du célèbre "physicien", et qui en tout cas permettent d'en comprendre le fonctionnement. Qu'on se figure deux chambres contiguës, derrière lesquelles régnait un seul et même corridor. Dans chaque chambre, contre la cloison qui la séparait du corridor, était une petite console ; sur cette console et très près du mur, un cadran de bois porté par un pied, mais qui n'était nullement fixé à demeure sur la console. Chaque cadran portait une aiguille, et sur son pourtour étaient inscrites les 25 lettres de l'alphabet. L'expérience que l'on faisait avec ces cadrans consistait à placer dans l'une des chambres l'aiguille du cadran sur une lettre ; dans l'autre chambre, l'aiguille de l'autre cadran s'arrêtait sur la même lettre, et l'on pouvait ainsi transmettre des mots et même des phrases. Quant au moyen de communication entre les deux appareils, il était bien simple. L'un des deux cadrans servait toujours comme transmetteur, l'autre comme récepteur. L'aiguille du transmetteur entraînait dans son mouvement un aimant assez puissant, dissimulé dans l'épaisseur du cadran ; celui-ci réagissait au travers de la cloison, sur une aiguille aimantée très légère qui suivait son mouvement et indiquait sur un cadran auxiliaire à une personne cachée dans le corridor, la lettre sur laquelle on avait placé la première aiguille. Cette personne se rendait aussitôt à la partie de la cloison correspondant au récepteur. Là un aimant et un autre cadran auxiliaire lui permettaient de diriger convenablement à distance l'aiguille très mobile du récepteur. Tout reposait, on le voit, sur l'emploi de l'aimant et sur une supercherie s'accordant parfaitement avec la profession de Comus. Il est donc peu douteux, pour nous, que si l'appareil de ce dernier n'était pas exactement celui que décrit Guyot, il reposait au moins sur quelque artifice analogue. (Aug. Guerout, "L'Historique de la télégraphie électrique", In "La Lumière Électrique)Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 8, n°1-17, 1883, Paris : Union des syndicats de l'électricité,3 mars, No. 9, pp. 257-264).
Source : Siemens, C. WM. (1883), “THE HISTORY OF THE ELECTRIC TELEGRAPH”, In “Scientific American Supplement”, No. 384, May 12, 1883, pp. 18-19.
Source : Bloch, Olivier (2006), "Molière, comédie et philosophie : la communication en question", In "Tangence", no. 81, 2006, p. 97-118.
Source : Gavarret, Jules (1861), "Télégraphie Électrique", Paris : Victor Masson et Fils.
Source : Guerout, Auguste (1883), "L'Historique de la télégraphie électrique", In "La Lumière Électrique — Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 8, n°1-17, 1883, Paris : Union des syndicats de l'électricité,3 mars, No. 9, pp. 257-264.
Urls : http://www.pdfbooks.co.za/library/VARIOUS/VARIOUS-SCIENTIFIC_AMERICAN_SUPPLEMENT_-_NO._384_-_MAY_12_-_1883.pdf (last visited ) http://www.erudit.org/revue/tce/2006/v/n81/014962ar.pdf (last visited ) http://www.archive.org/stream/dictionnaireuni15chaugoog/dictionnaireuni15chaugoog_djvu.txt (last visited ) http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.8/260/100/572/0/0 (last visited )

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