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1654 __ Speaking head
Bishop John Wilkins (1614-1672)
Comment : John Evelyn recorded in his diary of 1654 (from 1620 to 1665) that the inventive John Wilkins, who maintained a scientific circle around him in Wadham College, Oxford, had manufactured a speaking head on principles described in Giambattista della Porta's Natural Magick of 1584. Evelyn described it as « an hollow Statue, which gave a Voice, and uttered words, by a long and concealed pipe that went to its mouth, whilst one speaks through it at a good distance, & which at first was very Surprizing. ». (Steven Connor.)It is not surprising that John Wilkins touched on the issue of speaking machines. In “Mathematicall Magick”, Wilkins discussed some mythical attempts to imitate the voice, such as Roger Bacon’s brazen head and Albertus Magnus’s statue. Wilkins also related a report of a “cold Countrey, where the people discourse doth freeze in the air all winter, and may be heard the next summer, or at a great thaw”. “But this conjecture”, he added, “will need no refutation”. “The more substantiall way for such a discovery”, Wilkins argued, is by making how nature her self doth imploy the severall instruments of speech, the tongue, lips, throat, teeth, etc. To this purpose the Hebrews have assigned each letter unto its proposer instrument. And besides, we should observe what inarticulate sounds doe resemble any of the particular letters. Thus we may note the trembling of water to be like the letter L, the quenching of hot things to the letters Z, the sound of strings, unto the letter Ng, the jirking of a switch the letter Q, etc. By an exact observation of these particulars, it is (perhaps) possible to make a statue speak some words”. John Evelyn’s iary, however, tells us that Wilkins learned a lesson from history on how to make a simple, but effective speaking statue. Wilkins kepts such a statue in his garden, expressly for playing tricks on friends. Although there is no definite evidence that Wilkins ever completed the more sophisticated device mentioned in the “Mathematicall Magick”, we find in Christopher Wren’s list of the “new theories, inventions, experiments, and mechanic improvements” that he had shown to Wilkin’s group in the 1650’s, “A Speaking organ, articulating Sounds”. (Thomas L. Hankins)
French comment : Il nous faut souligner une anecdote qui, bien que d'apparence anodine, marque peut-être un grand tournant de l'Histoire : le passage de la magico-science à la science expérimentale des temps modernes. L'anecdote met en opposition la Rose-Croix et la Royal Society anglaise (créée officiellement à Londres, en 1662). De 1648 à 1659, à l'époque où la Royal Society n'existait encore que sous la forme d'un" Collège Invisible", ses membres se réunissaient à Oxford, au Wadham Collège, dans la classe du Docteur John Wilkins (plus tard évêque de Chester). En 1648, John Wilkins fit paraître un livre, “Mathematicall Magick”, dans lequel il cite la “Fama Fraternitatis” des Rose-Croix en tant que manifeste précurseur du mouvement oxfordien. Le fond de cet ouvrage est largement basé sur le chapitre traitant de la mécanique dans l'”Utriusque Cosmi Historia” de Robert Fludd (1619), ainsi que sur les mathématiques "vitruviennes" de la Préface à Euclide de John Dee (1570). "Wilkins - nous dit F. Yates - ne cache pas sa dette envers Dee et Fludd, et les cite souvent l'un et l'autre. Il fait preuve dans ce livre d'un très grand intérêt pour les automates, les statues parlantes, etc., fabriqués grâce à la magie mécanique [... ] Dans ce livre, Wilkins... ne séparait pas la science de Bacon de la tradition Fludd-Dee... [et] Cornelius Agrippa". En 1652, sous le pseudonyme d' "Eugenius Philalethe", Thomas Vaughan (protégé par Sir Robert Moray) publiait, ses traductions anglaises de la Fama et de la Confessio, rendant ainsi les Manifestes de la Rose-Croix accessibles à un plus large public. La diffusion publique de ces Manifestes incita un puritain dévot, John Webster, à publier en 1654 son “Academiarum Examen”, dans lequel il réclame que "la philosophie d'Hermès, ressuscitée par l'école paracelsiste", soit enseignée dans les universités. Il esquisse la nomenclature des sciences mathématiques abordées par "cet expert et érudit, le Docteur John Dee dans sa préface à Euclide", et vante les "excellentes admirables et profitables expériences" que l'on peut en tirer. [...] A travers Webster, n'était-ce pas à son collègue John Wilkins, partisan d'une certaine "magie mathématique", que Seth Ward s'adressait ? Son langage, contredisant celui de Wilkins, n'impliquait-il pas une nouvelle prise de position de la part de certains philosophes naturalistes du Collège Invisible, les dits philosophes voulant se départir autant que possible de l'imputation de magiciens ? A cette fin, ils débarassèrent leurs travaux de toute référence à la Préface à Euclide de John Dee , ainsi qu'à la tradition magico-alchimiste de celui qu'ils désignèrent comme un "puritain hypocrite" ou "un triste moine". Parallèlement, ils intensifièrent leur interprétation de la pensée baconienne et reconnurent en Francis Bacon le maïtre de la "philosophie expérimentale". En 1662, la société du "Collège Invisible" prit le nom de Royal Society of London.. En 1667, dans l'ouvrage que lui consacra Thomas Sprat, l'auteur ajouta cette précision significative : For the advancement of experimental philosophy . Cependant, la Royal Society allait bientôt laisser loin en arrière "l'expérience baconienne", car la seconde généraion de ses membres fut dominée par l'extraordinaire figure d'Isaac Newton. Celui qui fut l'un des plus grand génie de la science de mathématiques devint président de la Royal Society en 1703, à l'aube du siècle des "Lumières". (Compiled from various sources, 2007)
French translated excerpt : « Déjà les Hébreux ont attribué à chaque lettre un organe distinct. D'autre part, nous pouvons remarquer que les sons inarticulés ressemblent toujours à telles ou telles lettres. Ainsi nous pouvons comparer la lettre i au clapotement de l'eau, la lettre z au bruit que fait l'eau bouillante en se refroidissant, la lettre n et le chiffre 9 au son des cordes vibrantes, la lettre q à un coup d'aiguille, etc. En observant très attentivement les faits de ce genre, il se pourrait qu'on réussît à faire prononcer quelques mots à une statue. »
Source : Connor, Steven (2004), “Incidents of the Breath: In Pneumatic and Electric Ventriloquisms”, A lecture given in the series 'Artificial Others: Lectures on Ventriloquism and Automata' at the Ruskin School of Art and Drawing, Oxford, February 17 2004.
Source : Evelyn, John (1642-1704), “Diary and Correspondence of John Evelyn”, Edited from the original by William Bray, London : H.G. Bohn, 1862, Vol. 1, p. 308.
Source : Hankins, Thomas L. (1999), “Instruments and the Imagination”, Princeton University Press, p. 181.
Urls : http://www.bbk.ac.uk/english/skc/incidents/ (last visited ) http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/article-13349630-6.html (last visited )

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