NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1650 __ « Musurgia Universalis sive ars magna consoni et dissoni – Magia Phonocamptica »''' (Universal Music-making) » — Echo, resonance
Athanasius Kircher (1608-1680)
Comment : Musurgia Universalis is an exhaustive compendium of musical knowledge at the transition point between sacred renaissance polyphony and secular Baroque music. Much of Musurgia is dedicated to a survey of contemporary music, including the first published mention of the baroque 'doctrine of the affections' in which music is ideally analogous to human emotions. Many surviving compositions by Frescobaldi, Froberger and other baroque masters are due to Kircher's extensive transcriptions and reproductions of scores in Musurgia. Kircher speculates on the music of early cultures and reproduces a melody he claimed to have seen on a manuscript in Sicily dating back to ancient Greece, making it (if authentic) the oldest surviving example of musical notation. A large part of the book is devoted to the history of instrumentation, including the anatomy of voice and hearing, and an extensive theory on acoustics entitled “Magia Phonocamptica, sive de Echo”, in which he described sound as 'the ape of light'. Kircher professes the Boethian concept of musical harmonies' mathematical correspondences within the body, the heavens, and the natural world, and concludes with a discussion of the unheard music of the nine angelic choirs and the Holy Trinity. Kircher's research in music and acoustics led to many innovations and inventions, particularly in the area of amplification and sound design, which he would expand upon in his “Phonurgia nova” (Kempten, 1673). Other devices created the illusion of talking statuary, hydraulically powered mechanical music-playing automata, the æolian harp (which was revived and venerated by the English romantic poets as a model of divine inspiration), the hearing aid, and the arca musarithmica: a primitive mechanical computer that would compose simple random compositions, as well as write messages in cipher, calculate the date of Easter in any year, and design fortifications. Surviving examples of this device are held by the Museum of the History of Science in Florence and the Pepys Library at Magdalene College, Cambridge. Speaking statues : Kircher alongside many others in the 17th century was fascinated by the material basis of sound. He shows statues which seem to talk, as if miraculously. Street noise is conveyed through walls and out of the statues' mouths by means of horns and tubing. (Tomus II).The celebrated Jesuit father seeks however, to do nothing more than to effect a communication of thoughts between two rooms in the same building. He places, at short distances from each other, two spherical vessels carrying on their circumference the letters of the alphabet, and each having suspended within it, from a vertical wire a magnetized figure. If one of these latter he moved, all the others must follow its motions, one after the other, and transmission will thus be effected from the first vessel to the last. Father Kircher observes that it is necessary that all the magnets shall be of the same strength, and that there shall be a large number of them, which is something not within the reach of everybody. This is why he points out another mode of transmitting thought, and one which consists in supporting the figures upon vertical revolving cylinders set in motion by one and the same cord hidden with in the walls. (The Museum Of Jurassic Technology, Culver City, CA, and compiled from various sources.)In the 17th century, Kircher described musical automata where the score was coded on rotating drums as Cartesian coordinates - earlier than Descartes : these are the first examples of stored programs, long before Jacquard’s automatic weaving loom. (Jean-Claude Risset)
French comment : La vitesse est la même pour tous les sons.Le son ne se transmet pas instantanément. [...] Par exemple, on n’entend l’explosion d’une arme à feu tirée au loin, que quelque temps après avoir aperçu la flamme et la fumée. [...] On nomme vitesse du son l’espace qu’il parcourt en une seconde; définition qui suppose que le mouvement de propagation est uniforme, ce que l’expérience confirme. La théorie montre que, si l’on néglige l’amplitude des vibrations du corps sonore, la vitesse, dans un même milieu, st la même pour tous les sons, graves ou aigus, et quel que soit leur timbre. L’observation confirme encore ce résultat, du moins pour les distances sur lesquelles on a pu expérienter. Ainsi, l’on reconnaît qu’un air de musique n’est pas altéré, quand on l’entend d’une grande distance; ce qui ne manquerait pas d’avoir lieu, si les différents sons qui le composent ne parvenaient pas à l’oreille dans le même temps. M. Biot, ayant fait jouer des airs de flûte, à l’extrémité d’un tuyau de 951 mètres dépendant des aqueducs de Paris, les sons parvinrent à l’autre extrémité en conservant exactement les mêmes intervales; car les airs n’étaient nullement altérés. L’intensité paraît avir une influence sensible sur la vitesse, quand l’amplitude cesse d’être très petite. C’est ce qui résulte d’une théorie récente et plus complète de la propagation du son, due à M. Earnshaw; et ce qui est confirmé par des observations faites dans les mers du Nord, où, par les temps calmes, le son parvient à de très grandes distances : en entendait, de très loin, le bruit du canon, avant la voix qui commandait de faire feu. On voit que ce sont les vibrations à grande amplitude qui se propagent le plus vite. Cette particularité vient en partie d’un dégagement de chaleur, qui accompagne la pression de l’air [...].Écho.On appelle écho la répétition d’un son réfléchi par un obstacle assez éloigné pour que le son réflécho ne se confonde pas avec le son entendu directement. On nomme centre phonique, le point où le son est produit; et centre phonocamptique, le lieu où il est réfléchi. [...] Il y a des échos mutiples, c’est-à-dire qui répètent plusieurs fois le même son. Il faut qu’il y ait alors deux obstacles, au moins, sur lesquels le son se réfléchisse. Les sons qui arrivent les derniers sons les plus faibles, puisqu’ils ont parcouru un plus long chemin, et que l’intensité du son diminue, comme nous le verrons, avec la distance parcourue. Les obstacles qui produisent les échos sont ordinairement des édifices, des rochers, des arbres, présentant une surface dirigée convenablemet pour qu’un rayon sonore faisant l’angle d’incidence égal à l’angle de réflexion, puisse passer par l’oreille de l’observateur. Si ce dernier émet lui-même le son, il faut ordinairement que l’on puisse mener une perpendiculaire, du lieu où il se trouve en quelque point de la surface réfléchissante. Les angles rentrants des édifices produisent souvent des échos, par une double réflexion sur les deux faces qui se coupent. Les aéronautes entendent des échos renvoyés par le sol. Les nuages peuvent aussi produire des échos : dans les expériences des membres du bureau des longitudes, le bruit du canon était accompagné d’échos, quand quelque nuage se montrait accidentellement. Enfin, un écho peut se former à l’ouverture d’un tuyau ou d’une longue galerie ouverte. On remarque que les échos s’entendent surtout le soir ou pendant la nuit, et quand l’air est calme; c’est que les sons se propagent plus loin, dans ces circonstances [...]; pendant le jour, le son réfléchi n’a pas assez d’intensité pour être perçu. [...] Le bruit du canon est presque toujours accompagné d’échos, qui se forment, soit sur des obstacles placés à la surface de la terre, soit sur des nuages. Les échos se rencontrent fréquemment dans les vallées profondes, dont la conformation est favorable à l’intensité du son [...]. Gassendi cite un écho situé près du tombeau de Métella, et qui répète huit fois un vers de l’Énéide. Kircher parle d’un écho, qu’il a observé au château de Simonetta, en Italie, entre deux ailes du bâtiment parallèlles, et qui répète quarante à cinquante fois le bruit d’un pistolet; Monge a eu l’occasion de vérifier le fait. Près de Coblentz, au bord du Rhin, il existe un écho qui répète dix-sept fois le même mot. Robert Plot fait mention d’un écho, situé à Woodstock, dans la province d’Oxfort, en Angleterre, qui reproduit dix-sept fois un son pendant le jour, et vingt fois, pendant la nuit. Á trois lieues de Verdun, on trouve un écho qui répète douze ou treize fois un son; le son est réfléchi par deux tours, entre lesquelles il faut se placer, et qui sont distantes de 50 mètres environ.Résonance.Quand un son réfléchi empiète sur le son direct, comme cela a lieu lorsque le centre phonocamptique est peu éloigné, il y a résonance; le son direct est renforcé par sa coïncidence partielle avec le son réfléchi, mais il devient confus, par la prolongation qu’y apporte ce dernier. Ce phénomène est remarquable dans les grands édifices, les églises. Dans une chambre, les sons, réfléchis par les parois, arrivent à l’oreille presque en même temps que les sons directs, qui se trouvent renforcés tout en conservant leur netteté. C’est pour cela qu’une voix s’entend mieux dans une chambre qu’en plein air.Variations de l’intensité sonore avec la distance.L’intensité du son perçu varie en raison inverse du carré de la distance à laquelle où se trouve le corps sonore. [...] On peut se faire entendre à de grandes distances, au moyen de tuyaux nommés tubes acoustiques, qu’on fait ordinairement en caoutchouc. On communique ainsi entre les différentes parties d’un vaste édifice; c’est aussi par ce moyen que l’on transmet les ordres dans le lieu où est installé la machine des grands navires à vapeur. Les angles brusques diminuent l’intensité du son transmis, tandis que les courbes continues ne l’affaiblissent qu’à peine. Plus l’intérieur du tube est poli, moins l’intensité est altérée. [...] Si le son se propage dans un demi-tuyau formant gouttière, son intensité diminue moins vite que dans l’air libre. [...] Citons le Dôme circulaire de Saint-Paul à Londres : une montre placée près du mur, dans la galerie qui règne à la naissance de la voûte, s’entend du côté opposé, quoiqu’il n’y ait pas ici d’angles rentrants. L’église de Glocester présente aussi ce phénomène, qui se remarque encore dans certaines grottes naturelles ou artificielles, parmi lesquelles nous citerons l’Oreille de Denys, auprès de Syracuse. On désigne souvent sous le nom de “cabinets parlants” ou de “cabinets secrets”, les espaces renfermés dans lesquels on observe ces phénomènes.Accroissement du son pendant la nuit.C’est un fait bien constaté, que les sons s’entendent beaucoup plus loin pendant la nuit que pendant le jour; c’est pour cela que certaines échos n’existent qu’après le coucher du soleil. De Humbolt a observé, par exemple, que le bruit des cataractes de l’Orénoque, entendu à plus d’une lieue, est à peu près trois fois plus fort la nuit que le jour. Ce fait avait été remarqué par les Indiens et les missionnaires d’Aturès. Quand on se trouve sur une colline qui domine une grande ville, on reconnaît facilement aussi que le bruit lointain des voitures se distingue beaucoup mieux la nuit que le jour. De Humbolt a remarqué de plus, que l’augmentation d’intensité est moins sensible sur les plateaux élevés que dans les plaines basses, et sur la mer que sur les continents. L’accroissement d’intensité du son pendant la nuit était connu des anciens ; Aristote en fait mention dans ses problèmes, et Plutarque, dans ses dialogues. On a voulu l’expliquer par l’absence, pendant la nuit, des mille bruits confus qui agissent sur l’oreille pendant le jour; mais ce silence n’existe pas dans les forêts de l’Orénoque, peuplée d’une foule d’animaux, d’insectes nocturnes qui remplissent l’air de leurs cris ou de leurs bourdonnements. De Humbolt a trouvé la véritable explication, en remarquant que, le nuit, l’air es calme et homogène, ce qui favorise la propagation du son; tandis que, pendant le jour, il est agité et composé de parties d’inégale densité. En effet, le soleil échauffe inégalement les diverses parties du sol, suivant l’état de leur surface; l’air qui les touche tend à en prendre la température, et les parties les plus dilatées s’élèvent et se mêlent imparfaitement à celles qui sont moins échauffées, de sorte que les couches inférieures de l’atmosphère sont peu homogènes. Or, un rayon sonore, à chaque passage d’une masse d’air dans un autre de densité différente, éprouve une réflexion partielle; la portion qui passe outre a donc perdu de son intensité. On voit aussi pourquoi le changement d’intensité du son du jour à la nuit, est moins sensible sur mer que sur terre; c’est que la température de la surface de l’eau ne présente pas les inégalités de celle du sol. Cette explication avait été entrevue par Aristote, qui attribuait au calme de la nuit la plus grande intensité du son; et par Plutarque qui, allant plus loin, trouvait la cause de l’affaiblissement pendant le jour dans le mouvement tremblant de l’air, produit par le soleil.Influence du froid.Derham a remarqué que les sons s’entendent plus loin quand il fait froid; ce fait, est confirmé dans les régions polaires, par le capitaine Parry, qui entendait souvent, à 1600 mètres de distance, la conversation d’hommes qui parlaient à voix ordinaire, doit être attribué à la plus grande homogénéité de l’air quand il fait froid. (Pierre Adolphe Daguin, “Traité Élémentaire de Physique Théorique et Expérimentale avec les applications à météorologie et aux arts industriels”, 2nd édition, Tome 1. Toulouse : Privat, 1861)« 2. Effets du Son sur les Etres Vivants.[...] Hermès déclare que la musique est la connaissance de l’ordre de toutes les choses; Pythagore et Platon enseignaient que tout dans l’univers est musique. De là, cette musique céleste - harmonie des mondes - danse des sphères, qui a troublé tant de têtes. [...] Selon les philosophes de l’école de Pythagore, l’âme humaine est en quelque sorte formée d’harmonie. Ils croyaient possible de rétablir, par le moyen de la musique, cette harmonie préexistante et primitive de nos facultés intellectuelles, troublé trop souvent par le contact des choses de ce bas monde. Les anciens auteurs sont pleins de récits qui se rapportent au pouvoir miraculeux des sons. [...] Le divin Amphyon bâtit les murs de Thèbes; au son de sa lyre, les pierres venaient d’elles-mêmes se placer les unes sur les autres, dans l’ordre prescrit. “... Agitataque saxa per artem Sponte sua in muri membra coisse ferunt”. Ici la musique fait naître les remparts d’une ville; ailleurs, elle les fera tomber : les murs de Jéricho s’écroulent au son des trompes des prêtres d’Israël. Dans les chants finnois, on voit les sables du rivage se transformer en diamants, les meules de foin accourir d’elles-mêmes dans la grange, les flots de la met se calmer, les arbres se mouvoir en cadence, et les ours s’arrêter avec vénération aux accents de la lyre de Wainamoinen, qui, saisi en lui-même, tombe dans une douce extase et verse, au lieu de larmes, un torrent de perles. ». (Rodolphe Radau, pp. 29-33)« 3. Propagation du Son dans les Différents Milieux.Comment le son se transmet-il jusqu’à l’oreille qui le perçoit ? Quel est l’invisible pont sur lequel il franchit les distances ? La réponse est facile. De toutes parts, un fluide élastique et léger nous environne; les vents nous montrent qu’il peut produire les plus puissants effets mécaniques; toute agitation un peu forte s’y propage aussitôt et se fait sentir loin du point d’origine. N’est-il pas dès lors naturel d’admettre que le fluide aérien propage, de la même manière, les mouvements qui donnent lieu à un son ? Nous voyons, d’ailleurs, qu’une détonation violente est toujours accompagnée d’un brusque déplacement de l’air, d’un choc fort sensible à distance. Aussi les physiciens n’ont pas tardé à soupçonner que l’air est le véhicule matériel du son, et ils ont songé à démontrer cette vérité en la retournant : sans air, point de son. [...] Voici ce que M. Glaisher a observé pendant les ascensions qu’il a faites en 1863 avec M. Coxwell. Une fois, il entendit, à 3000 mètres de hauteur, l’aboiement d’un chien et la voix du vent qui mugissait au-dessous de lui. Les cris de plusieurs milliers de personnes avaient cessé d’être entendus à la moitié de cette hauteur. Un autre jour, cependant, le sourd murmure de Londres leur arriva encore à 2 kilomètres d’élévation verticale. Le sifflet d’une locomotive fut entendu dans l’une de ces ascensions, à une hauteur de 6 kilomètres et demi; c’est la plus grande à laquelle une oreille humaine ait perçu des bruits partis de la surface sur sol. L’air était ce jour-là exceptionnellement humide. [...] Dans l’air comprimé, le son est considérablement renforcé, et l’audition y est exagérée. Dans les tubes où travaillaient les ouvriers employés à la fondation du pont d’Arcueil, tous les sons prenaient un timbre métallique qui ébranlait le cerveau; quand on y parlait, on se sentait la base du crâne vibrer comme une trompette. Une autre effet non moins désagréable de la tension de l’air comprimé était la résistance qu’il opposait au mouvement des lèvres; on y perdait le siffler, on bégayait. John Roebuck a également constaté la grande intensité des sons dans les soufflets d’un haut-fourneau du Devonshire. [...] La portée des sons, ou la distance à laquelle l’oreille peut encore les distinguer, représente en quelque sorte la mesure de leur intensité. La voix humaine s’entend quelquefois très loin. Nous avons déjà rapporté que, dans les régions polaires, Foster a pu tenir une conversation avec une autre personne à 2040 mètres de distance. Nicholson rapporte que sur le pont de Westminster, à Londres, on entend très bien, pendant la nuit, les voix des ouvriers qui travaillent dans les fabriques de Battersea, éloignées de 5 kilomètres. Le même auteur nous apprend que les cris des sentinelles de Portsmouth sont entendus, pendant la nuit, à Ride, dans l’île de Wight; la distance est de 7 ou 8 kilomètres. Le rire des matelots d’un navire de guerre anglais, stationné à Spithead, parvint jusqu’à Portsmouth, c’est-à-dire à 4 kilomètres. On a peine à croire ce que Derham a dit avoir constaté à Gibraltar, où la voix humaine aurait été entendue à plus de 10 milles anglais (16 kilomètres). D’après Hinrichs, les instruments de cuivre d’une orchestre russe s’entendaient à plus de 7 kilomètres. [...] L’éruption du volcan Saint-Vincent qui eu lieu en 1815, se fit entendre jusqu’à Demerary, sur une distance de 300 milles marins (550 kilomètres). [...] La cloche de l’île Copeland, dans la mer d’Irlande, est mise en branle par une machine; on dit qu’elle se fait entendre jusqu’à 24 kilomètres de distance. [...] Pour comparer [les divers résultats obtenus par les expériences], imaginons que le tunnel en maçonnerie que M. Thomé de Gamond propose de construire sous la Manche ait été réalisé. La distance du cap Grinez à la point d’Eastware, stations projetées de la voie sous-marine, est d’environ 33 kilomètres. Un coup de canon tité au cap Grinez serait donc entendu à la station anglaise au bout d’environ 97 secondes, à travers l’atmosphère ou par la colonne d’air enfermée dans le tunnel. L’eau de mer transmettrait la secousse en 23 secondes. Par les rails de la voie ferrée, elle arriverait en 6,50 secondes, par les fils du télégraphe probablement un peu moins vite. Enfin, s’il y avait une latte de sapin assez longue pour joindre les deux rives opposées, elle transmettrait le son en 5,50 secondes, le temps de prononcer rapidement trois alexandrins. ». (Rodolphe Radau, pp. 53-101)« Kircher se pose [...] le problème de construire un écho “hétérophone”, un écho qui réponde autre chose que ce qu’on lui chante. Voici comment il se tire d’affaire. Devant l’angle saillant que forment deux murs on dispose un obstacle de telle sorte qu’au lieu de renvoyer la voix au point d’où elle est partie, il la jette de l’autre côté du bâtiment, où se trouve caché un compère; celui-ci entend la demande et s’empresse de répondre ce qui lui plait; sa voix prend le chemin qu’a suivi la demande, et la réponse arrive ainsi à l’auditeur mystifié. [O]n demande : “Quod tibi nomen ?” (comment vous appelez-vous ?) et l’écho fallacieux répond : “Constantinus”. Kircher raconte qu’avec cette innocente mystification, il s’est beaucoup amusé aux dépens de ses amis, dans la campagne de Rome. Pour que l’illusion soit complète, il faut que les deux compères aient à peu près la même voix. ». (Rodolphe Radau, pp. 110-111)« Il serait possible d’utiliser les échos d’une église comme ornements du chant, en disposant habilement des pauses qui seraient remplies par les résonances. Kircher donne plusieurs exemples de phrases musicales ainsi composées; il ajoute que les églises de Saint-Pierre et de Saint-Jacques des Incurables à Rome offrent des dispositions très favorables pour mettre en œuvre cet artifice. ». (Rodolphe Radau, pp. 111-112)« Un Anglais qui voyageait en Italie, rencontra sur sa route un écho tellement beau, qu’il voulut l’acheter. L’écho était produit par une maison isolée. L’Anglais la fit démolir, numérota toutes les pierres et les emporta avec lui en Angleterre, dans une de ses propriétés, où il fit rebâtir la maison exactement comme elle avait été. Il choisit pour emplacement un endroit de son parc qui était à une distance du château égale à celle où l’écho avait été distinct en Italie. Quand tout fut prêt, l’heureux propriétaire résolut de pendre la crémaillère de son écho d’une manière solennelle. Il invita tous ses amis à un grand dîner et leur promit l’écho pour le dessert. On mangea bien, l’histoire ne dit pas si on ne but pas mieux ... Quand on fut arrivé au dessert, l’amphytrion annonça qu’il allait inaugurer sons phénomène, et se fit apporter sa boîte aux pistolets. Après avoir chargé lentement les deux armes,il s’approcha de la fenêtre ouverte et tira un coup. Pas l’ombre d’un écho ! Alors il prit le second pistolet et se brûla la cervelle. On n’a jamais su quel défaut de construction avait été la cause de son échec. ». (Rodolphe Radau, p. 115)« Á Genetay, à deux lieues de Rouen, il existe un écho remarquable dans une grande cour semi-circulaire. Quand on la traverse en chantant, on n’entend que sa propre voix, et les auditeurs placés en d’autres points n’en entendent que l’écho, qui est simple ou multiple, selon leur position. ». (Rodolphe Radau, p. 117)« Olus Magnus rapporte qu’il existe, près de Viborg en Finlande, une caverne miraculeuse dans laquelle il suffit de jeter un animal vivant pour qu’il en sorte une immense et épouvantable clameur. C’est la caverne de Smellen. Les habitants du pays ont quelquefois tiré parti de ce phénomène pour se débarrasser de leurs ennemis. Lorsqu’ils les voyaient s’approcher, ils se bouchaient les oreilles et se cachaient dans les caves pendant que le plus hardi prenait une bête quelconque et la précipitait dans la terrible caverne. Les mugissements qui en sortaient aussitôt “renversaient les ennemis comme des bœufs à l’abattoir”; alors les Finlandais quittaient leurs cachettes pour dépouiller les vaincus. Pline raconta quelque chose d’analogue d’une caverne située en Dalmatie, dans laquelle on n’a qu’à jeter une pierre pour exciter un ouragan. La grotte de Fingal, dans l’îlot de Staffa, présente un autre phénomène remarquable. Le fond de cette caverne est fermé et obscur comme un chœur d’église : des piliers de basalte y figurent des buffets d’orgue noircis par le temps. Lorsqu’on pénètre jusqu’à l’extrémité de la grotte, on aperçoit presque à fleur d’eau une espèce d’antre d’où sortent des sons harmonieux, chaque fois qu’une vague en dépasse le bord et que l’eau vient s’y engouffrer. C’est pour cette raison que, dans le Pays de Galles, on donne à la grotte le nom de “Llaimh-binn”, qui signifie “cave à musique”. Saint Clément d’Alexandrie raconte que chez les Persans il y a trois montagnes dans une campagne rase, qui sont tellement situées, qu’en s’approchant de la première l’on n’entend que des voix confuses qui crient et qui chamaillent; à la seconde, le bruit et le tintamarre est encore plus fort et plus violent; et à la troisième, l’on n’entend que chants d’allégresse et de réjouissance comme après une victoire. (Rodolphe Radau, pp. 125-126)
Source : Siemens, C. WM. (1883), “THE HISTORY OF THE ELECTRIC TELEGRAPH”, In Scientific American Supplement, No. 384, May 12, 1883, p. 18.
Source : Daguin, Pierre Adolphe (1861). “Traité Élémentaire de Physique Théorique et Expérimentale avec les applications à météorologie et aux arts industriels”, 2nd édition, Tome 1. Toulouse : Privat.
Source : Radau Rodolphe (1867). “L’Acoustique ou les Phénomènes du Son”. Coll. « Bibliothèque des Merveilles » sous la direction de M. Édouard Charton. Paris : Librairie Hachette.
Source : Risset, Jean-Claude (2004). “The Liberation of Sound, Art-Science and the Digital Domain : Contacts with Edgard Varèse”. In Contemporary Music Review, Vol. 23, no. 2, June 2004, pp. 27-54. Routledge, Taylor & Francis Group.
Urls : http://www.geocities.com/neveyaakov/electro_science/kircher_sound_amplifier.jpg (last visited ) http://pauillac.inria.fr/~codognet/web.html (last visited ) http://www.mjt.org/ (last visited ) http://num-scd-ulp.u-strasbg.fr:8080/465/ (last visited ) http://imgbase-scd-ulp.u-strasbg.fr/displayimage.php?album=566&pos=4 (last visited ) http://num-scd-ulp.u-strasbg.fr:8080/453/ (last visited ) http://imgbase-scd-ulp.u-strasbg.fr/displayimage.php?album=557&pos=0 (last visited ) http://kircher.stanford.edu/ (last visited ) http://echo2.mpiwg-berlin.mpg.de/content/jesuit/jesuit_sciences (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?mode=imagepath&url=/mpiwg/online/permanent/library/B398U3SN/pageimg&viewMode=images (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=91&viewMode=images&pn=97&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=101&viewMode=images&pn=103&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=131&viewMode=images&pn=134&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=131&viewMode=images&pn=140&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=141&viewMode=images&pn=149&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=151&viewMode=images&pn=160&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=161&viewMode=images&pn=165&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?pn=165&ws=3&url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=161&viewMode=images&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?start=171&viewMode=images&ws=3&mode=imagepath&url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&pn=172 (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?pn=179&ws=2&url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&start=171&viewMode=images&mode=imagepath (last visited ) http://echo.mpiwg-berlin.mpg.de/ECHOdocuView?start=181&viewMode=images&ws=2&mode=imagepath&url=%2Fmpiwg%2Fonline%2Fpermanent%2Flibrary%2FNXS3BTBA%2Fpageimg&pn=187 (last visited )

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