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1646 __ « Pseudodoxia Epidemica, or Inquiries into Vulgar and Common Errors »
Sir Thomas Browne (1605-1682)
Comment : With regard to the possibility of such a magnetic telegraph as Strada speaks of he says (Book II, chap. III) : « The conceit is excellent and, if the effect would follow, somewhat divine; whereby we might communicate like spirits, and confer on earth with Menippus in the moon. And this is pretended from the sympathy of two needles, touched with the same loadstone, and placed in the centre of two abecedary circles of rings, with letters described round about them, one friend keeping one and another keeping the other, and agreeing upon the hour when they will communicate, at what distance of place soever, when one needle shall be removed unto another letter, the other, by wonderful sympathy, will move unto the same. ». (Paul Fleury Mottelay)
French comment : Thomas Browne, né à Londres le 19 octobre 1605, est mort le jour de son soixante-dix-septième anniversaire, à Norwich, en 1682. Il fit ses études à Pembroke College, Oxford, où il fut reçu Bachelor of Arts en 1626 puis Master of Arts en 1629. Il entreprend ensuite des études de médecine à Montpellier et aux Pays-Bas, où il fut reçu docteur en médecine à la Faculté de Leyde en 1633 ou 1634. C’est à Halifax, dans le Yorkshire, qu’il s’installa comme médecin et entreprit la composition de son premier livre, Religio Medici. Pseudodoxia Epidemica fut publié en 1646; puis, en 1658, deux traités en un seul volume, Hydriotaphia et The Garden of Cyrus. Deux autres traités, A Letter to a Friend et Christian Morals, seront publiés après sa mort.Browne analyse les causes des croyances populaires telles que : les insuffisances de la nature humaine, la facilité à se tromper, les déductions fausses, le respect aveugle de l'autorité, la crédulité, l'influence du diable. Il y a, dans la méthode employée par Browne, une bonhomie dans l'ironie, qui se teinte d'étrangetés et se tient avec une certaine complaisance entre l'ingéniosité et le savoir. Son immense mérite, bien avant Flaubert et son célèbre dictionnaire "des idées reçues" est de ne pas accepter comme argent comptant ce que chacun accepte et colporte sans se poser la question de la justesse. Il passe au crible de son esprit critique les "idées reçues" comme "les idées généralement admises" et les soumet à l'expérimentation en se réservant le droit d'être incrédule. Les 7 livres qui forment le volume lui permettent ainsi avec sa rhétorique implacable de se déplacer du règne animal (De l'autruche à la vipère en passant par le phénix) aux croyances religieuses (D'Ève à Mathusalem) ou aux idées reçues concernant l'homme (Des Juifs aux Nègres ou aux Gitans) ou aux croyances et aux dogmes dits "scientifiques" (De la pierre d'aimant aux corps électriques ou à l'origine du monde). (Éditions José Corti, 2004)Le second livre de la “Pseudodoxia” s’ouvre par deux dissertations où l’auteur touche à des questions de haute chimie et de haute physique. Dans l’une, il combat l’opinion encore accréditée qui regardait le cristal comme de l’eau cristallisée; dans l’autre, il traite, et avec des connaissances fort exactes, de l’aimant et du magnétisme terrestre. Il n’est pas seulement au courant de tout ce qu’on savait alors sur les deux mouvemens de l’aiguille aimantée, sur l’aimantation naturelle du fer, sur les modifications que subissent ses propriétés magnétiques quand on le chauffe ou qu’on le refroidit de diverses manières : il est encore à même de fournir quelques documens nouveaux qu’il doit à ses propres expériences, et ce qui n’est pas moins digne de remarque, il a la sagesse de s’en tenir à constater les faits sans hasarder aucune hypothèse sur les causes. [...] Que l’on ne s’arrête pas trop cependant à ces présomptions et à ces conjectures qui dirigeaient les recherches du médecin de Norwich. Cela était du temps : quand on ne sait pas ce qui est, on ne peut arriver à le découvrir qu’en cherchant ce qui n’est pas. Pour bien juger Browne, il convient de mesurer surtout ce qu’il a fait. Replaçons-le au milieu des savans de son époque, des Robert Fludd, des docteur Dee et des Digby; rappelons-nous combien le XVIIe siècle à son début se ressentait encore du XVIe, combien, avec sa méthode expérimentale, il se bornait volontiers à changer la magie noire en une sorte de magie naturelle ou de physique prestigieuse,.et nous nous apercevrons vite que Browne n’est point un continuateur de la science chimérique, qu’il marche au contraire sans repos pour s’en éloigner, et que la tendance à laquelle il obéit est bien celle qui devait finir par l’expulser. Il a toute l’imagination de ses devanciers, et il a leur curiosité encyclopédique et décousue; il aime autant qu’eux le bonheur de concevoir et de créer des idées, mais il a un autre besoin qui creuse un abîme entre lui et l’école du passé : il a la soif de la vérité. S’il étudie la nature, ce n’est point dans l’intention de se livrer et de s’arrêter aux pensées les plus attrayantes qu’elle pourra lui suggérer, c’est vraiment pour voir de son mieux. Non qu’il soit un observateur modèle : il est plutôt un collectionneur de faits; mais son observation est singulièrement patiente et impartiale. Il est sans pitié pour ses peines, sans faiblesse pour ses penchans; il ne s’inquiète pas si une chose peut lui paraître évidemment fausse ou évidemment vraie : en dépit de toute vraisemblance et de toute invraisemblance, il veut essayer ce qui en est. Je lui laisserai raconter à lui-même une de ses expériences; il y est question des aiguilles sympathiques, c’est-à-dire d’une télégraphie magique que l’on croyait pouvoir établir au moyen de deux espèces de boussoles ayant des aiguilles touchées sur le même aimant et portant à leur circonférence les lettres de l’alphabet. « La tradition, dit Browne, prétendait que deux personnes munies de pareils cadrans n’avaient qu’à fixer une heure pour correspondre, et que si l’une d’elles dirigeait son aiguille vers une lettre, l’autre aiguille, à n’importe quelle distance, allait d’elle-même se placer sur la même lettre; mais en cela j’avoue que mon expérience n’a pu découvrir aucune vérité, car, ayant façonné “tout exprès” deux cercles de bois et les ayant divisés, suivant le nombre des lettres latines, en vingt-trois degrés; ayant ensuite placé au centre deux aiguilles tirées du même acier et touchées sur le même aimant, et au même point, j’ai eu beau conduire l’un des styles sur une lettre de son cadran, le second style, même à la petite distance d’un demi-empan, n’a pas cessé de demeurer aussi fixe que les piliers d’Hercule. » A quoi l’auteur ajoute une réflexion qui n’est pas moins caractéristique, c’est que « quand même la propriété eût été vraie, elle n’eût pas été au service de tout le monde, car ce n’est pas une simple affaire d’almanach, mais bien un problème mathématique que de trouver la différence des heures “en des lieux différens”. » [...] « En dernier lieu, écrit-il à la fin de sa dissertation sur l’aimant, nous devons dire quelques mots des relations magiques où nous rangeons tous les effets dont la paternité est imputée aux qualités occultes, aux formes spécifiques, aux antipathies et aux sympathies, et qui ne s’appuient sur aucune raison fournie par la science accréditée. Sur ces choses, les récits sont étranges et nombreux, les hommes étant portés en tout temps à multiplier les merveilles, et les savans traitant volontiers les substances admirables comme les historiens traitent les personnages éminens, à qui ils attribuent en vertu de leurs hauts faits maints autres actes qui ne sont pas seulement faux, mais impossibles, et dont la relation dépasse autant la réalité que le héros lui-même a dépassé les autres hommes. Parmi ces récits, nous en mentionnerons brièvement quelques-uns, qui sont faits par des auteurs de bon renom, afin que par eux nous puissions montrer les inventions des uns, la simplicité crédule des autres, et le grand tort que les uns et les autres font à la vérité en accroissant le nombre des obscurités dans la nature et en préconisant des qualités secrètes qui sont fausses, tandis que pour les sages esprits c’est déjà un sujet de honte qu’il en reste tant de vraies.». (J. Milsand, "Thomas Browne le médecin philosophe de Norwich", In Revue des Deux Mondes, XXVIIIième année, Période 2, T.14, 1er mars 1858, pp. 646-685)
Original excerpt : « . » (There is another of better notice, and whispered thorow the World with some attention; credulous and vulgar auditors readily believing it, and more judicious and distinctive heads, not altogether rejecting it. The conceit is excellent, and if the effect w)
Source : Fleury Mottelay, Paul (1922), “Bibliographical History of Electricity and Magnetism, Chronologically Arranged”, Read Books (2008), p. 123.
Source : Milsand, J. (1858), "Thomas Browne le médecin philosophe de Norwich", In Revue des Deux Mondes, XXVIIIième année, Période 2, T.14, (1er mars) 1858, pp. 646-685.
Urls : http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudo23.html (last visited ) http://www.jose-corti.fr/titresetrangers/pseudodoxia.html (last visited ) http://fr.wikisource.org/wiki/Thomas_Browne_le_médecin_philosophe_de_Norwich/01 (last visited ) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k869503.image.r=Revue+des+deux+Mondes.langFR.f647.tableDesMatieres (last visited ) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86952s.image.f633.tableDesMatieres (last visited )

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