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1627 __ « The New Atlantis - A work unfinished »
Francis Bacon (1561-1626)
Comment : In 1623 Sir Francis Bacon expressed his aspirations and ideals in The New Atlantis. Released in 1627, this utopian novel was his creation of an ideal land where "generosity and enlightenment, dignity and splendor, piety and public spirit" were the commonly held qualities of the inhabitants of Bensalem. In this work, he portrayed a vision of the future of human discovery and knowledge. The plan and organization of his ideal college, "Solomon's House", envisioned the modern research university in both applied and pure science. The novel depicts a mythical land, Bensalem, which is discovered by the crew of an European ship after they are lost in the Pacific Ocean somewhere west of Peru. The European narrator recounts some of the island's customs and, most importantly, its state-sponsored scientific institution, Solomon's House. The best and brightest of Bensalem's citizens attend a college called Solomon's House, in which scientific experiments are conducted in Baconian method in order to understand and conquer nature, and to apply the collected knowledge to the betterment of society.
French comment : Publié l’année suivant la mort de Bacon, “New Atlantis” parle d’une île située dans le Pacifique Nord où les aléas de la navigation sont conduit une poignée d’Européens. Au centre de la société insulaire s’élève la “Maison de Salomon” qui est une sorte d’Académie des Sciences et des Techniques disposant d’un pouvoir d’organisation sociale. Le but premier de cet établissement est “la découverte des causes et la connaissance des la nature intime des forces primordiales et des principes des choses, en vue d’étendre les limites de l’empire des hommes sur la nature entière et d’exécuter tout ce qui est possible”. Cette phrase est, sans doute, la première formulation de ce qu’on appellera ua XX° siècle, “l’impératif technicien” : “il faut faire tout ce qui est possible, effectuer toutes les expériences”. L’utopie baconienne est directement centrée sur la “foi dans la nouvelle science” (le nouvel “organon”) que caractérisent : 1) l’application de l’impératif technicien qui engendrera une foule de “découvertes et d’innovation” : nouvelles formes de vie végétales et animales, prolongement de la vie humaine, microscopes et téléscopes puissants, machines volantes et sous-marins, etc. ; 2) “l’organisation collective de la recherche” sous la forme d’une division du travail et d’une coopération entre les chercheurs, les analystes, les expérimentateurs, les classificateurs, les théoriciens synthétiseurs, etc. ; 3) le sens du caractère “progressif” et “cumulatif” de la connaissance scientifique et de la maîtrise technique. [...] Certes, conformément à l’esprit du temps, l’enveloppe reste chrétienne et “l’ailleurs” est encore géographique,.il s’agit bien d’une utopie et non d’une uchronie. Mais le message est clair : la Cité Idéale est à réaliser dans le futur et grâce à la nouvelle science. L’œuvre de bacon réfère explicitement aux générations futures : ce sont elles qui poursuivront la grande entreprise de transformation de la condition humaine grâce au “nouvel organum”. (Gilbert Hottois)
Original excerpt 1 : « [...] We have also sound-houses, where we practise and demonstrate all sounds and their generation. We have harmony which you have not, of quarter-sounds and lesser slides of sounds. Divers instruments of music likewise to you unknown, some sweeter than any you have; with bells and rings that are dainty and sweet. We represent small sounds as great and deep, likewise great sounds extenuate and sharp; we make divers tremblings and warblings of sounds, which in their original are entire. We represent and imitate all articulate sounds and letters, and the voices and notes of beasts and birds. We have certain helps which, set to the ear, do further the hearing greatly; we have also divers strange and artificial echoes, reflecting the voice many times, and, as it were, tossing it; and some that give back the voice louder than it came, some shriller and some deeper; yea, some rendering the voice, differing in the letters or articulate sound from that they receive. We have all means to convey sounds in trunks and pipes, in strange lines and distances. [...] »
French translated excerpt 2 : « [...] Nous avons aussi des maisons pour les sons; là nous essayons tous les sons, et mettons en évidence leur nature et leur mode de génération. Nous avons des gammes et des accords que vous ignorez, marchant par quart de ton, et des glissades entre des notes encore plus rapprochées. Pareillement, divers instruments de musique de vous inconnus, dont certains sont plus doux que tous ceux que vous avez. Des cloches et des clochettes aussi, délicates et douces. Nous savons produire des sons faibles de telle sorte qu'ils apparaissent comme graves et forts. De la même façon, les sons très forts, nous pouvons les faire apparaître comme faibles et aigus. Nous faisons des trémulations et des trilles à partir de sons qui dans leur premier jaillissement sons uns et entiers. Nous reproduisons et imitons tous les sons articulés et les lettres, ainsi que les cris et les chants des quadrupèdes et des oiseaux. Nous avons certains instruments capables de seconder l’ouïe : posés sur l’oreille, ils augmentent grandement la capacité auditive. Nous avons encore, dus à notre art, divers échos surprenants, qui renvoient la voix plusieurs fois, et, en quelque sorte, la lancent en l’air. Certains répercutent la voix en l’amplifiant; d’autres la rendent stridente, tandis que d’autres encore la renvoient plus grave. Il en est même qui répercutent les phrases en en ayant modifié certaines lettres ou certains sons articulés. Nous avons enfin des moyens pour transporter les sons dans des conduits et des tuyaux, y compris sur de longues distances et sur des trajets sinueux. [...] » (Translated by Michèle le Dœuff et Margaret Llasera)
Source : Bacon, Francis (1627), “The New Atlantis”, In “The Works of Francis Bacon”, collected and edited by James Spedding, Robert Leslie Ellis, Douglas Denon Heath, Vol. V, New York: Hurd and Houghton, Boston: Taggard and Thompson, 1864, p. 407.
Source : Bacon, Francis (1627), “La Nouvelle Atlantide”, translated by Michèle le Dœuff et Margaret Llasera, Paris : GF Flammarion (1995), 2ème édition revue 2000, p. 127.
Source : Hottois, Gilbert (2001), “De la Renaissance à la Postmodernité — Une histoire de la philosophie moderne et contemporaine”, 3ème édition, De Boeck Université, pp. 64-65.
Urls : http://oregonstate.edu/instruct/phl302/texts/bacon/atlantis.html (last visited ) http://stl.recherche.univ-lille3.fr/seminaires/philosophie/macherey/macherey20082009/macherey07012009.html (last visited )

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