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1615 __ « Les Raisons des forces mouvantes »
Salomon de Caus (1576-1626)
Comment : In his book « Les Raisons des forces mouvantes » (1615), Caus included a treatise on water organs which covers their tuning, registration, and mechanics, and engravings showing the places where they were used. (The New Grove Dictionary of Musical Instruments, s.v. "water organ". Joseph Dillon Ford - The Soniferous Seventeenth Century)After Prince Henry’s early death (aged only eighteen / son of King James VI), de Caus entered the service of the Elector Palatine, Frederick V, and his wife Princess Elizabeth, Henry’s sister. He was installed at Frederick’s palace at Heidelberg, where he began work, ca 1614, on what was to become his masterpiece, the spectacular garden known as the Hortus Palatinus. Work on this formal garden, and its elaborate fountains and artificial grottoes continued until Frederick’s political ambitions were decisively defeated in 1620. The Hortus was thereafter reduced to ruins, but, more recently there has been some partial reconstruction work done following the detailed plans left by de Caus in a 1620 publication (also called Hortus Palatinus) that was bound with later editions of “Les Raisons”. After 1620, de Caus returned to his native France, from which he had fled, as a Hugenot refugee, many years earlier. He died in Paris. As well as Les Raisons and Hortus Palatinus, de Caus also published a treatise on perspective, “La Perspective, Avec la Raison des Ombres et Miroirs” (1612) and a work on sundials: “La Pratique et Démonstration des Horloges Solaires” (1624). (Compiled from various sources)
French comment : En l'honneur de l'entrée royale de Louis XIII à Dieppe en 1617, le gouverneur et les échevins de la ville organisèrent de fastueux divertissements. Ils firent notamment construire un rocher devant l'Hôtel-de-Ville (actuelle place Nationale) qui, selon David Asseline, "estoit des plus beaux que l'on puisse s'imaginer, estant composé d'une quantité de rares pourcelaines, de très précieux vignots et d'un très grand nombre de rocailles [...]. Un mémoire porte qu'il enfermoit une fonteine artificielle que le sieur Isaac de Caux, Dieppois et ingénieur, avoit si bien inventée, que l'eau qui couloit d'une cuve placée au haut de la Maison de Ville, et tomboit, par certains canaux, dans le corps de plusieurs oyseaux de terre, non seulement leur faisoit chanter un ramage tout à fait surprenant, mais même que par le moyen d'un autre tuyau, elle eslevoit admirablement une pomme et une couronne en l'air jusqu'à ce que venant à manquer, l'une et l'autre qui avoient esté suspenduë descendoient alors au lieu d'où elles avoient été transportée" (extrait de Les Antiquitez et chroniques de la ville de Dieppe, par David Asseline, 1682, réédition 1874). Cette fontaine originale, disparue, témoigne d'un art mécanique très prisé à l'époque, art dont le célèbre ingénieur dieppois Salomon de Caus (1576-1626), parent d'Isaac, était l'un des plus illustres spécialistes. Son ouvrage «Les raisons des forces mouvantes» (1615) propose une série de modèles de fontaines animées par des automates et des machines hydrauliques, véritables curiosités parfois musicales mêlant esthétisme et ingéniosité, égayant jardins et grottes. Leurs techniques hydrauliques et pneumatiques sophistiquées, leurs oiseaux artificiels chantants, leurs flûtistes mécaniques, leurs nymphes, dragons et satyres animés prolongent en fait les jeux d'eaux des jardins et grottes de la Renaissance. Ainsi en Italie peut-on citer nombre d'exemples dont l'orgue hydraulique de la villa d'Este à Tivoli, et en France les travaux de Bernard Palissy (1510-1590). Les fontaines des jardins de Saint Germain-en-Laye, réalisées en 1598 par l'ingénieur florentin Thomas Francini, offraient également le spectacle impressionnant de six cavernes peuplées d'automates, avec bruitages (musique, tonnerre), qui effrayaient Louis XIII enfant. On peut encore évoquer la fontaine qui autrefois jaillissait d'une grotte, dans la galerie du château d'Outrelaize à Gouvix (Calvados) : conçu en 1600 et 1604 par un artisan surdoué nommé Marin Bourgeois, dont l'atelier se trouvait au dessus de celui de Bernard Palissy au Louvre, un système hydraulique complexe produisait le chant d'un coucou et de Philomèle, ainsi que les mouvements d'un cygne buvant et d'une chouette se cachant. À Dieppe, dès 1532, l'accueil grandiose par la Ville de la Reine Eléonore de Habsbourg, seconde femme de François 1er, et du dauphin François, alors âgé de 14 ans, suscita déjà la création d'un rocher, près de la fontaine du Puits-Salé. On y découvrait le Roy David et la Reine Betzabée protégeant le «petit Salomon du Royaume de Judé », allusion à la famille royale ; 5 cavernes abritaient une salamandre remuant «teste et piés», référence directe aux armoiries de François 1er, un Phénix dont les ailes et le bec s'ouvraient, et 3 jeunes dieppoises personnifiant la Foi, la Charité et l'Espérance. Ce décor théâtral conçu comme un hommage rendu aux souverains ne paraît pas avoir été associé à des jeux d'eau : l'aqueduc Toustain (1558) chargé de conduire l'eau pure et abondante d'une source de Saint-Aubin-sur-Scie jusqu'à la fontaine du Puits Salé n'existait pas encore. Mais le droit de capter les eaux de cette source sera officiellement accordé aux dieppois quelques jours plus tard. (Viviane Manase, Ministère Français de la Culture et de la Communication)
Original excerpt : « (Introduction).D'autant que les compositions, & effets que produisent toutes sortes de machines, sont causées par le moyen des quatre éléments, lesquels donnent corps & mouvement à icelles, il ma semblé bon de montrer la définition d'un chacun d'eux en particulier, & aussi aucuns de leurs efets. Quand à leurs situations, l'opinion commune & la plus reçue des philosophes, lesquels ont discouru de leurs ordres, ont imagine le feu au-dessus de l'air, & l'air au-dessus de la terre, & l'eau, les deux premiers étant toujours légers voulant toujours monter en haut, & les deux derniers pesant, voulant toujours descendre en bas?.(Title of some engravings).Pour contrefaire la voix des petits oiseaux par le moyen de l'eau, & l'air.Pour faire representer plusieurs oiseaux lesquels chanteront diversement quand une choüette se tournera vers iceux, & quand ladite choüette se retournera, ils cesseront de chanter.Machine par laquelle l'on representera une Galatee qui sera trainee sur l'eau par deux daufins, allant en ligne droite, & se retournant d'elle mesme, cependant qu'un ciclope Joüe dessus un flajollet.Machine par laquelle l'on representera le son d'un flajollet avec le cours de l'eau.Machine par laquelle on fera sonner un jeu d'orgues, par le moyen de l'eau.Machine, par laquelle les soufflets de la precedente, se pourront hausser pour donner le vent aux tuyaux d'orgues.Representation de la roüe musiqualle, en plus grande forme pour servir au probleme 28.Machine hydraulique, par laquelle les orgues pourront sonner, avec l'eau sans aide des soufflets.Pour faire une machine admirable, laquelle estant posee au pied d'une figure, jettera un son au lever du soleil, ou quand le soleil donnera dessus en sorte qu'il semblera que ladite figure face ledit son.Sistesme vulgairement dit diapason, servant pour la mesure des tuyaux d'orgues.. »
Source : Ford, James Dillon (1995), "From Vocal Memnon to the Stereophonic Garden : a short history of sound and technology in landscape design", a paper prepared for CELA, Council of Educators in Landscape Architecture Annual 1995.
Source : Caus, Salomon de (1615), “Les raisons des forces mouvantes, avec diverses machines tant utiles que puissantes, auxquelles sont adjoints plusieurs dessings de grotes & fontaines”, Francfort : Norton.
Source : Seris, Jean-Pierre (1987), "Machine et Communication: du théâtre des machines à la mécanique industrielle", Paris : Vrin.
Source : Vérin, Hélène & Dolza, Luisa (2002), “Une mise en scène de la technique: Les théâtres de machines”, In Alliage n° 50-51 “ Le spectacle de la technique”, Paris : Seuil.
Urls : http://www.newmusicclassics.com/resume_folder/cela_1995.html (last visited ) http://cnum.cnam.fr/ILL/FDA1.html (last visited ) http://www.tribunes.com/tribune/alliage/50-51/Dolza.htm (last visited )

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