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1588 __ Book Wheel''' or '''Reading Wheel
Agostino Ramelli (Capitano) (1531-1590)
Comment : Agostino Ramelli designed a "reading wheel" (or “book wheel”), which allowed browsing through a large number of documents without moving from one spot to another. The device presented a large number of books - a small library - laid open on lecterns on a kind of ferry-wheel. It allowed skipping chapters and browsing through pages by turning the wheel to bring lectern after lectern before the eyes. Ramelli's reading wheel thus linked ideas and texts and reminds of today's browsing software used to navigate the World Wide Web. It offered its user the possibility of having various books on hand, maintained in an horizontal position by means of a complex system of toothed wheels, in such a way that the books « will not fall, nor will they move from the place where they are put: in fact they will remain always in the same state, and they will represent themselves always before the reader in the same manner they have been placed above its boards, without that it should be necessary to bind them, nor hold them with any thing ». His studies and projects were collected together in the volume entitled “The diverse and artifactitious machines of captain Agostino Ramelli” : this was a ponderous work in folio, published in Paris in 1588, in which there are 194 plates accompanied by a text in Italian and French and which presents his congenial inventions, part of which imaginary. There are: 110 pumps or mechanisms for raising water, 25 mills, 10 cranes, 7 mechanisms for hauling heavy structures, 4 caissons for the drainage of ditches (and moats!), 4 fountains, 15 bridges for the crossing of ditches/moats, 14 devices for breaking through enemy defences and, finally, devices for launching cannon balls and also trabuches (kinds of catapults). This work is a classic of Renaissance engineering and exerted a considerable influence with regards to the development of European mechanics during the successive decades. (Compiled from various sources)
French comment : "Les dessins de Ramelli sont réalisables, écrit L. Reti, et ils donnent suffisamment de détails pour répondre à la plupart des questions touchant la construction et le mécanisme, bien que l'extrême complication de ses machines rende parfois difficile l'identification du principe qui détermine leurs opérations" (In "Leonardo and Ramelli", Technology and Culture, XIII, 1972, pp. 577-605). La bibliothèque tournante de Ramelli passait pour une fantaisie frivole et impraticable jusqu'à ce que l'érudit Dante Gnudi réalise un modèle rigoureusement conforme aux indications de l'auteur, qui fonctionne parfaitement si les détails de l'engrenage épicyclique sont fidèlement respectés (Bert S. Hall, "A Revolving Book-Case by A. Ramelli", Technology and Culture, XI, 1970, pp. 389-400). Usage ludique de l'engrenage épicyclique, mais peu importe. Il n'est pas interdit de penser que les Théâtres ont contribué à faire pénétrer les inventions technologiques de Léonard de Vinci au cœur de la pratique technologique européenne. Justement dans la mesure où ils ne pensaient pas à en être le reflet. (Jean-Pierre Séris,pp. 31-32)En 1588, Ramelli publie à ses frais un livre bilingue, "Le diverse et artificiose machine", en français et italien. Ce bel exemple du travail des imprimeurs français de la fin du XVIe siècle, mais aussi de graveurs, - près de 200 gravures ornent en effet l’ouvrage - est considéré à juste titre comme l’un des plus importants livres consacrés aux machines de la Renaissance. Comme "De Re Metallica", de Agricola, il sera copié à maintes reprises et répandu dans tout l’Europe et, grâce aux Jé- suites, même jusqu’en Chine! L’oeuvre va défier son temps. Deux ou trois siècles plus tard, elle exercera encore une influence considérable sur le développement du génie mécanique, puisque des machines seront alors construites selon ses indications détaillées, suivant la haute précision des gravures sur cuivre. Une précision si redoutable qu’elle avait parfois plongé dans l’impuissance les constructeurs de l’époque de Ramelli qui avaient dû renoncer. Il faut dire que l’imagination d’Agostino est foisonnante: des machines de guerre, des machines hydrauliques, des grues, mais aussi des moulins, des fontaines, des automates, rien n’arrête ce concepteur de génie Ne va-t-il pas jusqu’à inventer une ingénieuse et poétique Roue à livres, qui, dans son esprit, n’est pas sans rappeler notre Web actuel? Cet engin donne aux lecteurs une accessibilité optimale pour naviguer entre un grand nombre de livres fixés à une roue verticale. (Steven Gheyselinck, “Ramelli, ancêtre du Web, de l’oeuf de Fabergé et du moteur Wankel”, 2005)La première Roue à Livres est apparue dans le "Le diverse et artificiose machine del Capitano Agostina Ramelli" (des machines artificieuses, etc), de Ramelli (1531-1600), paru à Paris en 1588. Le texte, en français et en italien qui accompagne la gravure 188 précise "qu'avec cette sorte de machine un homme peut voir et lire une grande quantité de livres sans se mouvoir d'un lieu; outre elle porte avec soi une belle commodité, qui est de tenir et occuper peu de place, etc.". Une seconde Roue à Livres fît son apparition en 1611 dans l'ouvrage de Heinrich Zeising, "Theatrum machinarum", mais tout porte à penser quand on compare les deux images, qu'il s'agît d'une copie de l'image du Ramelli (probablement d'Andreas Bretschneider), qui était connu en Allemagne, puisqu'une traduction parût quelques années plus tard, en 1620. Il est en effet amusant de constater que si le lecteur change à peu près sur les deux gravures, le décor est très semblable, avec une porte à l'arrière-plan et une bibliothèque en haut à droite. (Celle de 1620 aura subi quelques modifications, se situant à mi chemin entre la Ramelli d'origine et celle de Zeising). Plus curieuse est cette roue à livres qui apparaît dans un livre chinois du missionnaire jésuite Terrence Schreck en 1627. Lors de son séjour en Chine, cet érudit travailla avec le chinois Wang Cheng à un ouvrage sur les technologies occidentales, et copia lui aussi la gravure originale de Ramelli avec quelques changements (mais la porte et la bibliothèque n'ont pas bougé même si cette fois c'est un chinois qui actionne la roue! Public oblige!). Il est très intéressant de voir que Schreck n'a pas travaillé à partir de la gravure de Zeising, mais directement à partir de celle de Ramelli. En effet, la porte de la gravure chinoise possède 3 verrous, comme celle de Ramelli, alors que celle de Zeising n'en comporte qu'un! Enfin, plus proche de nous, c'est le français Nicolas Grollier de Servière qui dans son ouvrage "Recueil d'ouvrages curieux de mathématiques et de mécanique", chez Forey, à Lyon, en 1719, va pour la première fois depuis 1588 proposer une gravure différente. Il critique au passage la complexité du modèle de Ramelli et son illustration est en effet plus simple. Grolier de Servière décrit ainsi la Roue à Livres : "Les deux grandes roues sont solidement attachées l'une à l'autre par un axe qui les fait tourner ensemble sur les pieds droits. Entre ses deux grandes roues, et autour de leur circonférence, il y a des tablettes ou pupitres qui y sont retenus par des espèces d'axes coudés et mouvants dans les grandes roues, en sorte que, lorsque les roues tournent, le poids des pupitres les tient toujours dans la même situation et les empêche de basculer et de perdre leur équilibre. Avant de travailler, on range sur les pupitres tous les livres dont on juge que l'on aura besoin". Pour l'histoire, on notera également la présence d'une Roue à Livres sur le portrait de Charles V assis en costume royal, peint en page frontispice de la traduction française du Policraticus de Jean de Salisbury (BNF, ms fr. 24287). Charles V possèdait en effet une superbe bibliothèque de près de 900 volumes, installée au Louvre dans la tour de la fauconnerie. Aujourd'hui, on peut encore voir des Roues à Livres au Smithsonian Institute, à la bibliothèque de Wolfenbüttel, en Basse Saxe. (Compiled from various sources)
Source : Seris, Jean-Pierre (1987), "Machine et Communication: du théâtre des machines à la mécanique industrielle", Collection “L’Histoire des Sciences”, Paris : Vrin.
Source : Le Meur, André (1991), "L’Électrification du signe et l’accès à l’information. Pour un continuum d’outils : banque de données, hypertexte, langage d’auteur", Thèse de doctorat de l’Université de Nancy II, Spécialité Informatique. Centre de Recherche en Informatique de Nancy, 1991.
Source : Ramelli, Agostino (1588), "Le diverse et artificiose machine del capitano Agostino Ramelli dal Ponte della Tresia: nellequali si contengono varij et industriosi movimenti, degni digrandissima speculatione, per cavarne beneficio infinito in ogni sorte d’operatione: composte in lingua Italiana et Francese A Parigi: in Casa del’autore, 1588.
Urls : http://www.provincia.va.it/preziosita/ukvarese/pers/ramelli.htm (last visited ) http://library.epfl.ch/docs/pdf/cal-2005-05.pdf (last visited ) http://bibliophilie.blogspot.com/2009/04/la-roue-livres-lun-des-articles-les.html (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=KLkMfxHfx0o (last visited )

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