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1575 __ « Cosmographie Universelle »
André Thevet (ca 1516-1594)
Comment : The Frozen Words were understood by the fabulously autocentric Thevet as a distortion bred from his own account of the Canadian "Isle of Demons". Like the charming medieval plagiarist, Sir John Mandeville, Thevet wrote himself into the records of other men's experience. Thevet identifies the latter as the island where the Sieur de Roberval, Jean François de la Roque (commissioned by Francis I to found the first colony in New France) marooned his niece Marguerite in punishment for her shipboad affair with a member of the "good company of gentlemen and artisans of all kinds and several women" who accompanied him in this attempted settlement (Thevet, "La Cosmographie"). The "Isle of Demons" gets its name, according to Thevet's account in book 23, from "the great illusions and phantoms which were seen there", for which reason it is, though "the largest and most beautiful" island off the coast of Newfoundland, uninhabited. Thevet says he interviewed Marguerite on her return to France and asked her about these voices. She said she had been troubled by them only at the beginning of her twenty-seven-month ordeal, after the deaths of her lover, her servant, and her child left her even more utterly alone. (Thevet says, in the "Grand Insulaire" : "it is not improbable that if she had considerable company the demons would rather have selected some retreat other than this ill-fortuned isle. And to tell the truth, solitude greatly reinforced the effect of these apparitions, as truly is nothing in the world more inimical to the assurance which one could wish to maintain than to be alone in a place, deserted and abandoned by everybody in the world."). (Compiled from various sources)
French comment : Le rigoriste Roberval, gentilhomme protestant et quelque peu puritain, avait débarqué sur une île déserte, une île du Saint-Laurent, près de l’embouchure de la rivière Saint-Paul, appelée île des Démons, sa nièce Marguerite, coupable d'avoir eu une liaison avec un officier du bord durant la traversée. Marguerite survécut en dépit de la rudesse du climat, mais son amant et l'enfant dont elle acoucha moururent tour à tour. Après de longs mois de lutte contre le froid, les ours et les démons, l'exilée fut délivrée par un navire de passage et fit une fin édifiante en France. Tour à tour Marguerite de Navarre dans "l'Heptaméron (nouvelle 67), François de Belleforest dans les "Histoires tragiques" (tome V, histoire 3), J. Hulpeau et G. Mallot, 1572, et Thevet dans la "Cosmosgraphie Universelle" ont raconté l'histoire de la Marguerite de Roberval. (In “Histoire de deux voyages d'André Thevet Angoumoisin, Cosmographe du Roy, de deuxvoyages par luy faits aux Indes Australes et Occidentales”, édité par Frank Lastringant et Jean-Claude Laborie, chapitre 55, p. 364, Genève : Librairie Droz, 2006)L'île des Démons, confondue parfois avec l'île de la Damoiselle, au Nord de Terre-Neuve, sur le détroit de Belle-Isle. (Ibid, p. 358)Thévet raconte, dans son admirable "Cosmographie Universelle", que cette île était baptisée du nom de "l'isle des Démons, à cause des grandes illusions et fantosmes qu'y si voyent par la ruse et cautelle des diables". Et il ajoute : "si on s'esgare bien avant, on ne fault d'y avoir rencontre des maudits esprits qui vous font mille algarades par les bois et déserts en plain midy". Vers le milieu du seizième siècle, l'isle aux Démons était célèbre par la terreur qu'elle inspirait. Les marins, le jour, la regardaient avec curiosité et, le soir, s'en éloignaient craintivement. Combien d'entr'eux avaient vu, dans les nuits noires, des esprits flotter dans l'espace, ou les avaient entendus gémir avec le vent dans les cordages. Quand la tempête sévissait, plus fortes que les éclats de la foudre et le bruit des vagues, leurs voix s'élevaient lugubres. "Ces vois causaient plus d'estonnements cent fois que la tempeste : les pilotes et les mariniers scavoient qu'ils étaient près de l'isle que on appelait des Démons". (In "L'isle aux Démons et autres récits", Louis Hyppolite Taché 1859-1927, BeQ Bibliothèque électronique du Québec, Collection "Littérature Québécoise", Volume 174, version 1.0, p. 61)
Original excerpt 1 : « Cosmographie Universelle, Book 23.Chapter 5.On the Country Called New[found]land, and in the Isle of Demons.[...] There are demons which are divided into good and evil, the ones we call angles and the others devils, and both are included under the appellation of spirit. Devils have passible bodies, which being struck suffer pain and are burned if they approach the fire. But I will leave all these matters for others to discuss, because it is not the subject for a cosmographer. I also do not want to discuss here by what charms they conjure these spirits who resist obeying and are rebellious to those who try to conjure tehm. All this may be learned in the books of philosophers who have busied themselves writing on the nature of demons. But I will tell you a very true thing, without feeding you lies, like those who never saw except through a hole what is to be seen on this isle and the neighboring areas of the sea (where also, they say, there are spirits which torment men day and night). Which is true, and I have been told so by not just one but by numberless pilots and mariners with whom I have long traveled; that when they passed by this coast, when they were plagued by a big storm, they heard in the air, as if on the crow's nest or masts of their vessels, these human voices making a great noise, whithout their being able to discern intelligible words, only suc a murmur as you hear on market-day in the middle of the public market. These voices caused them a hundred times more astonishment than the tempest around them. They well knew that they were close to the island called the Isle of Demons, but they paid no heed to this fact until some good people offered up prayers and invoked the holy name of Jesus; and little by little the murmur died away, although the storm continued for a long time afterwards. » (In “André Thevet's North America:a sixteenth-century view”, pp. 61-62)
Original excerpt 2 : « Icy donques je mettray pied en une Isle, nommée par moy l'isle de Roberval, pour ce qu'il fut le premier qui mit pied en terre, on luy donne le nom d'isle des Démons...L'isle aux Démons, la plus grande et la plus belle, est à présent déshabitée, et c'est grand dommage, veu la beauté du lieu et qu'elle tire plus vers nous que pas une. On y va assez de jour pour le fait de la pescherie et pour la chasse. Il y a là des Démons qui sont divisez en bons et en mauvais ; les uns desquels nous appelons Anges, et les autres diables, et tous sont compris soubst le nom et appellation d'Esprits. Les diables ont des corps passibles, qui estans frappez, se deulent, et sont bruslez, s'ils approchent le feu. Mais je laisse toutes ces choses à d'autres pour en discourir, pource que ce n'est pas le subject d'un cosmographe. Je veux aussi icy vous amener en avant, par quels charmes ils conjurent ces esprits, lesquels de montrent durs à obéyr, et rebelles à ceux qui taschent les conjurer. Tout cey se peult apprendre par les livres des Philosophes qui se sont amusez à escrire de la nature des Démons. Mais je vous diray chose très véritable, sans vous contenter de bourde, à la manière de ceux qui ne veirent jamais que par un trou, ce que se voit en icelle isle, et lieux voisins de la mer, où aussi on tient qu'il y a des esprits toumentans, tant de nuict que de jour, les hommes. Ce qui est vray, et me suis laissé dire, non à un, mais infiniz pilotes et mariniers, avec lesquels j'ay longtemps voyagé, que lorsque ils passaient par ceste coste, comme ils fussent agitez d'une grande tempeste, ils oyent en l'air, comme sur la hune et mastz de leurs vaisseaux, ces voix d'hommes faisant grand bruit, sans qu'ils entendissent rien formé de leur parolle, seulement un tel murmure que vous oyez un jour de foire au meillieu des halles publiques. Ces voix leur causaient plus d'estonnemens cent fois, que la tempeste qui leur était voisine; mais ils ne faisaient estat de telle chose, jusques à ce que quelques gens de bien se meirent en oraison et invocquèrent le sainct nom de Jésus. Et peu à peu, ils perdirent ce murmure quoy que la tempeste ne cessast de longtemps. » (Thevet, "Cosmographie Universelle", Vol. II, p. 1593; In "L'isle aux Démons et autres récits", Louis Hyppolite Taché 1859-1927, BeQ Bibliothèque électronique du Québec, Collection "Littérature Québécoise", Volume 174, version 1.0, pp. 62-63)
Source : Campbell, Mary B. (2004), "Wonder & Science — Imagining Worlds in Early Modern Europe", Chapter "Part II - Travel Writing and Ethnographic Pleasure — André Thevet and America, Part 1", Cornell University Press, pp. 25-50.
Source : Stabler, Arthur P. (1972), "The Legend of Marguerite de Roberval", Washington : Pullman, Washington State University Press.
Source : Schlesinger, Roger & Stabler, Arthur P. (1986), “André Thevet's North America:a sixteenth-century view”, McGill-Queen's Press - MQUP.
Source : Stabler, Arthur P. (1974), "Rabelais, Thévet, l'Ile des Démons et les paroles gelées", in Études Rabelaisiennes XI, Genève, Droz, "Travaux d'Humanisme et Renaissance", n° CXXXIX, p. 57-62.
Source : Malo, Henri (1910), "L’Île des Démons, la reine de Navarre et Alcofribas", Mercure de France, LXXXVI : 639–645.
Source : Thevet, André (1575), "La Cosmographie Universelle d’André Thevet, Comosgraphe du Roy, Illustrée de diverses figures des choses les plus remarquables veuës par l'Auteur, & incongneuës de noz Anciens & Modernes", Paris : Pierre l'Huilier.
Urls : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109341b (last visited ) http://freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~louislarocque/CanadiensDautrefois.htm (last visited ) http://fr.calameo.com/read/00000932339003a9ce19a (last visited )

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