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1575 __ Fontana dell'Organo - Villa d’Este
Comment : The aquatic soundscape of the Villa d'Este at Tivoli (1575) was virtually unsurpassed in the western world. Its fountains, including the famous Water Organ; hydraulic automata; and giochi d'acqua never failed to astonish visitors, even during periods of neglect when only desiccated ruins remained to conjure up some impression of the artistic and technological triumph achieved by designer Pirro Ligorio and engineer Orazio Olivieri.Michel de Montaigne's Journal de voyage en Italie (1580-81) contains one of the best contemporary accounts of the Tiburtine villa's aural ambiance: « The music of the [water] organ, which is real music and a natural organ, though always playing the same thing, is effected by means of the water, which falls with great violence into a round arched cave and agitates the air that is in there and forces it, in order to get out, to go through the pipes of the organ and supply it with wind. Another stream of water, driving a wheel with certain teeth on it, causes the organ keyboard to be struck in a certain order; so you hear an imitation of the sound of trumpets. In another place you hear the song of birds, which are little bronze flutes that you see at regals; they give a sound like those little earthenware pots full of water that little children blow into by the spout, this by an artifice like that of the organ; and then by other springs they set in motion an owl, which, appearing at the top of the rock, makes this harmony cease instantly, for the birds are frightened by his presence; and then he leaves the place to them again » (Montaigne, 963). (Joseph Dillon Ford)
French comment : Grâce à un complexe mécanisme hydraulique, la fontaine de l'Orgue, réalisée par Claude Venard. contient un orgue (mini concert toutes les heures) dont les sons sont amplifiés par la grande cascade qui se trouve dessous.La villa d'Este a été commandée par le cardinal Hippolyte d'Este, nommé gouverneur de Tivoli par le pape Jules III. De 1550 à sa mort en 1572, il a créé un château entouré de fabuleux jardins en terrasse dans le plus pur style maniériste. Le peintre des ambitieuses décorations intérieures est Livio Agresti de Forlì.Le cardinal s'est inspiré de la villa Adriana toute proche, un palais de l'empereur Hadrien, et de plus, il a utilisé une grande quantité de marbre qui s'y trouvait pour la construction. Il a repris les techniques d'approvisionnement en eau des romains pour alimenter les multiples fontaines des jardins. Par la combinaison d'éléments architecturaux et de jeux d'eau, les jardins de la villa d'Este ont exercé une très grande influence sur les créations paysagères en Europe. L'architecte Pirro Ligorio conçut les jardins de la villa, secondé par Thomaso Chiruchi de Bologne, un des plus éminents ingénieurs hydrauliciens du XVIe siècle (il avait travaillé sur les fontaines de la Villa Lante. À la villa d'Este, il a été assisté, pour la conception technique des fontaines, par un français Claude Venard qui était un constructeur expérimenté d'orgues hydrauliques. La poésie, la peinture et la musique ont célébré la villa d'Este. Liszt, qui y fut l'invité du cardinal Gustavo Hohenlohe, l'a prise pour thème dans son œuvre Les Jeux d'eaux à la Villa d'Este. (Compiled from various sources)L’expression «orgue hydraulique» est la transposition d’une expression latine (organum hydraulicum) et grecque qui n’apparaît qu’au Ier siècle p. C. (en latin chez Pline l’Ancien, en grec chez Héron d’Alexandrie) alors que l’appareil existe déjà depuis au moins trois siècles. L’expression française mérite qu’on s’y arrête un peu, d’abord parce que l’histoire de chacun de ses termes est curieuse, ensuite parce qu’elle a introduit une confusion difficile encore à dissiper aujourd’hui, faisant penser que l’orgue hydraulique est une machine différente de l’orgue tout court, alors qu’il n’en est rien: il y a continuité du principe de l’orgue, des origines jusqu’à aujourd’hui. L’Aelia Sabina, qu’une inscription du IIIe siècle p. C. découverte à Aquincum désigne comme une organiste, reconnaîtrait sans peine son instrument devant l’un des orgues construits par J. Hamel et elle n’aurait sans doute aucun mal à s’accorder avec F. Neveux pour jouer à deux instruments... L’«hydraule» est donc un «instrument à vent fonctionnant avec de l’eau» et est «hydraulique» ce qui se rapporte à l’hydraule. Un organum hydraulicum est une machine «organique», et non une machine qui fonctionne avec l’eau. Pourtant en français moderne l’adjectif «hydraulique» a perdu son sens pour devenir l’équivalent du peu employé «hydrique». «Hydraulique» se dit aujourd’hui de ce qui se rapporte avec l’eau ou de ce qui met en jeu un liquide sous pression («freins hydrauliques»). Cette évolution du sens d’«hydraulique» est à l’origine d’une mauvaise compréhension de l’expression «orgue hydraulique» et de la tendance à exagérer le rôle de l’eau dans un instrument qui est bien pneumatique et dans lequel le liquide ne joue qu’un rôle de régulateur de pression. (Philippe Fleury, "L’orgue hydraulique antique", Schedae, 2005)L’eau est « l’âme des jardins » et leur donne doublement la vie : en tant qu’élément nourricier indispensable au développement des végétaux, mais aussi en tant que composante mobile de l’espace. Ces éléments de cours proposent de réfléchir sur la maîtrise de l’eau pour introduire à différents enjeux de l’histoire des jardins, grâce à un bref parcours historique suivi de deux éclairages thématiques. Consubstantielle à l’art des jardins, cette maîtrise de l’eau se manifeste dans des formes ornementales variées au cours de l’histoire (« L’eau mise en scène ») ; elle requiert la réalisation d’infrastructures et la mise en œuvre de savoirs et de savoir-faire (« L’eau domestiquée ») ; elle repose enfin sur une transformation plus ou moins profonde du site et de son environnement (« L’eau régulée »). Le jardin atteint parfois une échelle considérable dans les grandes réalisations impériales, comme la villa d’Hadrien à Tibur (Tivoli, Italie, IIe siècle ap. J.-C.), dont la composition complexe comprend de nombreux dispositifs aquatiques : théâtre maritime, Pœcile, Canope, etc. Le jardin prend de l’ampleur dans l’Italie des XVe et XVIe siècles, et la maîtrise de l’eau y participe, avec l’ordonnancement géométrique, à une expression spectaculaire du pouvoir, qui se veut fondé sur le prestige culturel plutôt que sur l’usage de la force : l’abondance et la diversité des jeux d’eau manifeste la richesse du maître des lieux, mais aussi sa capacité à s’attirer les meilleurs talents. L’eau devient ainsi le fil conducteur des compositions monumentales en pente réalisées dans la région de Rome grâce à une transformation radicale du site (terrassements), comme la villa d’Este à Tivoli (3e quart du XVIe siècle), conçue par l’architecte et archéologue Pirro Ligorio pour le cardinal Hippolyte d’Este. Si l’eau reste stagnante dans les bassins traditionnels (servant souvent de viviers), elle est plus volontiers mise en mouvement : animée de bouillonnements, déversée en série le long d’escaliers (catena d’acqua, littéralement « chaîne d’eau »), s’épanchant de vasques de marbre, s’écoulant en cascade, suintant sur les parois rocheuses de grottes artificielles… L’eau vive est ainsi « sculptée » de manière plastique et avec un raffinement musical. L’eau jaillissant à la verticale – fontaine des Dragons à la villa d’Este ; jets ludiques déclenchés à l’improviste pour asperger les visiteurs, appelés en italien scherzi d’acqua (« plaisanteries d’eau ») – relève en particulier d’une esthétique de la « nature artificielle » visant à combler les sens et à exalter les puissances vitales domestiquées par l’homme. (Hervé Brunon, "La maîtrise de l’eau dans les jardins, de l’Antiquité à nos jours")Frédéric Bouglé: En ce qui concerne les romains, on est en droit de supposer que cette démarche participe de tout un ensemble qui tend à moderniser l’antiquité et à favoriser les recherches en ingénierie et en technologie, et qu’en cela les instruments musicaux n’échapperont pas à cette avancée. Plus tardivement au XVIe siècle la fontaine de la Villa d’Este à Tivoli, avec son orgue hydraulique, représente un des plus beaux exemples de cette ingénierie… Michel Aubry: Dès le IIe siècle av. J.-C. l’orgue fait son apparition en Grèce puis en Égypte. À Rome, il existait un petit orgue hydraulique muni d’un clavier qui fonctionnait grâce à un mécanisme de pistons alimentant un réservoir que l’eau maintenait en pression et refoulait vers les tuyaux. Il me semble que quelque chose diffère en ce qui concerne les périodes qui ont suivi, en tout cas pour le Moyen Âge et la Renaissance. C’est la manière dont tous les pays d’Europe ont utilisé, diversifié et amalgamé ces formes musicales importées par les romains. Un monde complètement entrelacé est apparu, où se mélangeaient les cultures et les invasions. On a vu se développer un art du montage qui s’agençait avec un métissage de musique arabe, et qui faisait suite à toutes ces invasions venues de l’Est et de l’Europe centrale. Dans ce contexte, toute la mécanisation entreprise par les romains a véritablement explosée, ce qui a sans doute permis un retour à des formes plus organiques apportées par d’autres cultures. On peut même imaginer que ce rejet de la cornemuse par l’église serait lié au refus de ces aspects organiques. Même si ce ne sont que des suppositions, je constate que tout converge dans ce sens: ne plus souffler dans l’animal, limiter le contact direct avec la bouche, donner à l’instrument une image diabolique…. (Art Présence n° 26 avril-mai-juin 1998)
Source : Ford, James Dillon (1995), "From Vocal Memnon to the Stereophonic Garden : a short history of sound and technology in landscape design", a paper prepared for CELA, Council of Educators in Landscape Architecture Annual 1995.
Urls : http://www.newmusicclassics.com/resume_folder/cela_1995.html (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=VHXRwf3Nn7g (last visited ) http://www.youtube.com/watch?v=wouuwxbn4tQ (last visited )

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