NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1957 __ « Son et Espace »
Jacques Poullin (?-?)
Comment : After an introduction on difficulties encountered when attempting to reproduce a sonic landscape, the author describes the first spatialisation system used by the Groupe de Recherches Musicales. It consisted of three fixed magnetic coils and one mobile magnetic coil. The spatialisation is realised on four loudspeakers surrounding the listener. An operator manipulates the mobile coil inside the fixed coil to move the sound amongst the different loudspeakers. (EARS)
French comment : Après une introduction traitant des difficultés rencontrées lorsque l'on tente de reproduire un paysage sonore, l'auteur décrit le premier système de spatialisation utilisé par le Groupe de Recherches Musicales. Il est composé de trois bobines magnétiques fixes et d'une mobile. La spatialisation est réalisée sur quatre haut-parleurs autour des auditeurs. Un opérateur manipule la bobine mobile au milieu des bobines fixes afin de déplacer le son entre les différents haut-parleurs. (EARS)
Original excerpt : « Projection Sonore.1/ Reproduction ponctuelle - La musique concrète, par essence même, n’existe qu’enregistrée ; elle ne peut être livrée à l’audition que par l’intermédiaire de chaînes électroacoustiques. Dans le cas de l’utilisation d’un canal unique la source ponctuelle de reproduction néglige notre possibilité d’un repérage spatial des diverses sources composites, cependant souhaitable, ne serait-ce que pour diminuer les effets de masques qui limitent les superpositions de timbres trop riches ou trop voisins. C’est néanmoins le cas de toute musique radiophonique, et la reproduction de la musique concrète ne pose pas de problème particulier par rapport à ceux d’une retransmission normale si ce n’est celui d’un cadrage et d’une décompression convenable de la dynamique en fonction de la salle d’écoute, de l’auditoire et du caractère de l’oeuvre.2/ Relief statique - Les magnétophones multipistes permettent la projection sonore des diverses parties d’une composition en des points différenciés de l’espace de reproduction. Les points de localisation spatiale ne sont d’ailleurs pas limités au nombre des pistes (ou des haut-parleurs correspondants). Divers expérimentateurs et plus récemment J. Bernhart et J.-W. Garrett ont mis au point des procédés utilisant deux pistes qui permettent le repérage de sources virtuelles sur une ligne joignant les deux haut-parleurs de reproduction disposés normalement à droite et à gauche de l’auditeur. D’autre part, la théorie des plans sonores et nos habitudes de l’écoute radiophonique nous ayant familiarisés avec une localisation subjective des sources dans le sens de la profondeur (ou plus exactement une notion de la proximité sans distinction précise de direction), les procédés stéréophoniques à deux voies restituent avec une approximation suffisante des phénomènes sonores situés dans un plan qui ne pourrait être convenablement défini que par un système à trois canaux.3/ Installation de projection spatiale - L’utilisation de quatre voies de reproduction permet de définir un volume à l’intérieur duquel il est théoriquement possible de créer autant de sources virtuelles qu’on le désire, par une répartition convenable des intensités d’enregistrement sur chacune des pistes. L’auditeur, par une disposition appropriée des quatre haut-parleurs de reproduction, perçoit alors des impressions auditives de toutes les directions de l’espace qui l’environne et se trouve placé au centre d’un volume d’informations sonores, ce qui est évidemment inhabituel dans les cas normaux de l’écoute musicale pour lesquels l’orchestre se situe, le plus souvent, dans un plan face au public.3/ Relief cinématique - On sait qu’il suffit de modifier sur chaque piste la répartition des intensités d’enregistrement pour engendrer à la reproduction des déplacements de la source sonore. Il est également possible d’obtenir ces déplacements, directement à la reproduction, à partir d’une piste unique alimentant quatre voies de projection sonore pour lesquelles il a été prévu un dispositif commode de réglage de la répartition des gains des divers amplificateurs. Projeter le son dans l’espace, et l’y déplacer au cours même de la reproduction, devait être une suite logique aux préoccupations du Groupe de Recherches de Musique Concrète. En outre, pour établir un contact direct avec le public, et restituer une présence humaine au cours de l’exécution des œuvres, P. Schaeffer a imaginé un dispositif qui permet à un opérateur-exécutant d’imprimer des trajectoires sonores à partir des gestes qu’il décrit directement devant l’auditoire. Pour ce faire, l’opérateur tient dans la main une bobine émettrice alimentée par un courant alternatif et se trouve placé à l’intérieur d’un volume défini par quatre bobines réceptrices réparties autour de lui, par exemple à sa droite, à sa gauche, au-dessus et devant lui. Ses mouvements engendrent aux bornes des bobines réceptrices des tensions induites variables qui convenablement amplifiées et redressées fournissent la tension anodique à des étages modulateurs insérés dans chacun des quatre canaux d’amplification.4/ Équipement de projection spatiale - Le jumelage d’un magnétophone à cinq pistes et d’un système de commande cinématique à bobines lié à une chaîne de reproduction comportant quatre voies permet d’obtenir simultanément : a) Une restitution de sources quelconques à l’intérieur d’un volume, la position statique ou les déplacements des diverses sources étant conditionnés par la répartition de l’intensité correspondant à chacune des sources localisées sur quatre pistes spécialisées de l’enregistrement. b) Des trajectoires sonores commandées par les gestes d’un opérateur et exécutées sur une partie de la composition spécialement enregistrée sur la cinquième piste. Chaque amplificateur de reproduction dispose de deux entrées indépendantes dont l’une est classique tandis que l’autre est contrôlée par un étage à gain variable (tube monté en modulateur-plaque) dont la tension anodique est fournie par les régulateurs du dispositif de commande à bobines (constructeur Raoult). Afin de diminuer la distorsion spatiale introduite par les diverses réflexions sur les parois de la salle d’écoute, qui, en provoquant des sources secondaires, ne manqueraient pas d’engendrer des localisations diffuses, les haut-parleurs sont équipés de baffles focalisateurs (Conques Elipson) qui concentrent l’énergie rayonnée dans un cône utile de 60° et homogénéisent les courbes de réponse en fonction des diverses directions d’écoute. L’ensemble du dispositif décrit est simple dans son principe, en fait, son utilisation est délicate et les lois qui définissent la répartition des décibels en fonction des localisations à l’intérieur d’un volume nous sont encore mal connues. En outre, des localisations précises ne sont valables que pour une position déterminée de l’auditeur, on peut toutefois délimiter une zone d’écoute privilégiée suffisamment éloignée des sources sonores réelles à l’intérieur de laquelle les localisations et déplacements, sans être rigoureusement identiques, conservent néanmoins des caractères communs. (Jacques Poullin, “L’apport des techniques d’enregistrement dans la fabrication de matières et de formes musicales nouvelles. Applications à la musique concrète.”). »
Source : Poullin, Jacques (1957), “Son et Espace”, In La Revue Musicale: Vers une musique expérimentale, N° 236, pp. 105-114, Paris: Richard-Masse.
Urls : http://www.ears.dmu.ac.uk/spip.php?page=artBiblio&id_article=1065 (last visited ) http://www.ars-sonora.org/html/numeros/numero09/09f.htm (last visited )

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