NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1948 __ Peut-on entendre écouter ?
Marcel Duchamp (1887-1968)
Comment : By "look at seeing" Duchamp describes the particular interpretative effect which accompanies optical illusions. The 'rotoreliefs. (visual oscillation only results from spinning the disks. There is a double contrast here: between static image and the motion image, as well as between the two interpretations of the illusion of positive and negative volumes. It is not possible to "see" b)Active Hearing: Jacob Kirkegaard’s Labyrinthitis.To my knowledge Jacob Kirkegaard has, in Labyrinthitis, composed the first piece of art which directly incorporates active hearing. Kirkegaard is sitting in a soundproof booth, a specialized scientific room, with tiny speakers and microphones in his ears. The speakers are sending tones into his inner ears that create tones generated by the ear itself in response. Two tones are sent in and one, a third tone, comes back in response. These ear sounds are, in turn, picked up by the microphones and amplified. Kirkegaard then uses them in performance to evoke ‘third tones’ in the ears of the audience which, in effect, creates a situation where the audience hears him hearing and hear themselves hearing. In this way alone, Kirkegaard has countered Duchamp’s dictum, “One can look at seeing, one can’t hear hearing.” Hearing is usually thought to be a passive sense, traveling one direction from the outside in. Passive hearing in one direction involves transduction, from the energy state of mechanical vibrations of sounds in the air or body, to electrical and chemical states trafficked in the nervous system and brain. Sounds usually come from outside, vibrate the eardrum which vibrates the tiny bones of the middle ear, in turn vibrating the fluid in the cochlea, a tiny organ on either side of the head shaped like a seashell. Listen and you can hear the ocean, tiny hairs swaying like seaweed in the shallows of the surf. It is counter-intuitive to imagine the sound of active hearing produced in this underwater scene: the seaweed would cause the waves. It would be as though Jean Piaget’s kids were right when they said that the movement of trees caused the wind. Knowledge of active hearing has developed since the late 1970s, due to an increased understanding of the mechanisms in the outer hair cells of the cochlea. These specialized hair cells change shape in response to electrical stimulation from the nervous system, and when they do it in concert they create vibrations in the fluid chambers of the labyrinth. To sound coming from the outside, they respond with a tiny amount of sound of their own. These sounds are called otoacoustic emissions (OAE) and are thought to play a part in ‘cochlear amplification’, a selective reinforcement of certain frequency characteristics. When the cochlea spontaneously emits sounds in the absence of external sound, it is called spontaneous otoacoustic emissions (SOAE). But before massaging your auricles in a first awkward attempt at enunciation, you should know that SOAEs are inaudible to the listener; that is, to the person with the ears, let alone audible to anyone else, without specialized equipment. When OAEs are evoked by external tones, they are called distortion products (DPOAE) and can be heard. Labyrinthitis consists of DPOAEs. [...] (Douglas Kahn, San Francisco 2008)
French comment : Marcel Duchamp a très tôt porté son attention sur la différence entre voir et entendre et a ainsi ouvert son champ d'investigation à la musique. Il déclare à propos de cette période où il développait une nouvelle attitude envers l'art : “L'intention consistait surtout à oublier la main, puisqu'au fond même votre main c'est du hasard” (À propos d'une capture du hasard : “3 stoppages étalon” in Entretiens p. 81). Car les mots, les sens, les sons, les signes, les matières peuvent être lancés dans un espace selon certaines règles ou intentions, comme cette phrase-ci, et signifier quelque chose. Ils peuvent aussi être lancés selon des règles de permutations claires ou hasardeuses, dans d'autres buts, pour des raisons entre autres ludiques ou exploratoires, avouées ou non. Duchamp déclare, ainsi, au sujet de cette période de création du début des années 1910 : “La base de mon propre travail pendant les années qui précédèrent immédiatement ma venue en Amérique en 1915 était le désir de briser les formes.de les «décomposer» un peu à la manière cubiste. Mais je voulais aller plus loin.beaucoup plus loin.en fait dans une direction toute différente. Ce qui aboutit au “Nu descendant un escalier” et plus tard à mon grand verre, “La Mariée mise à nu par ses célibataires, même”” (Tiré de propos présentés par James Johnson Sweeney, à New York en 1946, dans The Bulletin of the Museum of Modem Art, XIII, no 4-5, et traduit dans Duchamp Du Signe, p. 170). Cette attention à «briser les formes», à «briser l'objet» (. «Nous avons brisé l'objet» confie également Duchamp à K. Kuh in Break-up. The core of modem art, New York Graphic Society, Greenwich Connecticut, 1966, p. 48) le tourne momentanément vers l'exploration des mélodies stochastiques écrites de façon machinique. Ces mélodies erratiques n'ont pas de narrativité musicale, puisqu'elles sont faites de séries de disparates musicaux couchés côte à côte. Dans de telles séries, en effet, on ne saurait guère distinguer de quelles mélodies proviennent les morceaux épars. Elles sont bel et bien brisées. Les deux Erratum résultent de ce «désir de briser les formes», de «décomposer» et «d'aller plus loin». Ce faisant, Duchamp a été amené à projeter les objets sur un plan tout autre qui est celui du hasard. Et cette projection pouvait se faire de façon variée. Il invente alors des moyens de le capter (Les trois “Pistons-courant d'air” et les “neuf'tirés” qui font partie du Grand Verre, en sont deux autres exemples) et imagine des machines à faire de la musique stochastique qui donnent, par leur procédé automatique, des mélodies brisées faites d'éléments qui ne racontent rien (On appelle communément musique au hasard un type d'improvisation très libre que le pianiste ou l'instrumentiste élabore de lui-même ou selon certaines indications de l'auteur, mais ceci n'est pas de la musique aléatoire au sens propre, c'est-à-dire faite grâce à des moyens techniques qui forment une suite de notes imprédictibles). Ce qu'il explique à Pierre Cabanne, au sujet des “3 Stoppages étalon” (1913) qu'il définit comme «hasard en conserve», s'applique également à ses expériences musicales. Duchamp affirme : “L'idée du hasard, auquel beaucoup de gens pensaient à cette époque-là, m'avait également frappé. L'intention consistait surtout à oublier la main, puisqu'au fond même votre main c'est du hasard. Le hasard pur m'intéressait comme un moyen d'aller contre la réalité logique [...]” (Entretiens, p. 81). (François Raymond)A propos du Da Costa : Le Da Costa est une des plus étonnantes revues qui se puissent voir. Elle a été conçue à la fin de la guerre en réaction au formalisme politique et intellectuelle qui régnait à cette époque. Ses principaux instigateurs furent Patrick Waldberg ( à qui revient l'invention du titre ), Isabelle Waldberg, Robert Lebel et Charles Duits. Au commencement Da Costa fut une manière de groupe - voire d'entreprise familiale - réunissant d'anciens membres d' Acéphale ( outre Patrick et Isabelle Waldberg on trouvait Georges Ambrosino, Jacques Chavy, René Chenon ), de proches amis comme Marcel Duchamp, Jacques B. Brunius, Jean Ferry, E. L. T. Mesens, puis à mesure que le projet pris forme, des sympathisants enthousiastes envoyèrent leurs textes ( André Breton, Georges Bataille, Jean Paulhan,.) Annoncé dans certaines librairies de Saint-Germain des Prés, le Da Costa Encyclopédique, fascicule VII, volume II avec son fameux permis de vivre valable un an vit le jour en automne 1947 imprimé par les soins de Max-Pol Fouchet et de la revue Fontaine. Aucun article de cette singulière encyclopédie n'est signé : l'anonymat est affiché comme un prinicipe grâce à une petite vignette-rébus sur la couverture (âne au nid-mât). Le texte débute au milieu d'un article et même au milieu d'un mot. Grâce à la correspondance d'Isabelle et Patrick Waldberg (“Un amour Acéphale”, éditions La Différence, 1992) et à un exemplaire de la revue annoté par Maurice Saillet, il est permis d'ordonner l'attribution de chaque article - ou presque - à son auteur. En 1950, le titre devint Le mémento universel. Les deux premiers fascicules furent publiés par Jean aubier et à de rares participants du premier, signataires cette fois-ci (René Chenon, Marcel Duchamp, Isabelle Waldberg,..), s'adjoinrent quelques surréalistes (Maurice Baskine, Henri pastoureau, Pierre Mabille, Marcel Jean, etc..). (Compiled from various sources)
Original excerpt 1 : « 1) One can look at seeing; one can not hear hearing. 2) One can look at seeing. Can one hear hearing, feel breathing, etc. . . . ?. »
Original excerpt 2 : « Voir. 1) On peut regarder voir. On ne peut pas entendre entendre. 2) On peut voir regarder. Peut-on entendre écouter, sentir humer, etc. ... ? (M.D.). » (Variante d’une note de la “Boîte 1914”)
Source : Duchamp, Marcel (1948), In “Da Costa encyclopédique — Le Memento Universel”, fasc. 1, Paris : Jean Aubier Éditeur; and also, Duchamp, Marcel (1958), “Machand du Sel (Duchamp du Signe)”, Collection Champs, p. 276. Paris: Flammarion.
Source : Raymond, François (1994), “Marcel Duchamp, la musique et les machines”, In Horizons philosophiques, vol. 5, n° 1, 1994, p. 1-19.
Source : Hugill, Andrew (2005), “Technologies musicales imaginaires: une etude” (Imaginary Music Technologies: a survey). Given at the symposium Technologies Imaginaires: l'approche pataphysique de la musique at Université de Paris-IV Sorbonne MINT-OMF.
Urls : http://id.erudit.org/iderudit/800961ar (last visited ) http://www.mti.dmu.ac.uk/~ahugill/writings/TechimaginFRENCH.htm (last visited ) http://www.mti.dmu.ac.uk/~ahugill/pataphysics/Techimagin/ (last visited ) http://www.toutfait.com/issues/issue_1/Music/erratum.html (last visited ) http://www.euroartmagazine.com/new/?page=1&content=143 (last visited ) http://fonik.dk/works/labyrinthitis-kahn.html (last visited ) http://www.diagonalthoughts.com/?p=33 (last visited )

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