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1928 __ « Traité du Style »
Louis Aragon (1897-1982)
Comment : To break out from the political vacuum, surrealists adopted the Marxist idea that a change in the social structure is a necessary precondition for revolution of ideas. Like many radical intellectuals in the 1920s, Aragon joined the Communist Party, and in 1930 he visited the Soviet Union. Back in France, he published The Red Front, a poem influenced by Vladimir Mayakovsky. It called for a revolution in France and Aragon received a five-year suspended sentence. On his own return from Russia, the American poet and artist E.E. Cummings translated the poem into English. Surprising juxtapositions like goats spread across pianos and fearful optical illusions like eyeballs being sliced characterized the surrealistic movement in the arts in 1928 when Louis Aragon published “Traité du Style” in Paris. Aragon had become ever more contemptuous of vogues and pretensions. In the name of surrealism, he produced the first significant critique of it. Instead of merely upsetting old relationships and skewering sensibilities, “Traité du Style” was meant to shock with a capital S, and it did. In this brief work, Aragon takes on many of the big topics: religion, art, journalism, criticism, suicide, humor, language, Rimbaud, Freud, and so forth. All this acts as a prolog to the titular question of style, treated in the final quarter of the book. Without directly addressing the issues of style in surrealist literature and life, Aragon nonetheless explicates the genre. His diatribe involves wordplay and juxtapositions that are more surrealist than political, as subjective and opinionated as possible, and a great pleasure to read. (Compiled from various sources)In transmission the unknown expanses of the psyche were as intriguing and explorable as those of the earth. They two were brought together in the psychotechnics of Surrealist automatism. Inscriptive, stenographic practices took down the "magical dictation" from the "mouth of darkness" (Breton), the noisy gate of unsconscious, but the action of the unconscious itself, its "voice", was delivered to the Surrealist by way of radiophonic narrowcast. Even the literary voice privy to having overheard the unsconscious could be described along these lines : in his "Treatise on Style" (1928), Louis Aragon detailed the physiognomy of someone unable to hear such a voice : « [...] your ear trimmed with a festoon of broderie anglaise, your ear the color of calves' feet, you tender ear of rubber, your ear, ever as waxy and buzzing as a hive, your little dirty cartilage that looks more like a poorly puffed fritter than a phonograph horn [...] ». But when the ear can hear is equipped with a sensitivity that radiophonically spans the oceans : « [...] more and more able to grasp in the grassy hollow of sentences the clear thinkling of a clinked glass that causes a man to die at sea each time, and the same ceremony takes place, the sailors line up at the flag at half-mast, plop! the bag in the waves carries the sleeper away. [...] ». Likewise, the underground oracular voice of the unconscious was radiophonically transformed into a vast subterranean region that could be heard residing on the other side of the earth's surface. In discussing the "timbre" of Lautréamont's style (« I confer a very elevated meaning on the word style »), Aragon described the work of intellect as an acoustic mining. (Douglas Kahn)
French comment : Pamphlet ou poème - "chaque image doit produire un cataclysme" -, ce livre marque une étape importante dans l'histoire littéraire. Certains lecteurs n'ont voulu en retenir que l'insolence, l'humour, la virtuosité exceptionnelle. D'autres cependant voient dans le Traité du style l'amorce par Aragon du dépassement du surréalisme en réalisme. raité du style est une œuvre de Louis Aragon, publiée à Paris en 1928, chez Gallimard. Cet essai polémique et provocateur, qui manie l'insolence et l'humour, fut écrit et publié alors qu'Aragon venait d'adhérer au Parti communiste français, en janvier 1927. Le texte, qui marque par bien des points son adhésion au surréalisme (importance de l’image poétique et du rêve ; attaques contre les romanciers traditionnels, le monde littéraire et les institutions bourgeoises ; pratique de l’injure), est aussi la mise en cause d'une vulgarisation possible du surréalisme vers la mode et le conformisme : « Si vous écrivez, suivant une méthode surréaliste, de tristes imbécillités, ce sont de tristes imbécillités. Sans excuses. Et particulièrement si vous appartenez à cette lamentable espèce de particuliers qui ignore le sens des mots, il est vraisemblable que la pratique du surréalisme ne mettra guère en lumière autre chose que cette ignorance crasse ». Aragon insiste, en particulier, sur la nécessité impérieuse de la protestation contre le traitement fait aux êtres humains dans le monde contemporain, se référant précisément à Sacco et Vanzetti. Par cela, [le] « Traité du Style » marque le début d'une évolution d'Aragon vers une prise de distance à l'égard d'André Breton, et vers une conception militante du rôle de l'intellectuel, au service de la révolution. (Compiled from various sources)
Original excerpt 1 : « When the worker who was digging into the bowels of the earth - whether in knotty Asia or near the Italian sea, where the dust is lightest because it is made with the powder of statues - when this worker suddenly hears the steel of his pickax ring strangely, he bends over, questions the distant depth, and thinks he hears a dirge. To the bottom of the pit he glues an ear that is used ot romances. What is this perpetual rambling ? A monstrous parade, an enormous troop which nothing wearies. Profuse resonance of subterranean carriages. The ebb and flow of hidden waters, where everything merges. »
Original excerpt 2 : « II.[...] Mais dans le surréalisme tout est rigueur. Rigueur inévitable. Le sens se forme en dehors de vous. [...] D’abord pourquoi la main se tromperait-elle, et non pas l’oreille ? [...] Et pour la première fois retentissait, avec une intensité inconnue, cette voix lucide [celle de Lautréamont], en qui le mystère poétique a su rester constant, cette voix que cherchent à entendre les hommes d’aujourd’hui, qui en recueillent les rares murmures à la faveur de nouvelles machines mentales, hasardeusement inventées. Une sorte de timbre singulier caractérise ces révélations, précairement provoquées. En reconnaître en Lautréamont la permanence et l’égalité, voilà qui ne fait que commencer à déconcerter les esprits les plus réfléchis de ce temps. Lorsque l’ouvrier qui creusait les profondeurs de la terre, fût-il dans les montagnes de la noueuse Asie, ou près de la mer Italienne, où la poussière est la plus légère parce qu’elle est faite avec la poudre des statues, lorsque l’ouvrier entend soudain sonner étrangement l’acier de la pioche, il se penche, il interroge le lointain vertical, il croit reconnaître un chant funèbre. Il colle au fond de la fosse une oreille habituée aux romances. Quel est ce roulement perpétuel ? Un défilé monstrueux, une troupe énorme que rien ne lasse. Ample sonorité des charrois souterrains. Les nappes fuyantes des eaux cachées passent ici où tout se confond. Celui qui écoutait se relève. Il n’oubliera jamais la voix immense. [...] Oui, fille de l’évidence, enfant des mèches de lampe, oui, bébé des clochettes, de la juste remarque aimable progéniture, tu l’as dit en rêve : il faudrait tout citer. Encore n’est-il pas sûr qu’alors, après cette massive, exemplaire leçon, ton oreille bordée d’un feston de broderie anglaise, ton oreille couleur des pieds de veau, ta tendre oreille de caoutchouc, ton oreille semblable à la ruche quant à la cire et parfois quant au bourdonnement, ton petit carilage crasseux plus voisin par la forme d’un beignet mal soufflé que d’un pavillon de phonographe, soit, ou je m’abuse étrangement, devenue progressivement apte à saisir au creux herbu des phrases le tintinabulement clair d’un verre choqué, qui fait en mer à chaque fois mourir un homme et la même cérémonie se déroule, des marins rangés au pavillon en berne, plouf ! le sac à la vague emporte le dormeur. Mais si je me trompais sur tes facultés mentales, eh bien, ce n’est pas moi qui détournerais jamais les saumons anadromes de remonter le courant ! Prends garde au moulin, matelote !. »
Source : Aragon (1928), “Traité du style”, Paris: Gallimard/L'Imaginaire, 1980, pp. 190-191, pp. 206-207, pp. 212-213; and also, Nouvelle Revue Française, 1928.
Source : Aragon (1928), “Treatise on Style”, Translated by Alyson Waters, University of Nebraska Press, French Modernist Library Series, 1991.
Source : Kahn, Douglas (2004), “Art and Sound”, In “Hearing History: a reader”, Edited by Mark Michael Smith, Athens, University of Georgia Press, pp. 36-48; Abridged from "Introduction: Histories of Sound Once Removed", in Douglas Kahn and Gregory Whitehead (Eds), "Wireless Imagination : Sound, Radio, and the Avant-Garde", Cambridge, Mass : The MIT Press, 1992, pp. 1-29.
Source : Aragon (1930), "Critique du Traité du style", L'Infini, no 17, Hiver 1987, pp. 10-16.
Source : Estève, Claude (1928), "Traité du style, par Louis Aragon", La Nouvelle Revue Française, no 180, Septembre 1928, pp. 415-420.
Source : Manuel Lelis, Y. (1928), "Traité du style, par Louis Aragon", Revue nouvelle, 4e année, no 43, Novembre 1928, pp. 85-86.
Source : Bernard, Marc (1928), "Aragon nihiliste", Monde, 1re année, no 10, 11 avril 1928, p. 4.
Urls : http://www.litterature20.paris4.sorbonne.fr/archives/communications_2006-2008/Demarbaix%20Aragon.pdf (last visited ) http://www.uni-muenster.de/LouisAragon/werk/frueh/traite_f.htm (last visited )

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