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1928 __ « Proposition d'un art radiophonique » — Internal Theater
Paul Deharme (1898-1934)
Comment : In his 1928 article "Proposition d'un art radiophonique" Deharme even sounds like a surrealist theorist. Listeners to the radio, he states, need to pay attention to their own individual "théâtre interieur", and his desire was to encourage this process. He goes so far as to link his ideas explicitly to surrealism : "In effect, surrealism draws its source and life from the subconscious (as it is called today). And it is indeed in the subsconscious that we hope, with radio, to arouse feelings, directly, without awakening the interference of consciousness." On a practical level [Robert] Desnos worked with this idea of the interior theater in his plans fro broadcasts. In notes for a radio spot advertising Saint-Michel cigarettes, for example, Desnos proposed to recreate the noises and the atmosphere of a cabaret (where people, of course, smoke), and to include "cabaret" performances of "first-class stars" (he mentioned by name Marie Dubas, Damia, Mistinguett, Fernandel, Tino Rossi, and Maurice Chevalier), which would permit the "advertisement" to function as a kind of mini-concert. The scene was to be suggested by "the habitual sounds of a cabaret" in order to "create an atmosphere, an ambiance", so that the listeners culd close their eyes and pretend they were present, listening to "the most important part of the show [...] constituted by the singer and the songs he or she might sing". He consciously set out to evoke the aural effects of "being in two places at one" for his listeners, of what Scannell considers the "magic" of radio. (Katharine Conley)
French comment : [...] [L]es conceptions radiophoniques [de Paul Deharme] nettement exposées dans un article publié en 1928 dans la N.R.F. : "Proposition d'un art radiophonique", ne peuvent que répondre aux vues [de Robert Desnos, nouveau rédacteur à "Informations et Publicité" sur Radio-Paris en 1932]. Pour Paul Deharme, en effet, la radiophonie doit être un art d'invention et d'imagination capable d'"émouvoir" ce même subsconscient dans lequel "le surréalisme prend ses dources et sa vie", mais en s'efforçant de briser ou de dépasser le "caractère exclusivement subjectif" de ce dernier. Par une parole efficace et partagée, il s'agit de "créer" en chaque auditeur "un théâtre analogue au théâtre du rêve", d'éveiller en lui des forces inconnues, bref, de libérer en chacun les richesses ignorées du surréel. Par la radio, Paul Deharme, comme Robert Desnos, veut rendre "battantes" des "portes" jusqu'ici fermées et "public" un "domaine" trop longtemps réservé. La radio -- et aussi "le disque noir du phonographe", "simulacre de la sorcellerie moderne" -- est un instrument du rêve pour lequel il faut inventer un art et un langage qui se partagent. (Dietmar Rieger).[...] [L']efficacité de rtels effets [tels ceux de "The War of Worlds"] s'estompe rapidement, les auditeurs habitués ne sont bientôt plus surpris par les environnements sonores, trop utilisés dans des dramatiques de tous genres. On s'aperçoit ainsi que trop de bruitages rendent la pièce inefficace, parce que redondante. Ce constat pousse les auteurs de la génération suivante à plus d'inventivité et de subtilité. Ceux-ci abandonnent la recherche réaliste pour se centrer davantage sur le texte, l'intrigue, l'intériorité et l'identification de l'auditeur au personnage central dont on perçoit les pensées. Paul Deharme crée en 1928 "Un incident au pont du hibou", demandant à l'auditeur de se plonger dans le noir, de fermer les yeux et de s'identifier à un prisonnier vivant les dernières minutes avant sa pendaison. L'auditeur y découvre les raisons de sa captivité, s'engage à ses côtés, et partage ses rêves d'évasion, avant d'entedre les trompettes finales qui signalent la conclusion irrémédiable de l'exécution capitale. Avec une telle dramatique, le spectateur n'est plus impressionné, mais impliqué, ému. Dans "Pour un art radiophonique", Deharme révèle ses techniques pour mieux concerner l'auditeur, et montre son profond attachement aux leçons de la psychanalyse. [...] Selon Paul Deharme, "l'art radiophonique est et restera proprement le domaine des images éveillées par les mots". [...] Ce n'est plus le rêve qui donne naissance à l'œuvre, mais la pièce qui initie la rêverie. C'est pourquoi Paul Deharme entend, par la motivation d'images inconscientes, favoriser la participation et l'adhésion de l'auditeur à ce qui se joue sur les ondes, mais aussi en lui. Il déclare ainsi : "Le film radiophonique consistera en scénarios rédigés et lus selon certaines règles qui faciliteront à chaque auditeur en état de demi-sommeil l'adaptation automatique de ces scénarios à sa propre personnalité. Il vivra un rêve dirigé. [...] Pour favoriser l'assimilation, introduire dans la narration des silhouettes à compléter : "la maison où vous êtes nés", "ceux que vous aimez", ... ou des provocations de sensations subjectives : "il fait froid", "vous avez faim", ... Il va de soi que le seul temps à employer est le présent de l'indicatif qui, comme un texte d'Épinal, emporte l'auditeur. [...]". (Aline Carpentier)
Original excerpt 1 : « Since the appearance of the wireless, everyone has predicted, albeit in fairly vague terms, the rise of a truly radiophonic literature and dramatic art. And so, in every country, radio stations have invited us to listen to the story of the lighthouse keeper driven crazy by a tempest where, alone and powerless in his lighthouse he can only report to the listener what he sees, accompanied by elaborate noise-effects and the sirens of ships in distress; or else there is the story of the scholar in need of silence for his research, who is constantly interrupted by the piano of his neighbor, the trumpet of the faucet-seller, and the cries of the new-born. Today, however, it is no longer enough to shoot a pistol in the air in order to scare the audience or to pretend to be deaf, mad, or a stutterer in order to make them laugh. Why have we, in this new domain and public sphere, not yet come up with truly new forms of expression ? I am convinced that today's minds have a need for an imagination and lyrical transformation that cannot be satisfied by any conventional or even recent art forms, except by a radiophonic art. The taste for the unreal is part of this need, ant it announces itself, among other examples, in the pleasure that an average audience, one not necessarily uneducated but young, takes in a film replete with special effects where human beings float in the air or turn into smoke, objects become animated and interfere in the action, and things refuse to abide by the rules that normally govern them. It seems to me that the waves of wireless, remote and mysterious like the sources of our thought, can and should feed our imagination with the new inspiration that it deserves. [...] » (Translated by Anke Birkenmaier)
Original excerpt 2 : « Proposition d'un Art Radiophonique.Depuis l'apparition de la Téléphonie Sans Fil, on a prophétisé de tous côtés, mais en termes vagues, l'éclosion d'une littérature et d'un art dramatique proprement radiophoniques. C'est ainsi que, dans tous les pays, on nous a conviés à écouter l'histoire du gardien de phare qui, privé de secours, devient fou au milieu d'une tempête, annoncée par "des décors bruités" et par les sirènes des bateaux en perdition; ou bien l'histoire du savant qui, ayant besoin de silence pour ses recherches, est sans cesse dérangé par le piano de la voisine, la trompette du marchand de robinets et les cris du nouveau-né (Un concours de drames radiophoniques a été dernièrement organisé en Allemagne. Le jury a reçu 1200 réponses, mais n'a pas pu décerner de prix. Il s'est borné à conseiller à un poste d'émission d'exécuter l'œuvre d'un concurrent intitulée "Tempête sur le Pacifique" ("Le Journal", 21 décembre 1927)). Or, il ne suffit plus aujourd'hui pour faire peur, de tirer un coup de revolver en l'air, ni, pour faire rire, de feindre le bégaiement, la surdité ou la colère. Pourquoi, dans ce nouveau domaine, et pour un public nouveau, n'a-t-on pas cherché "des moyens d'expressions nouveaux". Nous avons la conviction qu'il existe dans les cerveaux d'aujourd'hui un besoin d'imagination, de transformation lyrique, qui n'est satisfait ni par les formes classiques, ni même par les formes nouvelles de l'art, et que la radiophonie peut contenter. Le "goût de l'irréel" est un de ces besoins. [...] »
Source : Deharme, Paul (1928), "Proposition d'un art radiophonique", Notes : les arts. La NRF (La Nouvelle Revue Française), n° 174, vol. XXX, Mars 1928, pages 413-423; Paris : NRF, 1926, 8 p.
Source : Deharme, Paul (1928), "Proposition for a Radiophonic Art", Translated by Anke Birkenmaier, In Modernism/Modernity, Volume 16, Number 2, April 2009, The John Hopkins University Press, pp. 406-413.
Source : Deharme, Paul (1928), "Pour art radiophonique", Paris, Le Rouge et le Noir, 1930.
Source : Conley, Katharine (2003), "Robert Desnos, Surrealism, and the Marvelous on Everyday Life", University of Nebraska Press, pp. 105.
Source : Rieger, Dietmar (1986), "La chanson française et son histoire", Papers presented at a conference held Apr. 30-May 3, 1986, at Schloss Rauischholzhausen, near Giessen, Germany, Gunter Narr Verlag, 1988, p. 289.
Source : Carpentier, Aline (2008), "Théâtre d'ondes : Les pièces radiophoniques de Beckett, Tardieu et Pinter", De Boeck Université, 2008.
Source : Birkenmaier, Anke (2009), “From Surrealism to Popular Art: Paul Deharme’s Radio Theory”, In Modernism/modernity - Volume 16, Number 2, April 2009, pp. 357-374.
Urls : http://www.oldradio.com/archives/international/hk.html (last visited ) http://www.rthk.org.hk/ (last visited ) http://www.rthk.org.hk/classicschannel/history.htm (last visited )

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