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1926 __ A new type of concert music : phonograph concert
Hansjörg Dammert (1910-?)
Comment : Other commentators at the time [of H.H. Stuckenschmidt] had similarly novel, but perhaps less ambitious suggestions for "Grammophonmusik". In 1926 Hansjörg Dammert issued a call for a new type of concert music : "the concerto for phonograph with the accompaniment of 'real' instrument". The idea was to treat the phonograph as a performing instrument -- specifically a solo instrument that would play prerecorded discs with orchestral accompaniment. Like most proponents of "Grammophonmusik", Dammert expounded on the possibilities of using the machine to enlarge the realm of musical sound. [...] Dammert also claimed that this type of music making could turn a work on its head. For example, an enormous Wagnerian orchestra may perform the solo part while a much smaller ensemble accompanies. (Mark Katz)
French comment : Le phonographe est un créateur d'art. Il existe un disque qui s'intitule comme une romance : Dream of love and you. Sous cette fleurette de keepsake se cache une très authentique mélodie de Liszt : le velours d'un saxophone le drape avec tant de justesse et de discrétion nuancée que cette métamorphose est une création véritable. Le temps n'est pas éloigné où un compositeur adroit pourra présenter au pavillon d'enregistrement, une œuvre « directement écrite pour phonographe ». Si la machine parlante est le musée des virtuoses et des orchestres, elle doit être aussi le laboratoire où les chercheurs sauront utiliser la personnalité de l'appareil en créant des ensembles neufs où des timbres spécialement choisis produiront des sonorités nouvelles. Quand la Nouvelle Revue Française s'est avisée que les temps étaient venus de sacrifier au dieu nouveau, Boris de Schloezer, dès son premier article, a marqué ses positions ; elles seront celles de la création phonographique. « Nous devinons déjà, dit-il, que sous ce rapport le phonographe nous offre des possibilités immenses, mais encore fort peu explorées. Il peut être autre chose encore qu'un appareil de diffusion et d'enregistrement. Dans son effort pour imiter aussi fidèlement que possible la voix et les instruments, il a négligé, semble-t-il, certains de ses caractères spécifiques, qui, au point de vue de cette imitation parfaite à laquelle on tendait, se présentaient comme des défauts dont il fallait se débarrasser. Or il y a des artistes - et j'en ai fait l'expérience avec les Revellers - qu'on entend avec plus de plaisir au gramophone qu'au concert. » Il nous est d'autant plus sensible de voir Schloezer s'engager dès l'abord dans cette voie et soutenir cette thèse du phono créateur, qu'elle est tout justement la nôtre, depuis que l'enregistrement électrique a fait du phonographe le parfait mécanisme qu'il est aujourd'hui. Déjà s'ébauchent des modalités précises de « création ». On a proposé - ainsi Hansjörg Dammert dans la jeune revue viennoise Anbruch (octobre-novembre 1926) - de composer des concertos de phonographe. Le phonographe enregistrerait une musique qui serait spécialement écrite pour lui. En la reproduisant, l'appareil jouerait le rôle d'un instrument soliste, qu'accompagneraient à leur tour les divers instruments de l'orchestre. L'idée est intéressante en ce qu'elle tient compte du fait que le phonographe a lui-même son timbre particulier (et, par conséquent, le rôle de soliste qu'on lui demande de jouer est parfaitement légitime). Elle est séduisante en ce qu'elle peut avoir de paradoxal ; car on peut très bien concevoir l'accompagnement confié à un très petit nombre d'instruments, alors que le « solo » sera exécuté par un disque ayant enregistré un orchestre complet : un orchestre soliste jouant sa partie dans l'orchestre, n'y a-t-il pas là de quoi tenter de jeunes audaces ? Moholy-Nagy a même proposé, il y a une dizaine d'années (De Stijl 1922/VII, La Haye) de graver directement le disque et de provoquer des phénomènes acoustiques indépendants d'un enregistrement préalable. (Il existe déjà une « machine à retoucher » les disques défectueux.) L'auteur préconise tout un système préparatoire pour l'étude, au microscope, des sillons de disques et notamment des encoches auxquelles correspondent des sonorités où se mélangent plusieurs timbres. Il a réussi à intéresser à son idée de jeunes compositeurs comme George Antheil ou des théoriciens comme H. H. Stuckenschmidt. La Vox mit même à sa disposition un laboratoire, sous la direction de M. Jath. Il ne semble pas toutefois que jusqu'à présent une suite ait été donnée à l'entreprise. Le phonographe n'est pas un impersonnel instrument reproducteur. Il a sa vie, sa vie profonde et mystérieuse, - mystères féconds de la « phonogénie ». (André Cœuroy et G. Clarence)
Original excerpt 1 : « Welche Möglichkeit hat ein Komponist, den Solopart zu nuancieren, was Klang sowohl wie auch Farben anbelangt ! Wie eigenartig und wechselvoll kann man die Unterhaltung der beiden Klanggruppen gestalten, als Gegeneinanderbewegung und auch als Folge von Solo und Tutti ! (Man denke sich zum Beispiel zu einer matten Farbe des Begleitungensembles, sagen wir Flöte, sordinierte Violine, Klavier in höherer Lage, den sonoren Klang eines vom Blech gestützen Streichorchesters in Phonographen). Also : die Mittel diese Art zu musizieren, sind fast unbegrenzr, von Einfachsten bis zum Raffiniertesten. » (In “Grammophon-Konzerte”, p. 407)
Original excerpt 2 : « What possibilities a composer has to nuance the sound and color of the solo part ! One can shape the conversation betwen both sound-groups [i.e., the phonograph and the traditional instruments] in strange and varied ways, as contrary motion and even as a sequence of solo and tutti. (Think of, for example, matte colors for the accompanying ensembles; say, a flute, muted violins, the piano in its high range, and the sonorous sound of brass, all supported by a string orchestra in the phonograph). The means of this type of music making are thus nearly limitless, from its simplest to its most refined. » (In “Grammophon-Konzerte”, p. 407)
Source : Katz, Mark (2004), "Capturing sound: how technology has changed music", Berkeley: University of California Press, pp. 107-108.
Source : Dammert, Hansjörg (1926), “Grammophon-Konzerte”, In Musikblätter des Anbruch 8, October-November 1926, p. 406.
Source : Cœuroy, A. & Clarence, G., “LE PHONOGRAPHE”, Troisième édition, « LES DOCUMENTAIRES », Paris : ÉDITIONS KRA, 1929.
Urls : http://www.hervedavid.fr/francais/phono/Coeuroy%20-%20le%20Phonographe.htm (last visited )

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