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1881 __ Le télégraphe des gens d’affaires
French comment : Un des télégraphes qui ont le mieux résolu le difficile problème de la transmission rapide au moyen de bandes perforées est l'appareil américain de MM. Foote, Bandal et Anderson, qui est exploité, depuis 1881, entre Boston et New-York, sur une ligne de 330 kilomètres. Le principe de ce système consiste, comme celui du perforateur Wheatstone, à percer d'avance des bandes où la dépêche est inscrite en signes Morse. On commence par fabriquer les bandes perforées, à l'aide d'un clavier semblable à celui d'un piano. Après quelqués semaines de pratique, on peut percer des bandes avec une vitesse de 1500 à 2000 mots à l'heure. On place ces bandes perforées sur l'appareil transmetteur, lequel, au moyen d'une manivelle tournée à la main, les fait passer entre un système de roues et de balais de contact. Les trous du papier établissent les contacts électriques, et envoient dans la ligne, par un mécanisme qui n'est pas encore divulgué, une série de courants positifs ou négatifs, qui correspondent aux points et aux traits de l'alphabet Morse. Le récepteur est tourné à la main. La vitesse de la transmission, avec l'appareil américain, est, dit-on, de 1000 à 1200 mots par minute. Ce même système a reçu, en Amérique, une simplification qui en augmente notablement l'efficacité. Elle consiste à donner aux expéditeurs eux-mêmes le soin de fabriquer leurs bandes perforées, et aux destinataires le soin de déchiffrer les bandes imprimées par l'appareil récepteur. Dans ce but, la Compagnie a fait établir, à l'usage de ses clients, des appareils perforateurs particuliers, d'une construction très simple, très robuste, qui portent le nom de “perforateurs des gens d’affaire”. Grâce à ce moyen, chacun devient son propre télégraphiste. Chaque expéditeur perfore ses bandes; et d'autre part, les dépêches reçues en signaux Morse ne sont plus transcrites au bureau de télégraphe. On remet la bande même au destinataire. Le rôle de la Compagnie se réduit donc à transmettre les dépêches par sa ligne, sans s'inquiéter des opérations de la perforation et de la transcription, ni même de la clef des signaux; ce qui permet la télégraphie secrète. Ce procédé a une conséquence originale. C'est que les dépêches se payent, non plus d'après le nombre des mots, mais d'après la longueur des bandes perforées. Le “télégraphe des gens d’affaire”, qui est dérivé du besoin d'activer la vitesse de l'envoi et de la réception des dépêches, a un grand succès en Amérique. Les négociants font perforer par un commis les bandes remises par la Compagnie, et on envoie ces bandes au bureau du télégraphe. En Angleterre on n'a pas encore réussi à faire accepter par les négociants cette manière de procéder. En France, où l'on ne sort jamais de la routine, on n'a pas même songé à la proposer. Le système de la perforation a été, pendant quelque temps, en usage au bureau central des télégraphes de la rue de Grenelle, à Paris mais aujourd'hui il est complètement abandonné. (Louis Figuier)
Source : Source: Figuier, Louis (1867-1891), "Supplément au Télégraphe Électrique", In "Les Merveilles de la Sciences ou Description des Inventions Scientifiques depuis 1870 - Supplément", Paris: Jouvet et Cie (Eds), pp. 523-603.

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