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1860 __ Vibrations sonores produites à distance par l’électricité
Abbé Laborde (?-?)
French comment : M. L'abbé de Laborde a signalé à l'Académie des Sciences, dans sa séance du 2 avril dernier [1860], une expérience curieuse qui consiste à faire reproduire à distance, au moyen de l'électricité, des sons déterminés. (In "La Lumière Électrique)Journal Universel d'Électricité", 1e série, vol. 4, n°27-52, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 1e série, vol. 4, n°27-52, 1881, Paris : Union des syndicats de l'électricité, 3ième Année, Samedi 10 septembre 1881, No. 47, pp. 334-335).
Original excerpt : « Une lame métallique, assez longue pour faire 40 ou 50 vibrations par seconde est fixée solidement par un bout, dans une position horizontale. On a soudé d'avance, vers l'extrémité libre, une petit fil de cuivre qui descend verticalement au-dessus d'un godet de métal dans lequel on verse du mercure ; ce godet est uni par un conducteur au pôle d'une pile dont l'autre pôle se rattache au fil d'un électro-aimant ; le second bout de ce fil revient vers la lame métallique avec laquelle on le met en communication. Tout étant aison disposé, on voit que, pour compléter le circuit, il suffit d'abaisser la lame métallique, de manière à faire plonger dans le mercure le petit fil de cuivre qui doit en être rapproché, et si l'on fait vibrer cette lame, le courant sera établi ou interrompu avec autant de régularité qu'on peut l'attendre du plus régulier des mouvements. On fixe ensuite sur une pièce solidement assurjettie une tige élastique de fer doux, dont l'extrémité libre vient se présenter devant le pôle de l'électro-aimant, et, quand on est parvenu, après quelques tâtonnements, à accorder cette tige avec la lame, de manière qu'elles accomplissent le même nombre de vibrations dans un temps donné, on fait vibrer la lame, et aussitôt la tige de fer doux vibre elle-même, en venant frapper régulièrement l'électro-aimant. Mais si elle n'est pas d'accord avec la lame interruptrice, elle demeure à peu près immobile, malgré les attractions agissent sur elle trop tôt ou trop tard, et contrarient ses mouvements. Après m'être bien assuré de ce fait, qui contient tout l'intérêt et la nouveauté de l'expérience, j'ai fixé sur un même support dix lames interruptrices donnant des notes : ut, ré, mi, fa, sol, la ; et j'ai acoordé sur elle six tiges de fer doux, fixées également sur un même support et partagées en deux séries, de manière à les présenter aisément aux deux pôles d'un électro-aimant courbé en fer à cheval. Si alors on fait vibrer successivement les tiges de fer doux, chacune d'elles répondant exactement à la lame avec laquelle elle s'accorde, on peut passer de la permière note à la dernière, de celle-ci à la troisième, etc., et les entremêler de mille manières comme dans un morceau de musique, sans que les tiges de fer doux correspondantes fassent jamais défaut. On pourrait évidemment fonder sur cette expérience un nouveau système de télégraphie, puisque chaque lame du transmetteur choisit au récepteur sa lame correspondante, et la fait vibrer de préférence à toutes les autres. Je vais indiquer maintenant les moyens que j'ai dû prendre pour mieux assurer le succès. Au lieu de la gamme ut, ré, mi, fa, sol, la, j'ai adopté les notes de l'accord parfait ut, mi, sol, ut, mi, sol ; on verra pourquoi, et comme il n'est pas facile d'entendre le son fondamental des lames élastiques, quand leurs vibrations ne sont pas rapides, je me suis servi de leurs sons harmoniques pour les accorder. La plus longue lame faisait 40 vibrations par secondes. J'ai remplacé les tiges de fer doux par de petites lames élastiques surmontées d'un cylindre de fer doux ; leurs mouvements sont déterminés plus promptement, et elles viennent battre de suite contre l'électro-aimant. Ces petites lames sont plus difficiles à accorder ; et comme il est nécessaire que chacune d'elles fasse exactement le même nombre de vibrations que sa lame correspondante, j'ai employé, pour obtenir cette exactitude, les moyens graphiques ; c'est-à-dire, que j'ai comparé les ondulations tracées par les deux lames sur une plaque de verre revêtue de noir de fumée, et glissant séparément devant chacune d'elles avec la même vitesse. Ce moyen est un peu compliqué ; aussi, ai-je été heureux d'en trouver un autre dans le fait suivant bien ordinaire en acoustique, mais qui revêt ici un caractère particulier. Lorsque la tige de fer doux ne s'accorde plus avec la lame interruptrice, son immobilité n'est qu'apparente, et l'on y peut remarquer des alternatives de repos et de mouvement régulières et d'autant plus rapprochées, que la différence de ton est plus grande ; mais à mesure qu'on diminue cette différence, les mouvement et les repos disparaissent, et le fer doux vient frapper régulièrement contre l'électro-aimant. On reconnaît à ces traits le phénomène de battements ; mais au lieu de s'accomplir comme à l'ordinaire entre deux corps sonores, il se produit ici entre un corps sonore et un électro-aimant dont les pulsations silencieuses concordent, plus ou moins longtemps, avec les vibrations de la tige élastique et y déterminent des phases de mouvement et de repos plus ou moins prolongées. En essayant ainsi chaque tige élastique, on reconnait facilement quand on a obtenu l'unisson. Si les tiges de fer doux sont trop rapprochées de l'électro-aimant, elles peuvent battre contre lui, lors même qu'elles ne sont pas d'accord, parce que l'amplitude des petites vibrations, dans les phases du mouvement, augmente à mesure que les tons se rapprochent, et, une fois qu'elles ont touché l'électro-aimant, celui-ci les force à se mettre à l'unisson avec lui. Voilà pourquoi j'ai remplacé la gamme diatonique par les notes de l'accord parfait, ut, mi, sol, ut, mi, sol, et, malgré cette plus grande différence dans les tons consécutifs, il est encore important de placer les tiges de fer doux à une distance que l'expérience apprend à connaître. »
Urls : http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.4/338/100/432/0/0 (last visited ) http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?P84.4/403/100/432/0/0 (last visited )

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