NMSAT :: Networked Music & SoundArt Timeline

1788 __ « Voyage du Jeune Anarcharsis »
Jacques Barthélémy (1748-1829)
Comment : Jean Jacques Barthélémy, who, after completing his studies in a French seminary of Jesuits, succeeded Gros de Boze as keeper of the king’s cabinet of medals, publishes in four volumes, at Paris, the first edition of his “Voyage du Jeune Anarcharsis”. In this well-known work, begun by him in 1757, and translated into English under the title “Travels of Anacharsis the Younger in Greece”, Barthélémy alludes to the possibility of telegraphing by means of clocks (‘pendules”, not ‘horloges’), having hands similarly magnetized in conjunction with artificial magnets. These were « presumed to be so far improved that they could convey their directive power to a distance, thus, by the sympathetic movements of the hands or needles in connection with a dial alphabet, communications between distant friends could be carried on. » Writing to Mme. Du Deffand (Marquise Marie de Vichy Chamrond du Deffand) in 1772, he observes : « It is said that with two timepieces the hands of which are magnetic, it is enough to move one of these hands to make the other take the same direction, so that by causing one to strike twelve the other will strike the same hour. Let us suppose that artificial magnets were improved to the point that their virtue could communicate itself from here to Paris; you have one of these timepieces, we another of them; instead of hours we find the letters of the alphabet on the dial. Every day at a certain hour we turn the hand, and M. Wiard ([Mme. Du Deffand’s secretary] puts together the letters and reads ... This idea pleases me immensely. It would soon be corrupted by applying it to spying in armies and in politics, but it would be very agreeable in commerce and in friendship. ». (Paul Fleury Mottelay)
Original excerpt : « De l’Abbé Barthélémy.8 août 1772.Vous avez examiné votre conscience; vous n’y avez trouvé aucun sujet de reproche. En examinant la nôtre nous y avons trouvé de la négligence ou de la paresse, mais jamais d’oubli ni de refroidissement. Dans le temps que vous vous plaigniez de notre silence, nous parlions de vous; et combien d’occasions qui nous rappellent votre souvenir ! Je pense souvent à une expérience qui ferait notre bonheur. Je ne l’ai peut-être pas bien comprise; mais, comme il s’agit de physique, vous me redresserez. On dit qu’avec deux pendules dont les aiguilles sont également aimantées, il suffit de mouvoir une de ces aiguilles pour que l’autre prenne la même direction, de manière qu’en faisant sonner midi à l’une, l’autre sonnera à la même heure. Supposons qu’on puisse perfectionner les aimants artificiels au point que leur veru puisse se communiquer d’ici à Paris. Vous aurez une des ces pendules; nous en aurons une autre; au lieu des heures, nous trouverons sur le cadran les lettres de l’alphabet. Tous les jours, à une certaine heure, M. Wiart assemblera les lettres, et lira : “Bonjour, chère petite-fille, je vous aime plus tendrement que jamais !”... Ce sera la grand’maman qui aura tourné. Quand ce sera mon tour, je dirai à peu près la même chose. Vous sentez qu’on peut faciliter encore l’opération; que le premier mouvement de l’aiguille peut faire sonner un timbre qui avertira que l’oracle va parler. Cette idée me plaît infiniment. On la corromprait bientôt en l’appliquant à l’espionnage dans les armées et dans la politique. Mais elle serait bien agréable dans le commerce de l’amitié. En attendant son exécution, imaginez que, tous les jours à midi, la grand’maman, après avori donné son âme à Dieu, la tourne vers vous et vous dit la même chose que la pendule; et que la mienne vous tient de très-longs discours, et entre autres celui-ci : La grand’maman n’a point de conduite avec vous. Mais son défaut, que je lui ai souvent reproché, est d’avoir un excès de raison et de vertu aussi difficile à guérir peut-être qu’un excès contraire. J’ai cru, pendant un temps, que l’expérience adoucirait la sévérité de ses principes; mais il ne faut plus l’espérer, et, comme elle ne l’exerce que sur elle, il faut bien prendre patience. Voilà ce que la pendule vous dit encore : Pourquoi pensez-vous que j’aie renoncé au voyage de Paris ? Ce n’est nullement mon projet. J’irai vous voir bientôt . Ce sera rarement à souper, car j’y aurai bien des affaires que je serai obligé de terminer promptement. Mais tous les moments qu’elles n’exigeront pas, je les passerai auprès de votre tonneau. En ouvrant par hasard, ces jours passés, un volume des Mémoires de Mademoiselle, je tombai sur une phrase qui m’a paru charmante; la voici à peu près : “Dans ce temps-là, M. le duc du Maine eut une rage de dents si forte qu’in en devînt boîteux”.De Madame du Deffand.À l’Abbé Barthélémy.Ce mercredi 11 août 1772.Oui, deux pendules aimantées seraient fort commodes. On aurait tous les jours des nouvelles, et on s’épargnerait la peine d’écrire. Vous êtes bien paresseux, mon abbé ! Mais je vous le pardonne; je suis un peu entichée du même péché [...] »
Source : Fleury Mottelay, Paul (1922), “Bibliographical History of Electricity and Magnetism, Chronologically Arranged”, Read Books (2008), p. 291.
Source : Du Deffand, Marie de Vichy Chamrond (1761-1780), “Correspondance Inédite de Mme Du Deffand”, Tome second, Michel Lévy frères, 1859, pp. 98-101.

No comment for this page

Leave a comment

:
: