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1652 __ « La Perspective Curieuse - ou Magie Artificielle des Effets Merveilleux de l’Optique, Catoptrique et Dioptrique »
François Nicéron (1613-1646)
Comment : In his “La Perspective Curieuse” (Posthumously, Niceron, J., Paris, France, 1652) Niceron gives a full description of the camera obscura and it's use. Previous publications by Niceron (1638 and 1646), who wrote on perspective, drawings, lenses and mirrors, fail to mention the camera. Niceron told of charlatans who used the image making process to cheat patrons out of their purses. Niceron wanted to show images’ size had to do with the distance the subject was from the lens. This requests a room camera with a hung drape or sheet, and the image in it's natural state (inverted).
Original excerpt : « Expérience Optique qui enseigne parfaitement la Perspective.Lors que dans une chambre tellement fermée de tous côtés qu’il n’y entre aucune lumière sensible, l’on fait un trou à l’une des murailles ou des fenêtres, et que devant ce trou l’on met à une certaine distance un papier ou un linge blanc, perpendiculaire à l’Horizon, qui sert de tableau pour retenir les images de dehors, cette réception se fait si parfaitement que l’œil qui voit cette peinture naturelle est tellement trompé, que si la science et la raison ne le corrigeaient, on criorait que ce seraient les véritables objets, particulièrement lors qu’on bouche ledit trou fait de la grandeur d’une pièce de 20 sols, d’une verre connexe de lunettes à longue vue, car ces objets de dehors n’envoient pas seulement leurs grandeurs, figures et couleurs, mais aussi leurs mouvements, ce qui manquera toujours aux tableaux des peintres, quand même ils surpasseraient Apelles, Protogene, Parnassus, Michel Ange et tous les autres peintres, miniateurs etc. demeurent d’accord, après qu’ils ont considéré cette Perspective naturelle. Mais pour avoir le plaisir entier de cette peinture, il faut que ce trou soit exposé vers quelques lieu où beaucoup de monde passe et se promène, comme sont les jardins, les allées, les parterres, les grandes rues, et les marchés des villes, et des bourgs; les lieux où volent les pigeons et les autres oiseaux, qu’il semble qu’on voit tous vivants et volants sur la charte, qui doit être blanche et assez large pour recevoir toutes les images qui passent par le trou de la fenêtre. Voyez cette sorte de Perspective à la Samaritaine sur le Pont Neuf. Or lesdites images sont d’autant plus grandes et plus vives que le verre connexe est partie d’une plus grande sphère et mieux taillé et poli; et il faut éloigner la charte du trou, jusqu’à ce qu’on trouve le point ou le lieu le plus propre pour représenter lesdites images. Cette façon de Perspective ravissante a quelquefois tellement trompé l’œil que ceux qui étaient dans la chambre, et qui après avoir perdu leur bourse, la voyaient entre les mains de ceux qui contaient et départaient leur argent dans un bois, ou un parteree, croyaient que cette représentation se fit par magie. [...] Ceux qui ont des lieux aux champs peuvent avoir cettre sorte de Perspective à petits frais; et s’il l’on désire voir les images toutes droites qui paraissent renversées, il y a plusieurs moyens de les redresser, tant par le moyen des verres connexes des lunettes, pour les faire paraître au naturel [...]. Or si un peintre imite tous les traits qu’il voit et qu’il y applique toutes les couleurs qui paraissent avec vivacité, il aura une Perspective aussi parfaite qu’on la puisse raisonablement désirer. Mais parce qu’une chambre n’est pas aisée à transporter, si ce n’est qu’on la veuille faire comme un pavillon de guerre de campagne, le Peintre peut avoir une forme de porte-feuille, ou de lanterne tellement percée d’un trou, comme ladite chambre, que ne recevant de la lumière que par ce trou, il verra au fond sur un papier fort blanc toutes les campagnes, les forêts, rivières, maisons, côteaux, et tout ce qui pourra envoyer des rayons à ce trou, représenté en perfection; et ce par une autre ouverture qu’il fera à côté du portefeuille, ou de quelqu’autre semblable instrument, sans que le jour de cette ouverture puisse nuire à telle peinture, qu’il imitera sur le même lieu pour remporter avec soi une peinture immobile prise sur la mobile qui s’évanouit aussi-tôt que le premier trou est bouché, ou qu’il change de situation. »
Source : Nicéron, Jean-François (1652), “La Perspective Curieuse du révérend P. Niceron minime. Divisée en quatre livres, Avec l’Optique et la catoptrique u R.P. Mersenne”, éd. F. Langlois, dit Chartres, pp. 21-24.
Urls : http://www.precinemahistory.net/niceron_cover.htm (last visited ) http://www.precinemahistory.net/1650.htm (last visited )

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