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1644 __ « La Loterie »
and also Charles Sorel, sieur de Souvigny or Charles de Sercy (1602-1674)
French comment : Le premier texte du recueil de Sercy, “La Loterie”, bien qu’anonyme, serait aussi de Sorel, et énumère pendant une vingtaine de pages les lots d’une loterie fictive -- cartes, livres, bijoux et bibelots (Une version antérieure du texte, paru dans le recueil de Sercy de 1644, porte l’indication “Par Charles Sorel, d’après Barbier”, insérée à la main dans l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale de France). Comme avec les visites de bibliothèques, l’auteur profite de l’occasion pour faire des croquis sur divers aspects de l’actualité ou pour donner libre cours à ses fantaisies. [...] Le désir de communication privée se trouve dans un [...] lot, qui propose un système ingénieux de communication [...]. Quant au fonctionnement pratique de la machine, l’emploi de l’aimant est bien trouvé -- on emploie les aimants dans les boussoles depuis le XIVième siècle et les électro-aimants vont être à la base des télégraphes et des téléphones des XIX° et XX° siècles. Pour ce qui est de la réflexion qui sous-tend la machine, bien qu’une application universelle soit possible, le cas particulier proposé est celui de la communication galante. En outre, on a une lettre achevée (poulet ou billet doux) plutôt qu’un vrai dialogue. Les cadrans permettent aux aimants de rester en contact et leur réseau st fermé et sécuritaire -- personne ne peut intercepter leur échange et l’on saot à quel point la communication interceptée est “topos” de l’Ancine Régime. Normalement, les lettres de l’alphabet sont associées à l’écrit, l’écrit constitue une communication unidirectionnelle en différé et signifie l’absence. [...] (Daniel Maher)En 1658, Sorel publie une "Loterie", contenant entr'autres lots burlesques les livres suivants : "La Chronique des Précieuses, qui raconte leur origine, et ce qu'ellesont fait de mémorable depuis leur établissement", "Les Précieuses maximes des Précieuses, et les Lois qu'elles observent selon leur institution", "Le Dictionnaire des Précieuses, où le langage vulgaire français est d'un côté de chaque page, et le langage précieux de l'autre". C'est la première Loterie du tome premier du "Recueil de Sercy" de 1658. Somaize [Antoine Baudeau, sieur de Somaize] collaborait à ce Recueil, car il a réimprimé, dans le tome II, son petit ouvrage satirique le "Voyageur fortuné". ("La Vie Et Les Oeuvres de Charles Sorel Sieur de Souvigny 1602-1674", Paris : Librairie Hachette, 1891, p. 280)Sorel a imaginé un tatalogue de livres burlesques, où figure : "L'Abrégé de la Vie des Pères tant souhaité par plusieurs, non pas celui de la vie des Pères ermites du désert, mais de quelques pères avares qui ont des enfants libertins auxquels il tarde trop que ceux qui les ont mis au monde s'en aillent en l'autre et les laissent jouir de leurs biens". Ces livres imaginaires font partie de la "Loterie Nouvelle", qui précède presque immédiatement (dans le tome I du "Recueil en prose" publié chez Sercy (1658), les "Lois de la Galanterie" ; ces dernières ont été certainement imitées par Molière. Les deux pièces appartiennent à Sorel. ("La Vie Et Les Oeuvres de Charles Sorel Sieur de Souvigny 1602-1674", Paris : Librairie Hachette, 1891, pp. 102-103)
Original excerpt : « Ensuite deux petits Quadrans, ayans chacun une aiguille touchée d’un mesme Aimant faits de telles propostion et maniere, que quand on touche à l’une, l’autre se remue d’elle-mesme, & se met en pareil endroit, en quelque distance que les Quadrans soient l’un de l’autre; Et autour de leur cercle, au lieu des douze heures du jour, les Lettres de l’Alphabet sont marquées; de sorte que portant l’une des aiguilles sur plusieurs lettres l’une après l’autre, on en forme tels discours que l’on veut, & l’autre fait mesme chose : ce qui peut servir à deux Amans pendant leur séparation, pour se communiquer leurs pensées; car en regardant les Quadrans à une certaine heure choisie exprés, on peut observer les changemens des aiguilles, qui se tournent diversement vers chaque Lettre, & y demeurent quelques momens, afin qu’on en puisse former les syllabes & les mots, & qu’enfin on en voye éclore un Poulet ou un Billet doux. »
Source : Anonyme (1658), “La Loterie”, In “Recueil des pièces en prose les plus agréables de ce temps”, Paris, Charles de Sercy, 1658.
Source : Maher, Daniel (2002), “La Communication fantaisiste au XVIIème siècle”, In “Étrange Topos Étranger” dirigé par Max Vernet, Université Queen's Kingston 2002, Presses Université Laval, 2006, pp. 147-184.
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