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1586 __ « Steganologia et Steganographia »
Blaise de Vigenère (1523-1596)
Comment : Blaise de Vigenère, in his annotations to Livy (“Les cinq premiers livres de Tite-Live”, Paris, 8vo, Vol. I, col. 1316, published in 1583) alludes to the possibility of communicating the contents of a letter through a thick stone wall by passing a loadstone over corresponding letters circumscrimbing the compass needle. (Paul Fleury Mottelay)
Original excerpt : « Considerations de l'Aymant.Quant aux effects de la pierre d'Aymant, ils sont à la verité fort estranges, et non moins les causes d'iceux qui semblent surpasser de beaucoup toute humaine ratiocination; qu'un mineral sourd, immobile et stupide, aye neaumoins de tels esprits, qu'ils puissent ainsi insensiblement desployer et transmettre dehors leur occulte faculté et vertu, à travers mesmes les plus dures pierres; les bois plus solides et resserrez; les metaux; et le verre encore; avec autres semblables estoffes compactes, qui n'ont point de spiracles ne porositez: outre ce que ceste proprieté et vertu ne s'estend pas indifferemment envers toutes choses, ny une seule, mais envers soy premierement, puis au fer, et à l'endroit du Pol artique; d'une si loingtaine distance, dont il n'en sçauroit estre de plus grande pour nostre regard; comme de la terre jusqu'au dernier ciel, laquelle est presque incommensurable: le pol artique veux-je entendre non ce point fixe autour duquel precisement, avec son correspondant opposite, se meut toute la machine du monde, ains la petite estoille qui en est la plus proche: Quant à l'antartique, ceste pierre n'y a aucune affinité; ce sçavent ceux par experience qui naviguent outre la ligne de l'equateur. [...] IL y a en outre une autre maniere de vision imaginaire appellee [H] “Bath kol”, la fille de la voix; quand quelque chose qui doit advenir se manifeste sous l'apparence de certaines images et figures d'animaux, et autres semblables aprochans des hieroglyphiques; ainsi que les visions de Zacharie, et de S. Jean en son Apocalypse ou revelation: et cela se fait par forme d'Enigme, qu'il n'est pas permis à chacun d'interpreter à sa fantasie, et sans une tres-parfaicte notice de la convenance et relation des choses mondaines aux intelligibles; comme met l'Apostre aux Rom. 1.” Inuisibilia enim ipsius à creatura mundi, per ea quae facta sunt, intellecta conspiciuntur”. Et au rebours aux Hebr. 11. “ut ex inuisibilibus visibilia fierent”: mais cela ne se peut obtenir sans l'illustration du SAINCT ESPRIT, qui nous fait veoir clair en noz tenebres; selon que tesmoigne Baruch 3. “Non est qui possit scire vias sapientiae, sed qui scit universa nouit eam”. A quoy se conforme l'astrologien Ptolemee, quand il dit, “qu'il n'y a ceux qui sont halenez de l'esprit divin, qui sachent predire les particularitez”; parce qu'elles dependent des universalitez qui sont au premier exemplaire, et original riere Dieu. Et c'est là où conversent et se promenent les Cabalistes; de dechiffrer c'est assavoir les dicts des Prophetes qui ont parlé par ces Enigmes et profondes obscuritez, pour ne descouvrir les secretes merveilles de Dieu aux indignes: outre ce que malaisément ces mysteres se peuvent manifester par paroles humaines, n'yaiant point de vocables assez propres et emphastiques pour les exprimer; parquoy ils se sont retenus en cela à certaines manieres de chiffres, non d'escriture, mais de locutions par figures, transportees hors du commun usage de parler ainsi que quand on transpose ou eschange une lettre pour l'autre, dont le context vient à s'alterer de sorte qu'il n'est plus lisable fors seulement à ceux qui en ont l'alphabet.“La fille de la voix, ou voix du ciel”. Quant au “Bath kol”, ou fille de la voix susdite, c'estoit encore comme une maniere de chiffre vocal, et nompas muet, ains tel que celuy qu'on voudroit dresser pour l'oye, avec quelques sons de trompettes ou semblables instruments haultains, qui se font entendre de loing, accommodez en lieu de lettres; ainsi que se font des signals à la veuë, avec des lumieres de nuict, et de la fumee sur jour, par le moien dequoy on peult faire entendre ses conceptions à des assiegez, ou d'un lieu à autre, dont l'artifice est assez commun, et de longuemain; car Polybe en a fait mention, comme le remarque Cardan au 12. liv. de la Varieté des choses chap. 61. où il en met quelques artifices; et au 17. encore de la subtilité: mais les chiffres qui suivront cy apres vous fourniront d'infiniz expediens en cela, beaucoup plus exquis et aisez. Ce “Bath kol” donques estoit comme à guise de quelque Echo, ou resonnement d'une voix, laquelle se venant à enfourner et rabattre dans certaines concavitez propres à ce, ressort de là avecques l'air qu'elle a heurté, multipliee en plusieurs reiterations; ainsi qu'un ballon, qui pour un coup qu'on l'aura flaqué contre terre, en rebondira plusieurs d'abondant: En cas semblable, ces visions sont comme images, qui procedans de l'archetype se viennent à reverberer en ses creatures, ny plus ny moins que les Rays du Soleil, lesquels escartez parmy l'air se recueillent en un miroüer cave, ou une fiolle pleine d'eau, en une figure semblable à luy; et de là se redilatent derechef par reflexion comme au precedant: et quand ils passent à travers quelque verte teint, ils se revestent en apparence de la couleur qui y est empreinte, tout ainsi que fait la Divinité de ses Sephiroths ou ornemens, par lesquels, y estant cachee quant à son Essence, elle se communique à ses creatures, qui n'en pourroient rien apercevoir autrement. » (“Traicté des chiffres, ou Secrètes manières d'escrire” , par Blaise de Vigenère, 1586)
Source : Fleury Mottelay, Paul (1922), “Bibliographical History of Electricity and Magnetism, Chronologically Arranged”, Read Books (2008), p. 78.
Urls : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73371g (last visited )

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