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1960 __ « Man-Computer Symbiosis »
Joseph Carl Robnett) Licklider (Joseph Carl Robnett) (1915-1990)
Comment : In a 1960 paper titled “Man-Computer Symbiosis”, Licklider considered the stereotype of the computer as a number-crunching machine and expressed the hope that « in not too many years, human brains and computing machines will be coupled together very tightly, and that the resulting partnership will think as no human brain has ever thought and process data in a way not approached by the information-handling machines we know today. ». (Compiled from various sources)
French comment : Dans « Man-computer symbiosis », Licklider en appelle à un partenariat entre les hommes et les machines. Celui-ci devrait être aussi profond qu’une symbiose. En biologie, on appelle symbiose la relation étroite qui existe entre deux organismes d’espèces différentes et qui se traduit par des effets bénéfiques aussi bien pour l’un que pour l’autre ; cette relation peut également être indispensable à leur survie. Licklider assigne deux buts à la symbiose homme-machine : le premier est de permettre à la machine d’être plus compétente dans la formulation de problèmes. Le second est d’amener les machines à travailler en temps-réel. Licklider attend des machines une aide au travail de pensée. Il a gardé des traces de tout ce qu’il faisant dans le cadre de son travail et a remarqué qu’il passait la majeure partie de son temps à chercher, obtenir, digérer de l’information où à la mettre en forme sous forme de graphes. Ces taches répétitives peuvent être confiées à des machines tandis que les hommes garderont les parties « nobles » du travail intellectuel : la formulation des hypothèses, la détermination des buts à atteindre, l’évaluation du travail accompli. Il semble évident qu’un dispositif d’interaction coopérative pourrait grandement améliorer les processus de travail intellectuel (Licklider, The computer as a communication machine, 1960). [...] Pour parvenir à un tel partenariat, il lui faut d’abord multiplier les occasions de rencontre entre l’homme et les machines et rendre plus accessibles les opérations qui se produisent en son sein. La solution imaginée par Licklider est double. Il s’agit d’une part d’amener à la surface de la machine une représentation de ce qui se passe en son sein et ensuite de permettre à l’utilisateur d’interagir avec ce qui lui est ainsi proposé. Cela passe par des nouveaux dispositifs d’écriture et de lecture. D’un coté, prévoit Licklider, il faut développer les mémoires de masse, et de l’autre il faut développer les interfaces d’entrée et de sortie. C’est Douglas Engelbart qui apportera une solution au problème d’affichage. Les deux hommes se connaissaient pour avoir travaillé ensemble sur le projet SAGE. Tous les deux s’étaient intéressés à la façon dont on pouvait présenter l’information à l’opérateur et Engelbart avait remplacé sur un écran la cible et le chasseur par leurs initiales : F et T pour « Target » et « Fighter ». Il avait aussi mis au point un crayon lumineux qui permettait de faire des sélections à l’écran. Plus tard, il mettra au point entre les années 1960 et 1965 un dispositif de contrôle qui préfigurera la souris et le crayon optique. SAGE avait permis pour la première fois de raccorder des ordinateurs à des capteurs (radars, sonars etc.) et amené Licklider à réfléchir sur la meilleure façon dont la machine peut présenter l’information à l’utilisateur. Pour cela, il avait formé un groupe un groupe de recherche composé d’ingénieurs et de psychologues dans la première moitié des années 1950. En promouvant le temps partagé, Licklider vise deux objectifs. Le premier est économique : partager l’utilisation d’une machine permet de faire baisser les coûts d’utilisation. Le second objectif est d’augmenter les interactions homme-machine : plus il y aura de personnes en contact avec des ordinateurs, plus ces interactions deviendront importantes dans le champ de la connaissance. Il faut se représenter qu’a cette époque, le nombre des ordinateurs était encore limité et que rien ne pouvait laisser supposer que pour 100 dollars on aurait quarante années plus tard des machines mille fois plus puissantes ni qu’elles deviendraient des compagnons de notre quotidien. Une machine comme le PDP-1 qui était considérée comme ce qui se faisait de mieux était aussi encombrante qu’un réfrigérateur. Il est vrai que peu de temps auparavant, un ordinateur pesait quelques dizaines de tonnes, occupait une pièce entière, pesait plusieurs dizaines de tonnes et était géré par une myriade de personnel humain. En se miniaturisant, le PDP-1 permet une relation plus personnalisée à la machine : un homme seul alimente la machine en programme et récupère le précieux résultat de ses computations. Seul Licklider ose déjà penser à des relations encore plus intimes entre l’homme et l’ordinateur. Son rêve s’est réalisé bien au-delà de ses espérances puisque les ordinateurs nous accompagnent dans notre quotidien et qu’ils se sont tellement rapprochés de nous que nous les retrouvons jusque dans nos poches !. (Yann Leroux, “Licklider, l’homme qui parlait aux machines”, 2009)
Original excerpt 1 : « Summary.Man-computer symbiosis is an expected development in cooperative interaction between men and electronic computers. It will involve very close coupling between the human and the electronic members of the partnership. The main aims are 1) to let computers facilitate formulative thinking as they now facilitate the solution of formulated problems, and 2) to enable men and computers to cooperate in making decisions and controlling complex situations without inflexible dependence on predetermined programs. In the anticipated symbiotic partnership, men will set the goals, formulate the hypotheses, determine the criteria, and perform the evaluations. Computing machines will do the routinizable work that must be done to prepare the way for insights and decisions in technical and scientific thinking. Preliminary analyses indicate that the symbiotic partnership will perform intellectual operations much more effectively than man alone can perform them. Prerequisites for the achievement of the effective, cooperative association include developments in computer time sharing, in memory components, in memory organization, in programming languages, and in input and output equipment. [...] One of the main aims of man-computer symbiosis is to bring the computing machine effectively into the formulative parts of technical problems. The other main aim is closely related. It is to bring computing machines effectively into processes of thinking that must go on in “real time,” time that moves too fast to permit using computers in conventional ways. »
French translated excerpt 2 : « Un des principaux buts de la symbiose homme-machine est d’introduire efficacement l’ordinateur dans la formulation des problèmes techniques. L’autre but principal s’y rapporte étroitement. Il consiste à introduire efficacement les ordinateurs dans les processus de pensée « en temps réel », un temps qui se déroule trop rapidement pour utiliser des ordinateurs de manière conventionnelle. [...] Notre espoir est que dans un certain nombre d’années le cerveau et l’ordinateur soient couplés étroitement. Grâce à ce partenariat, on pourra penser comme on n’a jamais pensé jusqu’à présent, et les données seront traitées d’une façon qui n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. »
Source : Licklider, J.C.R. (1960), “Man-Computer Symbiosis”, In IRE Transactions on Human Factors in Electronics, volume HFE-1, pages 4–11, March 1960.
Urls : http://www.memex.org/licklider.pdf (last visited ) http://www.psyetgeek.com/licklider-lhomme-qui-parlait-aux-machines (last visited )

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